Audi Endurance Expérience, vous reprendrez bien un peu d’adrénaline ?

Organiser une compétition en plusieurs manches et inviter clients, médias et quelques blogueurs en finale d’une course de vitesse et d’endurance de 24 heures, c’était le pari un peu barjot d’Audi. Retour sur un week-end chargé en émotions fortes.

Organiser une compétition en plusieurs manches et inviter clients, médias et quelques blogueurs en finale d’une course de vitesse et d’endurance de 24 heures, c’était le pari un peu barjot d’Audi. Retour sur un week-end chargé en émotions fortes.

« On l’a fait ! Pas de casse, pas de panne, pas d’accident, je vais pouvoir dormir tranquille ce soir. » Les premiers mots – émus – de Benoît Tiers, PDG d’Audi France, à la sortie de la voiture de notre équipe après avoir franchi le drapeau à damier signant l’arrivée de la course dimanche dernier à 14 heures en disent long sur les mois de pression que ce challenge à mis sur les épaules de l’équipe dirigeante et des partenaires de la marque allemande.

Audi Endurance Experience. Un challenge dont l’idée a pris forme dans les têtes des dirigeants d’Audi il y a plusieurs mois, après la sortie de l’Audi A1, et qui s’est concrétisé par une série de trois épreuves dont deux courses de qualification, la première sur le circuit de Magny-cours, la deuxième au Mans, le tout pour cette fameuse finale sur le mythique circuit Paul Ricard au Castellet.

J’ai eu la chance de faire partie des blogueurs invités avec Suchablog et Matérialiste, pour constituer un team de cinq personnes composé également de Vincent Desmonts, journaliste auto et donc de Benoit Tiers, big boss d’Audi France, et j’avais envie de me remettre un peu en mode « blog perso » pour vous en parler dans ce billet de week-end. Un petit hors-sujet ne fait pas de mal de temps en temps, non ?

Une voiture de course pour tous les jours

L’idée de cette compétition était pour Audi de contribuer à la promotion de la petite dernière, l’A1 (un peu moins monstrueuse que la R8 V10), tout en faisant la promotion de la marque sous deux angles : l’amour de la compétition et la fiabilité. Les voitures étaient des A1 Turbo TFSI strictement de série (185CV) dotées des équipements obligatoires de sécurité requis et homologués par la Fédération Française de sport auto, à savoir sièges baquets, arceau-cage de sécurité, harnais 6 points et extincteur. La course était homologuée par la Fédération, avec donc toute la logistique inhérente à ce type de compétition : commissaires de piste, véhicules de sécurité, mécaniciens…

Ambiance course donc, pour les 22 voitures engagées dans la compétition les 15 et 16 octobre 2011, avec des équipages ayant franchi toutes les étapes qualificatives pour arriver à cette finale, et d’autres – comme le nôtre – classés « hors challenge » car invités seulement pour la finale. Autant dire que parmi les semi-pros qui avaient tout loisir de se familiariser avec la conduite sur circuit au long de l’année et à l’ambiance très spéciale et haute en adrénaline de la compétition, nous faisions un peu figure de rookies, et plus particulièrement votre serviteur, puisque je n’ai pu arriver sur le circuit que vendredi après-midi, ratant ainsi la séance d’essais libres du matin. Pas grave, j’ai déjà eu l’occasion de tâter un peu de la voiture de course sur circuit dans une autre vie, donc je n’étais pas trop à la ramasse quand il a fallu que je prenne mon premier relais.

Circuit Paul Ricard, c’est dans les vieux pits qu’on fait les meilleures courses

Hormis le pilotage d’une gentille petite bombe, l’émotion la plus forte fut certainement celle provoquée par l’expérience de tourner sur un circuit aussi mythique. Les dernières fois que j’avais arpenté les allées du Castellet, c’était pour des Grands Prix de F1 de la grande époque Prost-Senna, avant que le grand cirque ne déménage sur le circuit sans âme de Magny-Cours pour des raisons plus politiques que sportives[1]. Et la dernière fois fut celle où j’avais eu la chance unique d’assister en spectateur privilégié à une séance d’essais privés en présence du grand Ayrton. Autant dire que se retrouver sur la même piste à travailler ses trajectoires dans Signes ou à batailler contre la glisse dans le double-droit hyper-technique du Beausset procure une sensation assez indescriptible, entre rêve éveillé et totale modestie. Surtout quand on passe une courbe en serrant les fesses à 170 km/h en limite de décrochage et que l’on sait que les monstres sacrés la passaient à 330 (et qu’avec la même voiture que nous ils l’auraient certainement passée pied dedans – en tongs – à plus de 200, en sifflotant le bras à la fenêtre…).

Equipe de nuit

Autre grand enseignement de ce week-end pas comme les autres : l’apprentissage de la course d’endurance et des relais en équipe. Deux éléments que l’on n’a pas vraiment coutume de gérer en compétition automobile. Je crois que sur ce point nous n’avons pas été ridicules, et ce pour une raison très simple, qui tient en deux mots : Team Manager. Eric Amato, notre boss pendant 24 heures, a su parfaitement gérer la course, calculant et remettant en permanence à jour la stratégie, le timing des relais, des changements de pneus et de freins, optimisant le temps pour les arrêts de ravitaillement en carburant. Une grande leçon de stratégie en vue d’éviter la casse mécanique (et celle des hommes accessoirement). Audi n’avait qu’un credo sur ce challenge à haut risque : amener tout le monde sain et sauf à l’arrivée et avec le moins de tôle froissée possible, tout en démontrant la fiabilité de ses voitures, et le message avait été très clairement passé aux équipes et aux coureurs, via leur Team manager. Pari réussi : les A1 ont parcouru plus de 2500 kilomètres à fond avec des barbares au volant qui tapaient dans les freins et l’accélérateur comme des brutes et sans aucune retenue et toutes étaient à l’arrivée, entières et sans aucun pépin mécanique. Pas mal pour des petites mécaniques de 1.4 litre qui plus est suralimentées par un bon vieux turbo.

