En 2025, la planète a connu sa troisième année la plus chaude jamais enregistrée, selon les données du service européen Copernicus, exploité par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Une conclusion confirmée par le Met Office britannique, dont les relevés indépendants classent eux aussi 2025 sur le podium des années les plus chaudes depuis le début des mesures, en 1850.
Pire encore : pour la première fois, la température moyenne mondiale sur une période de trois ans a dépassé 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, la période de référence utilisée par les scientifiques car elle précède l’explosion des émissions liées aux combustibles fossiles. En 2025, la hausse annuelle moyenne atteignait environ +1,47 °C.

L’objectif fixé par l’Accord de Paris s’éloigne un peu plus
« Dépasser une moyenne de 1,5 °C sur trois ans est une étape que personne ne souhaitait voir arriver », déplore Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat à l’ECMWF. « La cause principale de ces records reste l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, dominée par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz », poursuit-elle.
Cette donnée remet clairement en cause l’Accord de Paris en 2015. Les États s’étaient alors engagés à contenir le réchauffement bien en dessous de 2 °C, et si possible à 1,5 °C, afin de limiter les impacts les plus graves : vagues de chaleur extrêmes, élévation du niveau de la mer, effondrement de certains écosystèmes etc. Or, faute de réductions suffisantes des émissions, les scientifiques estiment désormais que ce seuil pourrait être franchi durablement avant 2030, soit près de dix ans plus tôt que prévu.
« Nous allons dépasser ce seuil. La question est désormais de savoir comment gérer au mieux le dépassement et ses conséquences sur nos sociétés et les écosystèmes », constate Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus sur le changement climatique.

Des impacts déjà bien réels
Conséquence directe : en 2025, les catastrophes climatiques se sont multipliées. Selon l’ONG Climate Central, l’année a été la troisième plus coûteuse jamais enregistrée pour les événements météorologiques extrêmes. 23 catastrophes ont dépassé le milliard de dollars de dégâts, provoquant au total 276 morts et environ 115 milliards de dollars de dommages.
En Europe, les feux de forêt ont atteint des niveaux d’émissions record, tandis que des études ont établi un lien direct entre le changement climatique et l’intensification d’événements précis, comme des ouragans dans les Caraïbes ou des pluies de mousson meurtrières au Pakistan. Même des phénomènes naturels censés modérer la hausse des températures, comme La Niña, n’ont pas suffi à inverser la tendance.
Pendant ce temps, le président de la première puissance mondiale continue sa guerre contre la science. L’administration Trump a annoncé le retrait du pays de plusieurs instances internationales, dont la Convention-cadre des Nations unies sur le climat et le GIEC. Washington s’apprête également à quitter officiellement l’Accord de Paris et encourage un retour en force du charbon.
- 2025 est la troisième année la plus chaude jamais mesurée, et pour la première fois la barre des +1,5 °C est dépassée sur trois ans.
- Le seuil fixé lors de l’Accord de Paris paraît désormais hors d’atteinte, faute de baisse suffisante des émissions.
- Pendant que les catastrophes climatiques s’aggravent, les États-Unis tournent le dos aux accords internationaux et relancent les énergies les plus polluantes.
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