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Beau is Afraid, le film qui avait tout pour plaire mais…

Dans les salles obscures depuis le 26 avril 2023, Beau is Afraid était plein de promesses. Mais il nous a laissé songeurs.

Les amateurs du travail d’Ari Aster trépignaient d’impatience à l’idée de découvrir Beau is Afraid dans les salles de cinéma de l’Hexagone. Grâce à Midsommar et Hérédité, le cinéaste américain a su imposer sa patte à Hollywood. Comme on dit “jamais deux sans trois”. Avec ce troisième long métrage intitulé Beau is Afraid, Ari Aster avait tout pour signer le tiercé gagnant.

En effet, pour ce nouveau long métrage, le réalisateur fait appel à une véritable pointure : Joaquin Phoenix. Devons-nous encore présenter cet excellent acteur qu’on a adoré dans Joker ou encore Her ? Joaquin Phoenix n’a plus besoin de prouver son talent et sa présence en tête d’affiche de Beau is Afraid sent bon. Très bon.

De plus, Beau is Afraid est estampillé “A24”. Ce studio indépendant rime généralement avec pépites. Fabrique à succès, A24 nous a notamment offert Everything Everywhere All at Once, Moonlight, The Lighthouse ou encore The Whale. Sur le petit écran, c’est à elle que nous devons Euphoria ainsi que Acharnés.

Quant au film en lui-même, il est compliqué de savoir où veut nous emmener Ari Aster. “De ses peurs les plus sombres nait la plus grande des aventures” nous annonce la bande-annonce de Beau is Afraid. Le synopsis du film est assez succinct : Beau fait tout pour rejoindre sa mère, mais l’Univers semble s’être ligué contre lui. Sur Goodbye Stanger de Supertramp, la bande-annonce promet un film complètement barré.

Cela dit, en entrant dans la salle obscure, difficile de savoir vraiment à quoi s’attendre avec Beau is Afraid. Soit, nous faisons confiance à Ari Aster et à Joaquin Phoenix. Le long métrage a toutes les cartes en main pour nous séduire. Oui, mais…

Beau is Afraid : à éviter ?

Le film commence fort avec un accouchement et un point de vue assez original. Très vite, nous comprenons qu’un lien très (trop) fort unit Beau à sa mère. C’est beau l’amour parental, mais quand même. Quelque chose cloche. Les bases sont rapidement posées : Beau voit un thérapeute, qui lui prescrit de nouvelles petites pilules (à boire impérativement avec de l’eau !), juste avant de s’envoler pour sa ville natale et retrouver sa maman pendant quelques jours.

Il ne fait pas bon vivre, dans le quartier de Beau. Déjà, il y a des cadavres, que personne ne daigne bouger. De plus, tout son voisinage, composé majoritairement de sans-abris ou squatteurs, semble très hostile à Beau. D’ailleurs, pour rentrer chez lui en vie, ce dernier doit courir à toute allure avant de se barricader dans son immeuble. Immeuble qui, par ailleurs, est plus que délabré.

Cette nuit-là, Beau dort mal. Très mal. Un voisin lui demande de faire moins de bruit (quel bruit ?!) et lui glisse des papiers sous le pas de sa porte à foison. Si bien que notre pauvre Beau n’entend pas son réveil le lendemain matin. Son vol part dans moins de deux heures, il doit se dépêcher. Et la malchance de Beau continue… Son périple pour rentrer au bercail ne sera pas de tout repos. Nous plongeons dans les angoisses d’un individu psychotique, jusqu’à nous perdre complètement.

Extrait de Beau is Afraid
© A24

Pendant cette première heure, Beau is Afraid nous intrigue et nous titille. Ari Aster veut nous emmener dans sa frénésie et on a envie de le suivre. Mais rapidement, la réalité nous rattrape et le long métrage a l’effet d’un pétard mouillé. Trop extravagant, Beau is Afraid nous apparaît comme un rêve fiévreux. Les rebondissements s’enchaînent et plus rien n’a de sens. Après une première heure intéressante, il nous reste deux tiers du film à “subir”. C’est terriblement long. Ari Aster a manifestement beaucoup de choses à nous raconter, mais il égare le spectateur en route. À force de métaphores douteuses et d’allégories, on décroche.

Pourtant, la mise en scène et la photographie de Beau is Afraid sont impeccables. Assurément, le long métrage nous en met plein la vue. Certaines scènes valent clairement le détour. De plus, Joaquin Phoenix livre une jolie prestation, mais pas de quoi de réconcilier le spectateur avec une intrigue (trop) lente qui n’a plus ni queue ni tête. Car en sortant de la salle obscure, il est difficile de savoir quel message voulait nous offrir Ari Aster avec Beau is Afraid. Encore maintenant, nous n’en sommes pas sûrs.

Si le film s’impose comme une véritable expérience cinématographique, Beau is Afraid laissera de marbre bien des spectateurs. A-t-on aimé ou a-t-on détesté le long métrage ? Peut-être un peu des deux. Au moins, vous êtes prévenus.

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