Chaque pilote de chaque équipe a accompli entre 4 et 5 relais en 24 heures. Pour ma part j’ai occupé les tranches 15h30 – 16h00, puis 19h – 20 h, puis nous sommes rentrés dans l’ambiance surréaliste de la nuit, où j’ai accompli mon relais le plus long de 0h30 à 2h00 du matin, et enfin un dernier relais de 6h30 à 7h30. Le relais de nuit était aussi dantesque que fascinant. Chercher (et ne pas trouver) le sommeil sur des canapés de camp fournis par l’organisation puis tenter de réveiller son cerveau et son corps engourdi, faire quelques mouvements pour s’échauffer et adapter son regard à la nuit, se glisser dans le baquet et essayer de retrouver des repères complètement perdus avec la nuit d’encre (et notamment les balises de freinage et de trajectoire, que l’on ne voit plus, ou seulement au tout dernier moment…) et finalement claquer des temps meilleurs qu’au relai précédent (la nuit les moteurs respirent un peu mieux) est une expérience unique dont je me souviendrai longtemps.

Logistique (et marketing) aux petits oignons

Audi avait confié l’organisation et la logistique de l’opération – impeccables du début à la fin, et dans les moindres détails – à ses partenaires habituels, et notamment ORECA, écurie de course et société spécialisée dans l’organisation d’évènements sportifs autour de l’automobile, dirigée par Hugues de Chaunac, l’un des grands noms du sport automobile mondial. Hugues de Chaunac était présent durant tous les temps forts de la course, du briefing au podium, et son charisme rassurant a rayonné sur tous les concurrents et sur le staff tout au long de ces 36 heures (l’opération s’est étalée au total de vendredi matin à dimanche après-midi).

Au-delà de la compétition, il ne vous aura pas échappé qu’il s’agissait aussi d’une opération de marketing et de relations publiques (la preuve, j’en parle, je le dis avant qu’on me le fasse remarquer), et Audi avait vu les choses en grand. Hormis la présence d’une bonne brochette de people, parmi lesquels Tomer Sisley ou David Halliday, pilote officiel Audi dans le championnat de France d’endurance (un gars d’une gentillesse et d’une simplicité confondantes), les pilotes, invités et accompagnants étaient aux petits soins : massages à volonté 24/24, soirée DJisée par Martin Solveig, concerts divers et variés, cinéma 3D, buffets à gogo et autres réjouissances fort sympathiques étaient au rendez-vous pour faire de cet évènement une vraie fête.

Les à-côtés d’une course finalement pas si simple et quelque peu stressante pour les pilotes comme pour l’organisation, qui ont permis à chacun de passer un moment incroyable tout en trouvant de quoi se détendre et entretenir sa forme (et sa diététique).

Côté web, le dispositif était complet également : hormis un hashtag @audi2e qui permettait de suivre l’évènement de l’intérieur en temps réel via les remarques postées par les différents participants, la course était retransmise en direct en streaming vidéo sur le site MyAudi, ou vous pouvez retrouver un résumé complet lui aussi en vidéo. Voir aussi si cela vous intéresse ma petite galerie-photo personnelle.

Quand on sort (indemne) d’un week-end comme celui-ci, il faut quelques kilomètres pour reprendre ses repères et ses bonnes habitudes pépères sur la route sans être tenté de jouer à celui qui freine le plus tard, et on ne voit plus du tout la conduite de la même façon. Un moment unique qui me renforce dans cette conviction que tous les automobilistes (expérimentés ou débutants, lors du passage du permis) devraient suivre un stage sur circuit pour mieux connaître leur voiture, ses réactions, ses limites, et les lois physiques qui commandent le comportement d’un véhicule en mouvement.

Cette expérience n’était pas seulement palpitante : elle était passionnante, techniquement et humainement. Ah, au fait, une dernière chose : notre équipe finit sur le podium, troisième des hors challenge et douzième au classement général. Si on avait fait quelques séances d’essais en plus, sûr qu’on les aurait tous éclatés 🙂

[1] la bonne nouvelle a été annoncée il y a quelques semaines : le Grand Prix de France de F1 va revenir au Paul Ricard normalement à partir de 2013


8 commentaires

    • Eric

      @OLIVIER : McLaren, il n’y avait pas que lui, c’était les essais privés qui réunissaient quelques écuries, auxquels ont pouvait assister au Castellet dans les années 88-92, quand c’était encore relativement cool. Il suffisait d’appeler le secrétariat du circuit et ils donnaient le jours d’essais accessibles au public. Généralement c’était la semaine et il n’y avait personne. Si j’avais un un APN et Twitter à l’époque j’aurai publié de belles photos en direct 🙂

  1. Effectivement, avant que le circuit change de proprio c’était bien différent. Habitant Marseille j’en ai profiter plus d’une fois et même des séances d’essais non ouvertes au publics (le circuit est très grand et parfois il pouvait y avoir un trou dans un grillage 😉

    Sinon vu perso AS lors des essais d’intersaison avec Williams en février 94 dans le stand Renault qui se trouvait au milieu de la ligne droite du Mistral.

    Sinon pleins de photos sympas également.

    Tu venais exprès de Lyon ?!

  2. Superbes voitures, superbe circuit. Quelle chance que de participer à cette superbe opération de communication de Audi sur le thème de la compétition sportive. Merci pour ce récit d’une journée passionnante, on sent bien que Eric a apprécié de passer un très bon moment.

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