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L’avion de la ministre de la Défense espagnole visé par une attaque GPS

L’avion se trouvait au-dessus de la mer Baltique, près de la frontière russe, lorsque ses instruments GPS ont été victime d’un brouillage de type « spoofing ». C’est la deuxième fois en moins d’un mois qu’un avion gouvernemental européen fait l’objet d’un tel incident.

Après les drones au-dessus des aéroports de Copenhague, au Danemark, et d’Oslo, en Norvège, l’ombre de la Russie dans le ciel a failli faire perdre le nord à l’avion de la ministre de la Défense espagnole, Margarita Robles. Ce mercredi 24 septembre au milieu de la mer Baltique, la membre du gouvernement se rendait sur une base lituanienne de l’OTAN, où se trouvent des militaires espagnols.

Visé par un brouillage GPS, son avion, un Airbus A330 de l’Armée de l’air, se trouvait non loin de la ville russe de Kaliningrad. Selon l’agence espagnole Europa Press, il s’agissait là d’une tentative, qui n’a pas abouti, grâce à la réception de signaux GPS d’un satellite militaire sécurisé au sein de l’avion.

« À bord se trouvaient également des membres des familles des militaires déployés au détachement VILKAS et des journalistes pour accompagner la ministre lors de sa visite à la base », précisait l’agence. Sans pouvoir utiliser les instruments de géolocalisation GPS, il aurait fallu que les pilotes sortent les cartes papier, et s’en remettent à un guidage exclusivement opéré par les contrôleurs au sol, grâce à la trace radar.

Le « spoofing » sur les zones de conflit et ailleurs en Europe

Plus que tout, un tel incident est symbolique. Il rappelle aussi et surtout une guerre électronique avec le « spoofing », que l’on voit émerger de plus en plus aux abords des zones de conflits, que ce soit entre l’Ukraine et la Russie, mais aussi au Proche-Orient aux abords de la bande de Gaza, d’Israël, de la Cisjordanie et du Liban. Il rappelle aussi l’importance de sortir de l’ultra-dépendance du GPS, et de services comme Galileo en Europe.

Il y a trois semaines, l’avion de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, rencontrait un autre brouillage GPS, lorsque l’attaque est arrivée, l’avion se trouvait au-dessus de la Bulgarie, où il devait atterrir à Plovdiv, au beau milieu du pays, très loin de la mer Noire et de la Russie. D’après cette carte en ligne, qui recense tous les cas de brouillage GPS et de spoofing depuis 2022, la zone autour de Kaliningrad en Russie, pris en étau entre la Pologne (au sud) et la Lituanie (au nord) est particulièrement sensible, d’où les difficultés rencontrées par l’avion militaire espagnol.

Depuis août 2024, l’aviation voit le nombre d’interférences exploser en Europe, et principalement en mer Baltique. Les chiffres ne font qu’augmenter et une enquête d’Euronews, publiée le 5 septembre 2025, indiquait que la Lituanie avait enregistré plus de 1 000 cas d’interférences GPS rien que sur le mois de juin, 22 fois plus qu’un an plus tôt, selon les autorités de régulation des communications du pays. En Estonie, ce serait même 85 % des vols qui seraient affectés selon les autorités. Quant à la Pologne, le pays mettait en avant le nombre de 2 732 cas de brouillage et d’usurpation de GPS en janvier 2025.

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