Le 3 juillet 2025, à Tokyo, un certain Psyho a renversé de son trône l’une des meilleures IA d’OpenAI. Son vrai nom : Przemysław Dębiak, un développeur polonais, qui était un ancien salarié de la firme, aujourd’hui reconverti en indépendant. Trois jours de compétition, un sommeil quasiment inexistant, et un ultime défi : résoudre un problème d’optimisation algorithmique sur dix heures d’affilée… face à d’autres développeurs, et une IA générative en pleine démonstration de force. Psyho n’a fait qu’une bouchée de cette dernière, même s’il en est ressorti complètement lessivé. L’intelligence humaine (celle de Psyho, en tout cas) n’aurait pas encore de quoi craindre l’IA ?
Le concours qui fait trembler les devs… et les IA
L’AtCoder World Tour Finals est l’un des concours les plus sélectifs de programmation au monde, seuls les douze meilleurs développeurs de l’année y accèdent, après une série de qualifications acharnées. La finale Heuristic, elle, ne ressemble à aucun autre round. Les candidats y affrontent un seul problème, mais d’une complexité telle qu’aucun algorithme connu ne peut en produire la solution parfaite.
Il faut donc ruser, en codant ce que l’on appelle des heuristiques : des algorithmes approximatifs, capables de produire des solutions de plus en plus efficaces à force de révisions successives. Le but est donc de concevoir un programme capable de générer une solution « suffisamment bonne » à un casse-tête logistique, industriel ou mathématique.
Chaque participant peut soumettre autant de versions de son code qu’il le souhaite, mais doit attendre cinq minutes entre chaque tentative. Même machine pour tous, langage libre (parmi ceux proposés par AtCoder), aucun accès à des ressources externes.
Mais cette année, un nouveau type de concurrent a fait son entrée. Pour la première fois, une intelligence artificielle participait à l’AtCoder World Tour Finals : un modèle conçu par OpenAI, baptisé OpenAIAHC similaire à leurs modèles comme o3. Un cousin lointain de ChatGPT (modèle 4 ou GPT-Engineer), mais optimisé pour le scoring itératif. Il n’est pas un chatbot à proprement parler mais un moteur d’optimisation autonome, taillé pour la compétition.
Pas de conversation ou de prompts : uniquement du code, soumis en boucle pour maximiser un score. L’objectif pour OpenAI étant de démontrer qu’un modèle peut rivaliser avec les meilleurs cerveaux humains sur un terrain jusque-là réservé aux experts en algorithmique. Pas de chance pour l’entreprise de Sam Altman, il a échoué face au savoir-faire de Psyho !
Humain 1 – Machine 0
À la fin des 10 heures, Psyho a terminé avec un score de 1 812 milliards, soit 9,5 % de mieux que l’IA d’OpenAI, qui a atteint « seulement » 1 654 milliards. Pour un développeur « lambda », c’est-à-dire un développeur moyen sans expérience spécifique dans l’optimisation algorithmique de pointe, un score dans ce type de compétition d’heuristiques serait extrêmement faible, probablement dans les milliers ou dizaines de milliers, au mieux. C’est dire le niveau stratosphérique atteint par Psyho lors de la compétition !
Psyho a admis sur X qu’il tenait à peine debout après le concours, alors qu’il venait déjà d’enchaîner trois compétitions d’élite en trois jours. « L’humanité a vaincu (pour l’instant !). Je suis complètement épuisé… Je suis à peine en vie » a-t-il expliqué dans son post.
OpenAI a préféré insister sur le podium que sur la défaite. « Les modèles comme o3 figurent déjà parmi les 100 meilleurs au monde en concours de code ou de mathématiques, mais à notre connaissance, c’est la première fois qu’un modèle atteint le top 3 dans une compétition de ce niveau ». Pas un mot pour Psyho, étrangement. On aurait pu imaginer au moins un petit clin d’œil, surtout qu’il s’agit d’un ancien salarié, mais d’une certaine manière, cela reste cohérent avec la stratégie de l’entreprise. Même si l’IA perd, mieux vaut la mettre en avant plutôt que de souligner qu’un humain l’a surpassée.
- Lors d’une prestigieuse compétition de code à Tokyo, un développeur polonais a surpassé une IA d’OpenAI sur un problème algorithmique d’élite.
- Le concours opposait humains et machine sur dix heures autour d’un casse-tête complexe, sans solution parfaite possible, en visant le meilleur score.
- Malgré la défaite de son modèle, OpenAI a préféré saluer ses propres avancées plutôt que de reconnaître la performance humaine.
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