Fondée en 2002 à Santa Barbara, Sonos a complètement révolutionné l’industrie audio en démocratisant les systèmes de son multiroom. L’entreprise, qui s’est imposée comme le chef de file des enceintes connectées haut de gamme en quelques années, traverse depuis plusieurs mois une grave zone de turbulences. Après le départ de son PDG, Patrick Spence, les résultats de son premier trimestre fiscal sont tombés jeudi, et ils sont très sévères.
Le chiffre d’affaires total replié de 10 %, pour atteindre 550,9 millions de dollars, tandis que le résultat opérationnel (chiffre d’affaires – coût des marchandises vendues – frais d’exploitation) a subi une chute vertigineuse de 40 %, s’établissant à 48 millions de dollars. La santé financière de l’entreprise se détériore clairement, suscitant déjà l’intérêt de grands groupes qui voit en elle une proie de choix.
Le crash de Sonos : comment une mise à jour a tout changé
La descente aux enfers de Sonos s’explique en partie par un événement ayant eu lieu en mai 2024 : une update catastrophique de son application. Cette défaillance logicielle, qui a rendu inutilisables de nombreux systèmes audio premium, a nécessairement ébranlé la confiance des utilisateurs fidèles de la marque. Le pire, c’est que l’architecture dépassée des systèmes Sonos a empêché toute restauration vers une version antérieure et les conséquences de cette mise à jour de l’enfer se mesurent aujourd’hui dans les chiffres.
Pour le deuxième semestre de l’année passé, ses ventes d’unités (tout matériel confondu) ont plongé de 14 %, avec seulement 2,7 millions de produits vendus, un niveau qui ramène l’entreprise à ses performances de 2016.
Même le lancement l’été dernier du casque haut de gamme Sonos Ace, censé marquer l’entrée de la marque sur un nouveau segment, n’a pas permis d’inverser la tendance. Saori Casey, directrice financière de la firme, admet que ce timing s’est révélé être « le pire moment possible », vu que celui-ci a été proposé un mois à peine après la fameuse mise à jour de mai.
Sonos se restructure, mais Wall Street reste sceptique
À son départ, Spence a été remplacé par Tom Conrad, un vétéran de l’industrie tech, qui fut ingénieur chez Apple, vice-président de l’ingénierie chez Pandora Media et vice-président produit chez Snapchat. Une nomination qui s’accompagne d’une restructuration profonde : 12 % des effectifs seront supprimés, incluant six vice-présidents.
Cette cure d’amaigrissement vise à éliminer ce que Conrad décrit comme « des strates organisationnelles et des redondances inutiles à notre fonctionnement ». Une opération chirurgicale risquée pour une entreprise déjà fragilisée, mais jugée apparemment indispensable pour corriger des faiblesses structurelles devenues évidentes.
La communauté financière de Wall Street est bien évidemment aux aguets et observe de près cette transformation : investisseurs et analystes veulent évaluer si la stratégie de Conrad sera prompte à redresser la barre. Erik Woodring de chez Morgan Stanley (une banque américaine), econnaît l’efficacité des mesures d’économies mises en place, il maintient néanmoins sa recommandation de vente du titre.
Selon lui, les efforts de restructuration, bien que nécessaires, ne suffisent pas à compenser deux obstacles majeurs : l’affaiblissement persistant de la demande pour les produits premium et les incertitudes qui planent sur la capacité de l’entreprise à reconquérir la confiance de ses clients après cette débâcle logicielle. L’action de Sonos affiche d’ailleurs un recul de 22 % depuis cette dernière alors même que l’indice S&P 500 a progressé de 16 % sur la même période : dur contraste.
Actuellement, seuls 38 % des analystes recommandent désormais l’achat du titre, contre 73 % avant la crise. Comme le résume Brent Thill de la banque d’investissement américaine Jefferies : « Le pire semble derrière Sonos, mais ils n’en sont qu’au début de leur transformation ». Conrad porte donc un lourd fardeau sur ses épaules : faire renaître ce pionnier de l’audio connecté et lui faire retrouver sa position dominante.
- Sonos traverse une crise majeure après une mise à jour ratée en mai 2024, qui a fait chuter ses ventes et fragilisé sa réputation.
- L’entreprise a réagi avec la nomination d’un nouveau PDG et une grande restructuration, dont 12 % de suppressions de postes, pour tenter de redresser la situation.
- Wall Street reste sceptique, la demande pour les produits haut de gamme faiblit, et l’action de Sonos accuse une lourde baisse.
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