Vous avez envie de déposer votre candidature chez Blue Origin, même si cela signifie se soumettre à des entretiens de plusieurs heures ? On vous conseille de bien réfléchir avant de franchir le pas du New Space. Une vingtaine d’employés de Blue Origin, anciens et actuels, racontent dans un essai comment, selon eux, la direction de la firme en a fait un environnement de travail particulièrement toxique.
On y découvre que la firme de Jeff Bezos ignore complètement des questions comme le sexisme et le harcèlement, se soucie peu de la diversité dans les effectifs, et ne semble avoir pour seul but que de rester dans la course du New Space – même si cela signifie rester de facto à des années-lumières de SpaceX. Ainsi les remarques constructives sur la sécurité seraient souvent ignorées, surtout si elles émanent de femmes.
Des employés racontent à quel point Blue Origin est un environnement de travail toxique
On lit ainsi dans l’essai que certains leaders de l’entreprise “se sont illustrés en adoptant constamment des attitudes inappropriées envers les femmes”. Des comportements qui ont été signalés à plusieurs reprises au département des ressources humaines. Un autre ex-responsable se serait montré condescendant à de nombreuses reprises envers les femmes, et aurait posé des questions inappropriées à certaines employées, notamment sur leur vie personnelle.
Le responsable est resté en poste malgré ces retours – Blue Origin ne se serait en fait résolu à le licencier qu’après avoir appris que ce dernier a fait des attouchements à une employée sous sa responsabilité. Le responsable en question entretenait, selon les employés de Blue Origin, une relation personnelle avec Jeff Bezos. Ce qui semble l’avoir protégé. Les auteurs de l’essai expliquent “nous nous sommes rendus compte que de nombreux responsables étaient inaccessibles, et adoptaient clairement des comportements misogynes”.
Et les employés de poursuivre : “les inquiétudes autour de vols de New Shepard étaient systématiquement étouffées, et les femmes étaient rabaissées lorsque c’étaient elles qui les soulevaient”. Ils détaillent plusieurs occurrences au cours desquelles les employés ont été traités différemment des employées. Par exemple, après son licenciement, un employé Blue Origin a eu droit à un pot de départ. Alors que dans un cas similaire, une employée a été priée de quitter les lieux sur-le-champ.
Les employés poursuivent en critiquant le manque de diversité de l’équipe Blue Origin : “la masse salariale qui doit établir ce futur ‘pour tous’ est surtout composée de salariés blancs et masculins. 100% des responsables techniques et des responsables du programme sont des hommes”, soulignent-ils. Autre critique : le peu de cas que font les responsables de Blue Origin de la question environnementale.
Les employés rapportent que la firme n’a pas préparé ou mis en place de “plan concret pour devenir neutre au niveau des émissions carbonées ou a minima réduire de façon significative son énorme empreinte carbone”. Les auteurs expliquent par ailleurs que toute tentative de syndicalisme est étouffée. Des protocoles auraient même été mis en place pour empêcher les employés de poser des questions gênantes lors des Town Hall les réunions internes qui rassemblent tous les employés Blue Origin.
Le nom des potentiels “agitateurs” sont inscrit sur une liste, ce qui les expose à “avoir des discussions” avec leurs supérieurs. Les auteurs poursuivent en expliquant que in fine, chez Blue Origin, la seule chose qui importe est “de faire concurrence aux autres milliardaires et faire progresser l’entreprise pour Jeff – même si cela signifie mettre de côté les inquiétudes autour de la sécurité qui pourraient ralentir le calendrier”.
Les employés Blue Origin concluent : “Ce que nous constatons c’est que la culture de Blue Origin est fondée sur des bases qui ignorent l’état de notre planète, ferment l’oeil sur le sexisme, ne répondent pas de manière suffisante aux impératifs de sécurité, et réduisent au silence ceux et celles qui cherchent à corriger les problèmes. Ce n’est pas ce que nous devrions faire ici sur Terre, et ce n’est certainement pas ce qui nous servira de tremplin pour aller vers un monde meilleur”.
Lire aussi – Blue Origin veut régler son problème avec la NASA devant les tribunaux
En réponse à ces déclarations-choc, Blue Origin a transmis la déclaration suivante à nos confrères de Engadget : “Mme Abrahms a été licenciée pour cause grave après plusieurs alertes impliquant des problèmes autour des règles à l’export au niveau fédéral. Blue Origin n’a aucune tolérance pour la discrimination ou le harcèlement sous quelque forme que ce soit. Nous fournissons de nombreux recours pour les employés, dont une hotline anonyme disponible 24/7, et nous mènerons l’enquête en cas de toute nouvelle plainte autour de comportements inappropriés”.
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Tu m’étonnes…
Que Blue Origin soit à l’image d’Amazon, c’est quelque chose qui devrait nous étonner ?
Cet article est une très mauvaise traduction de son pendant américain. C’est fréquent ici, visiblement!
ex: “Ils détaillent plusieurs occurrences au cours desquelles les employés ont été traités différemment des employées”.
Faut bosser un peu les gars, et cesser de faire croire que vous bossez!
Et SVP, n’employez pas de termes que, ni vous, ni les américains, ne comprenez pas… :))
“manque de diversité” traduction manque de bons à rien qui n’ont qu’un seul argument sur leur cv : noir, femme, handicapé, etc…
“sexisme” traduction : une ou deux femmes n’ont pas été promues et elles pleurnichent qu’elles sont victime d’une injustice
etc. etc.
Merci de si bien imager l’esprit de Blue origin.Tu es cadre là-bas j’espère.
Comme d’habitude, 20 frustrés montent un dossier à charge cochant toutes les cases des 7 néo-péchés capitaux, et la presse putaclic s’empresse de relayer. A vomir.