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Le retour de l’Audi A2 : l’un des plus gros flops d’Audi peut-il renaître en électrique ?

Vous vous souvenez de l’Audi A2 ? La citadine que personne ne voulait acheter revient régler ses comptes.

On ne va pas se mentir : à sa sortie en 1999, personne n’a compris l’Audi A2. Trop chère (130 000 francs soit 30 500 euros aujourd’hui avec l’inflation), une esthétique discutable, un entretien inutilement complexe, un confort inexistant et des motorisations faméliques. Non vraiment, pour les habitués de la marque aux anneaux, elle était l’intruse dans le catalogue et Audi n’en a vendu que 175 000 en cinq ans.

Un échec financier pour la marque allemande habituée à vendre des véhicules premium ; l’A2 a fini dans les tiroirs des projets ratés. Malgré cela, dans un élan de nostalgie (ou de génie, l’avenir le dira), les ingénieurs allemands ont décidé de donner une seconde vie à cette relique avec un nouveau concept : l’Audi A2 e-Tron. Elle sera ainsi la première compacte électrique (hors SUV) d’Audi à se ranger aux côtés des mastodontes comme l’A6 e-Tron ou le Q-6 e-Tron.

L’Audi A2 originelle : le génie incompris (et un peu agaçant)

Construite intégralement en aluminium pour gagner du poids (moins de 900 kg sur la balance, un score de ballerine aujourd’hui), elle était censée incarner l’efficience même. Et c’était plutôt réussi, puisqu’elle ne consommait quasiment rien ; un avantage qu’elle devait également à sa silhouette aérodynamique et à son minuscule moteur (le 1.4 essence de 75 ch et le 1.4 TDI de 75 ch, complétés plus tard par des bloc un peu plus puissants).

Le problème de l’aluminium, c’est que c’est une purge absolue à réparer : il faut le travailler en atmosphère protégée (gaz inerte) car c’est un métal qui s’oxyde instantanément au contact de l’air. Très peu de garages ou de carrossiers étaient alors équipés du matériel adéquat. Si vous aviez le malheur de froisser une aile sur un parking de supermarché, la facture était très salée, et elle coûtait par conséquent une fortune à assurer pour une voiture de ce segment.

Et que dire de son ergonomie ? Audi avait poussé le concept si loin que le capot n’était même pas monté sur charnières : il fallait le retirer entièrement, comme le couvercle d’une boîte de conserve, pour accéder au bloc moteur. Pour faire ses différents niveaux de liquide, une petite trappe s’ouvrait sur la calandre : la Serviceklappe, qui devait, elle aussi, incarner une forme de modernité, mais qui n’a pas trouvé grâce aux yeux des mécanos du dimanche.

Ajoutez à cela des bras de suspension fragiles et très rigides ou son ciel de toit qui avait tendance à se déchirer avec le temps, et voilà comment l’A2 a fini par acquérir son statut de vilain petit canard. Mais aujourd’hui, certains l’adorent ; des puristes, qui ont certainement compris qu’Audi était trop en avance sur son temps. Sa côte de sympathie n’a fait que grimper, contrairement à son prix : la plupart des modèles disponibles sur le marché de l’occasion oscillent entre 2 500 et 5 000 euros.

Le concept A2 e-Tron : l’électrique qu’on attendait ?

Plus de 25 ans plus tard, Audi a dévoilé son A2 e-tron, un restomod pour fêter l’anniversaire de son ancienne mal-aimée. Même si l’on reconnaît aisément sa silhouette, elle s’est épurée : débarrassée de ses poignées de porte saillantes et de ses détails un peu datés, la citadine affiche un look assez original.

Là où Audi voit juste avec cette proposition, c’est que le marché automobile est saturé de gros SUV, et que beaucoup de clients regrettent l’âge d’or des berlines et des compactes. En ressuscitant l’A2, peut-être que le fabricant trouvera sa clientèle parmi ceux qui ne veulent pas conduire un tank pour aller chercher le pain.

Même si aucune information officielle n’a été donnée par Audi concernant la motorisation du véhicule, certaines indiscrétions ont filtré, notamment chez nos confrères de l’Argus. Il est possible que le constructeur pioche dans la banque d’organes du groupe VAG et sélectionnera des éléments de ses cousines : la Volkswagen ID.3 et Cupra Born. Ainsi, l’A2 e-Tron se verra éventuellement équipée d’une batterie de 82 kWh et un moteur développant 231 ch sur le train arrière. Selon AutoPlus la gamme pourrait même s’encanailler avec « deux déclinaisons plus puissantes compléteraient l’offre, avec 286 et 326 chevaux »,

La version de série (forcément différente du concept montré par Audi) devrait être normalement présentée à l’automne prochain et sa commercialisation est prévue en 2027. Côté tarif, silence radio également, mais on imagine sans peine qu’elle ne sera pas donnée au vu de la dynamique du marché automobile et de la tarification globale de la gamme e-Tron. Difficile de savoir, à ce stade, si cette nouvelle A2 sera un succès, mais avec l’engouement actuel pour les citadines électriques au look néo-rétro, le constructeur d’Ingolstadt aurait bien tort de ne pas laisser une deuxième chance à son ancienne merguez.

  • L’Audi A2, un échec commercial des années 2000, revient sous la forme d’une citadine électrique, l’A2 e-Tron.
  • Ce nouveau modèle vise à séduire un marché saturé de SUV en proposant une alternative compacte et rétro.
  • Prévue pour une commercialisation 2027, l’A2 e-Tron pourrait intégrer des technologies du groupe VAG avec des motorisations allant jusqu’à 326 ch.

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