La rumeur était dans les cartons depuis quelques années déjà. Le pionnier du multiroom travaillerait en secret sur son premier casque audio. En 2023, les mélomanes y ont presque cru, mais finalement Sonos a « simplement » dévoilé deux nouvelles, et excellentes, enceintes, la Era 100 et la Era 300.
Excellent, c’est bien le terme qui caractérise le plus souvent les produits Sonos. Sens du détail accru, design minimaliste, qualité audio… Depuis plus de deux décennies, le firme américaine s’est forgé une sérieuse réputation. D’où l’impatience générale de voir la marque sortir de sa zone de confort en s’aventurant dans le monde des casques.
Un secteur compliqué, qui plus est, et qui a vu de nombreux constructeurs se casser les dents, notamment sur le premium. Pourtant, et ce n’est pas véritablement une surprise, la firme californienne vient directement se positionner dans la fourchette tarifaire la plus haute. Un pari ambitieux, mais aussi risqué, car il réduit mécaniquement le droit à l’erreur. L’Ace est-il à la hauteur de la réputation de Sonos et de cette longue attente ? On vous explique tout dans notre test complet.
Prix et disponibilité du Sonos Ace
Disponible depuis le 4 juin dernier, le casque Sonos Ace s’affiche à un prix de lancement de 499 euros et il se décline en noir et en blanc.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, lançons-nous dans une rapide cartographie tarifaire. Le Sonos Ace se place en dessous de l’Airpod Max, lancé en fin 2020 à 629 euros et sur un pied d’égalité avec le récent Bose QuietComfort Ultra.
Par contre, il est plus cher que l’excellent WH-1000XM5 de Sony, sorti en 2022 à 419 euros, et que le Px7 S2e de Bowers & Wilkins, lancé en 2023 à 429 euros.
Un petit bijou

À l’instar d’Apple, Sonos a toujours placé le minimalisme au sommet de sa pyramide esthétique. Les lignes sont épurées et les matériaux choisis avec minutie. Pour notre plus grand plaisir, l’Ace ne déroge pas à cette règle.
Coque en plastique dense du plus bel effet, arceau en acier aussi souple que confortable, coussinets en similicuir et branches en inox venant s’insérer avec finesse dans l’intérieur des coques. Disons-le, le Sonos Ace est une petite pièce d’orfèvrerie. Ce casque possède sa propre identité premium et ne souffre d’aucun défaut d’assemblage.
Deux aspects retiennent particulièrement notre attention. La première concerne les tiges reliant l’arceau aux coques. Elles respirent la solidité et elles garantissent une stabilité parfaite, quelle que soit la hauteur choisie.

La seconde concerne l’étui. Comme ses confrères, le Sonos Ace n’est pas pliable, mais il s’accompagne d’une pochette plate et rigide de grande qualité. Cette dernière a toujours su se faire discrète dans un sac. En son sein, on retrouve un petit écrin, rigide lui aussi, qui abrite un câble USB-C de 70 cm ainsi qu’un USB-C vers mini jack de 120 cm.
Un confort presque parfait
Sur la tête, le Sonos Ace se fait sentir du haut de ses 312 grammes. Il est plus lourd que le Sony WH-1000XM5 (250 g) et que le Bose QuietComfort Ultra (252 g), mais plus léger que le AirPod Max (386 g).

Même si Sonos a particulièrement travaillé la répartition du poids, il est nécessaire de faire quelques pauses lors d’une utilisation prolongée. Ce fut le cas lorsque nous l’utilisons en casque gaming avec notre PS5. Au bout d’une heure, cela fait du bien de l’enlever quelques instants.
Hormis cela, le casque est vraiment plaisant à porter. L’arceau se couvre d’une mousse à double densité en similicuir qui ne serre pas le haut du crâne. Et de leur côté, les coussinets à mémoire de forme ont un effet satiné sur les oreilles. Ils les englobent avec douceur sans les faire chauffer.

