Parmi tous les clonages d’animaux possibles, celui du porc est le plus accepté moralement. Il est aussi le plus convoité, et ce pour trois raisons. Premièrement, la possibilité un jour de répondre à la pénurie mondiale d’organes en arrivant à faire des greffes de coeurs et de reins porcins aux êtres humains.
Deuxièmement parce qu’en plus de la proximité de leurs organes avec ceux des humains, les porcs ont un patrimoine génétique relativement proche du nôtre pour en faire des cobayes aux chercheurs pour tester de nouveaux médicaments.
Mais la troisième raison de la convoitise, qui est en voie d’industrialiser le clonage porcin, concerne l’alimentation.

En Chine, où l’on consomme le plus de porcs au monde, une prouesse venue de l’Université de Nankai pourrait permettre de sortir d’une dépendance d’importation et augmenter la production de porcs… le tout sans qu’aucun être humain ne s’applique à la difficile tâche laboratoire.
La Chine est aux portes du clonage par voie robotique, et par conséquent, le monde est aux porte du clonage porcin de masse.
Du clonage par robot
Dans un article du South China Morning Post, relayé par nos confrères du Journal du Geek, la naissance de sept porcelets clonés en mars vient d’être annoncée comme un succès. C’est la première qui, contrairement aux autres procédés de Transfert Nucléaire de Cellules Somatiques (TNCS) n’a suscité aucune intervention humaine dans le processus. L’ensemble fut réalisé par des robots, dopés à une intelligence artificielle (IA) qui marque un point de non-retour pour la Chine.
Jusqu’à présent, cloner des porcs en masse était impossible tant cela nécessité un travail de précision de la part de scientifiques, très fatigante physiquement, et dont l’erreur humaine était bien trop importante.
À plus de 400 millions de porcs en Chine pour une consommation de 30 à 35 kg par an et par habitant, la nécessité pour la Chine de passer commande à l’international (50% en provenance de l’Union européenne) est compréhensible. En 2020, comparée aux années 2018 et 2019, la demande avait presque presque quadruplé.
L’espoir d’une autosuffisance en production porcine n’a donc jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui. En 2017, les scientifiques chinois touchaient du doigt le processus, mais il fallait encore plusieurs interventions humaines dans les phases les plus critiques de l’opération pour créer les embryons artificiels.
Aujourd’hui, “notre système basé sur l’IA peut calculer la contrainte qu’il doit appliquer à la cellule pour forcer le robot à intervenir aussi peu que possible pendant le processus de clonage, ce qui réduit les dégâts cellulaires provoqués par les mains humaines”, commentaient les chercheurs de l’Université de Nankai.
Un rapport plus complet arrivera ces prochains jours dans une revue scientifique. D’ici là, nous vous conseillons d’aller approfondir le sujet dans cet article, pour voir plus en détail le principe de clonage des porcs, par la méthode TNCS.
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