« N’achetez rien le vendredi 28 février ! » C’est en substance le message qui circule sur les réseaux sociaux aux États-Unis. L’idée est d’adresser un message et de faire monter la pression sur les grandes entreprises, alors que de nombreux Américains ont du mal à joindre les deux bouts. Loin d’être un cas isolé, ces initiatives sont de plus en plus nombreuses partout dans le monde et pourraient même donner des idées en France. Faisons le point.
« Nous sommes l’économie »
Chez l’Oncle Sam, c’est John Schwarz, un professeur de méditation âgé de 57 ans qui a lancé les hostilités en fondant lee People’s Union USA. Ses publications sur TikTok et Instagram sous le pseudo TheOneCalledJai sont très vite devenues virales, rapporte le Washington Post. Il a d’ailleurs reçu le soutien de personnalités de renom, dont le célèbre écrivain Stephen King.
@theonecalledjai 13 DAYS TO GO!!!
Son message se veut mobilisateur : « Nous sommes tous épuisés. Nous sommes tous fatigués. Trop, c’est trop. Nous ne pouvons pas rester assis à regarder ces gens se vanter de leur richesse… et ensuite nous resterons tous assis à la maison dans l’anxiété et la peur, ne sachant pas comment nous allons tenir jusqu’à la fin du mois », assène le militant.
Il ajoute : « Nous sommes l’économie. Nous sommes la main-d’œuvre. Ils ne profitent que du fait que nous nous levons chaque jour et faisons ce que nous faisons. Si nous nous arrêtons, ils n’auront plus rien, et il est temps pour eux d’accepter cette vérité. »
Dès ce vendredi à 0h01, les consommateurs sont donc invités à ne plus débourser le moindre centime dans les magasins physiques ou sur les boutiques en ligne. Il en va de même pour les sorties aux restaurants ou le plein aux stations d’essence.
Cette démarche tombe à un moment très particulier. Les Américains sortent ainsi de plusieurs années de forte inflation qui ont impacté leur pouvoir d’achat. L’indice de confiance des consommateurs est par ailleurs en chute libre, tandis que nombre d’entre eux craignent des hausses de prix en raison de l’augmentation des tarifs douaniers annoncés par Donald Trump.
Reste à connaître l’impact d’une telle mobilisation. Interrogé par Newsweek, Kevin Thompson, le PDG de 9i Capital Group, fait part de ses doutes : « Beaucoup de gens rejettent l’idée, arguant qu’un gel des dépenses d’un jour ne fera pas bouger l’aiguille pour les grandes entreprises ou le système financier dans son ensemble. Et je suis d’accord – cela aura probablement un impact direct minime ».
Forte mobilisation en Europe
Mais les partisans du boycott ont d’ores et déjà annoncé d’autres dates avec des semaines spéciales dédiées à certaines entreprises, dont Amazon, Nestlé et Walmart. Une façon de s’inscrire dans la durée et de faire monter la pression.
Cette initiative fait suite à des mouvements similaires observés dans les Balkans, en Bosnie, en Macédoine du Nord, en Serbie, au Monténégro, et en Croatie, où il a été particulièrement suivi récemment.
Dans ce pays, c’est également le vendredi que le boycott s’est organisé contre la forte progression de l’inflation. Sur place, ce sont les associations de protection des consommateurs qui organisent l’action. Cité par Le Figaro, un conseiller de l’une de ces organisations avait un message clair à adresser : il demande une réglementation plus ferme et un mécanisme de contrôle des prix.
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