D’autant qu’aucune pression inconfortable n’est à signaler, comme cela peut être parfois le cas avec des coussinets de forme ronde. Autre bonne initiative, ces coussinets sont magnétiques. Ainsi, sur le long terme, il sera donc possible de les changer si jamais ils se détériorent.
Ergonomie simple et réactive, appli perfectible
Comme la plupart des références premium, l’Ace fait l’impasse sur le tactile. Pour contrôler le casque, il faut passer par trois boutons mécaniques. Le premier situé sous l’oreillette gauche sert à la mise sous tension et à l’appareillage.
À l’arrière de la coque droite, le deuxième bouton permet de basculer les modes d’écoute, tandis que le dernier, sous forme de bouton/glissière, contrôle tout le reste. A savoir le volume, la navigation, la lecture et les appels.

En plus d’être parfaitement réactives, ces commandes s’apprivoisent facilement. L’appui ou la course sur les boutons ne nécessitent pas d’insister, tout s’effectue avec sérénité. En près d’un mois d’utilisation, pas une fausse manipulation, ni un geste à répéter pour se faire bien comprendre.
En outre, chacune de nos doléances est par ailleurs accompagnée d’une tonalité sonore pour guider au mieux l’utilisateur. Sonos a donc fait le choix de ne pas intégrer de voix lors des manipulations. Ce qui est selon nous préférable.
Au niveau de la connectivité, Sonos s’assoit à la table des casques les plus modernes avec sa puce Snapdragon Sound. Bien évidemment, l’Ace est multipoint, il possède une détection de port et sa stabilité de connexion ne souffre d’aucun défaut.

En plus des basiques SBC et AAC, le casque prend en charge la quasi-totalité des codecs AptX. Soit le classique, le HD, l’Adaptative et le Lossless qui sera disponible dans une future mise à jour. Par contre, l’application dédiée est quelque peu décevante. Bien qu’elle soit intuitive et à l’image du casque, épurée, elle est relativement pauvre en réglages.

Par exemple, l’égaliseur ne propose que trois bandes, les modes d’écoute ne sont pas ajustables, la création de scénarios n’est pas proposée et le choix des codecs n’est pas possible. Au final, cette application sera suffisante pour le plus grand nombre, mais elle reste un ton en dessous de celles de Sony et Bose.
Qualité de son remarquable
Bien que novice en matière de casque, Sonos ne l’est pas pour autant dans le domaine audio. Et cela s’entend tout de suite. En effet, propulsé par des transducteurs dynamiques de 40 mm, l’Ace semble avoir globalement une approche acoustique similaire aux enceintes et barres de son Sonos. À savoir un rendu équilibré, clair, mais qui manque par petits moments de précisions.
Tout d’abord, l’Ace est un véritable caméléon, dans le sens où il s’adapte à merveille à tous les styles musicaux. Sans être omniprésentes, les basses supplantent légèrement les médiums afin de donner à l’écoute un aspect ample et rond.

Contrairement à la concurrence, Sonos n’a pas la main lourde sur le bas du spectre. Ce choix permet également aux instruments comme les synthétiseurs ou les percussions de mieux s’agencer. Ils sont facilement discernables les uns des autres.
Assez facilement remarquable à l’écoute, le casque s’oriente vers quelques oscillations dans les aigus. D’un côté, cela confère beaucoup de clarté aux morceaux acoustiques. De l’autre, cela compresse légèrement la dynamique sur des sons amplifiés plus complexes.

Finalement, l’Ace a clairement sa place dans la cour des grands, mais il ne surpasse pas pour autant toute la concurrence. La scène est globalement large et équilibrée, mais elle manque de profondeur par rapport au WH-1000XM5. De plus, le PX7 S2 de Bowers & Wilkins, malgré ses tonalités plus lourdes, offre un son plus riche, mais aussi plus fatigant. Tout sera ici une question de goût.
Par contre, grâce à sa polyvalence et son sens de la mesure, le Sonos Ace nous a fait une meilleure impression que l’AirPod Max et que le Bose QuietComfort Ultra.
Une fonctionnalité Home cinéma inédite
Afin de capitaliser au maximum sur le parc de ses produits, Sonos rend compatible son casque en Wifi avec ses barres de son. Dans un premier temps, l’Ace est compatible avec la barre de son Arc, les autres modèles (Ray, Beam Gen 1 et Gen 2) le seront prochainement via une future mise à jour.
Concrètement, il suffit d’un appui long sur la glissière afin de récupérer le flux audio de la barre vers le casque. Ensuite, c’est le processeur de la barre de son qui se charge de faire mouliner tout ce beau monde. Grâce à cette puissance de calcul, tous les flux audio peuvent être pris en charge. Du stéréo jusqu’à du 7.1.4 canaux en Atmos.
Concrètement, en un simple geste, il devient possible de profiter d’un rendu 3D pour regarder un film sans réveiller, au hasard, madame, qui s’est assoupie à côté de vous. La spatialisation des scènes est vraiment réussie. Les voix se projettent parfaitement vers l’avant, tandis que les explosions sont saisissantes sans être assourdissantes.

Parfois, un déficit de dynamisme se fait entendre sur des aigus, notamment lors des moments musicaux. Or, ce petit manque de peps ne gâche en rien l’expérience globale. Même la fonction de « Head Tracking » est plaisante. Certes, une légère latence se fait ressentir, mais seulement lors d’un mouvement de tête un peu brusque.
Clairement, regarder un film ou une série prend une nouvelle dimension avec l’Ace. Et surtout, même si ce n’est pas cette utilisation que Sonos met le plus en avant, utiliser le casque pour jouer est un vrai plaisir. Par contre, il faut nécessairement le faire en solitaire puisque le micro du Ace se désactive avec cette fonctionnalité.
Réduction de bruit exceptionnelle
Malgré son manque d’expérience en la matière, Sonos livre ici une partition remarquable. Pour commencer, l’isolation passive est terriblement efficace, elle suffit parfois à s’isoler au bureau. Dès que la réduction active est en marche, c’est tout bonnement bluffant. Une véritable bulle de silence se crée.
Rues ou boulevards animés, bruits du métro, ronronnement de ventilateur, trajet en avion ou porte qui claque, rien n’a su faire faillir le Ace. Seul le Bose QuietComfort Ultra lui est légèrement supérieur pour annihiler avec plus de vigueur les hauts médiums. Autrement dit, les conversations environnantes à moins de deux mètres. C’est tout.

En outre, il est admirable de voir que Sonos n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier. Le mode « Conscient », lui aussi, est admirable. Il est possible de tenir une conversation limpide avec quelqu’un, les sons étant captés avec justesse et sans artefact.
De plus, dans la rue, il est facile d’évaluer la cartographie des bruits aux alentours. Ici encore seul un casque fait très légèrement mieux en matière d’appréciation des distances, c’est l’AirPods Max. C’est tout.
L’un des plus endurants
Avec une promesse établie à 30 heures de fonctionnement, réduction de bruit active, l’Ace se place dans le haut du panier. À l’usage, il a même réussi à faire mieux. En effet, sous AptX HD, un codec assez énergivore, et avec un volume à 60%, il a tenu selon nos estimations environ 31h. Soit, un résultat largement suffisant une bonne semaine sans problème.

Sans la réduction de bruit active, il est fort probable de faire grimper encore l’autonomie de trois ou quatre heures. Par contre, utilisé en mode home cinéma, l’Ace se fatigue plus vite. C’est logique puisqu’il utilise alors une liaison en Wi-Fi direct.
Niveau charge, nous n’avons pas grand-chose à lui reprocher non plus. En environ 3h, il reprend totalement des forces. C’est encore du solide.
Notre avis sur le Sonos Ace
Pour sa première incursion dans le monde des casques, Sonos entre par la grande porte. Séduisant au premier regard, l’Ace est un casque solide, conçu intelligemment et élégant. Confortable, quoiqu’un peu lourd sur de très longues sessions, il conviendra à toutes les morphologies de têtes et d’esgourdes.
D’un point de vue audio, Sonos ne renie pas ses origines en proposant une écoute polyvalente, neutre, bien agencée et apaisante. Une écoute qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, notamment ceux qui privilégient l’énergie et l’emphase, mais c’est un choix assumé.
En matière de réduction de bruit et d’autonomie, Sonos fait carton plein. Pour sa grande première, la marque se hisse au niveau des meilleurs et se permet même parfois de faire mieux. Et que dire de la fonction « home cinema ». Un élément de différenciation réussi, loin d’être gadget et qui donne clairement envie d’investir dans une barre de son Sonos.
Finalement, notre seul vrai reproche concerne l’application dédiée, pas à la hauteur du reste, et éventuellement un manque de précision dans les aigus. C’est vraiment pour chipoter. Pour tout le reste, c’est un grand oui, malgré son prix. Et même un très grand oui, si vous possédez déjà une barre de son de la marque.
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