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La NASA vient d’embarquer l’humanité dans un voyage inédit, un duel des titans entre Elon Musk et Jeff Bezos décidera de la suite

Après l’incroyable mission Artemis 2, le plus dur commence pour la suite du programme lunaire de la NASA. Et il y a encore beaucoup d’inconnues à l’équation.

Le succès d’Artemis 2 à peine célébré, la NASA se penche d’ores et déjà sur la suite de son programme lunaire. Sous l’impulsion de son nouvel administrateur, Jared Isaacman, l’agence a opéré un pivot majeur : Artemis 3 ne se posera pas sur la Lune comme initialement prévu. Cette mission, qui doit avoir lieu à la mi-2027, restera en orbite terrestre pour valider une étape critique et pourtant absente du vol précédent, l’amarrage entre la capsule Orion et les systèmes d’alunissage habités.

C’est, en quelque sorte, le moment Apollo 9 du programme Artemis. En 1969, la NASA a sagement testé son module lunaire en orbite terrestre avant de tenter le grand saut avec Apollo 11. Isaacman applique aujourd’hui la même rigueur. Mais les équipes de l’agence sont face à un premier dilemme : faut-il rester en orbite basse, à quelques centaines de kilomètres de hauteur, ou viser une orbite haute, à plus de 36 000 kilomètres ?

Le choix est loin d’être anodin. Une orbite basse permettrait d’économiser le dernier exemplaire de l’étage de propulsion cryogénique provisoire de la fusée Space Launch System (SLS), une pièce d’orfèvrerie technique qu’Isaacman préférerait réserver pour la véritable tentative d’alunissage d’Artemis IV en 2028. À l’inverse, une orbite haute offrirait un test bien plus impitoyable pour le bouclier thermique d’Orion, mimant les conditions de retour d’une mission lunaire.

Artemis 2 Coucher Terre Photo Lune
© NASA

SpaceX ou Blue Origin ?

Dans cette optique, SpaceX et Blue Origin, les deux colosses du secteur privé sélectionnés pour atterrir sur la Lune, sont engagés dans une course contre la montre sans précédent. Car leurs prototypes ne sont pas encore certifiés en véhicules pour le vol habité. Le défi est colossal : il ne s’agit plus seulement de faire voler des fusées, mais de garantir que le futur système d’alunissage et la capsule Orion puissent se connecter. Cela implique une gestion thermique commune et une pressurisation des cabines identique, des détails techniques qui, s’ils sont mal maîtrisés, pourraient clouer la mission au sol.

Si Elon Musk semble avoir une longueur d’avance avec le Starship V3, dont le onzième vol d’essai a marqué les esprits, il doit encore prouver qu’elle peut ravitailler ses réservoirs directement dans l’espace, une étape indispensable pour atteindre la Lune. De son côté, Jeff Bezos mise sur le Blue Moon, dont une version réduite doit tenter de se poser sur la surface lunaire dès cette année. Pour l’administrateur, la réponse viendra de la cadence de tir des partenaires privés : plus SpaceX et Blue Origin prouveront leur capacité à lancer souvent, plus la NASA aura de flexibilité pour peaufiner ce plan de bataille.

Mais ce n’est pas tout. Une autre pièce maîtresse du puzzle doit faire ses preuves : le scaphandre. Après le retrait de ses concurrents, la société Axiom Space se retrouve seule en lice pour habiller les futurs marcheurs lunaires. Isaacman souhaite d’ailleurs bousculer le programme en testant l’une de ces combinaisons de nouvelle génération dès Artemis III, en pleine apesanteur.

Starship Lune
© SpaceX

Les leçons d’Artemis 2

Avant de songer à s’amarrer en orbite, la NASA doit aussi peaufiner Orion. Malgré le succès éclatant d’Artemis 2, la capsule a montré quelques signes de faiblesse qui pourraient devenir critiques lors de missions prolongées. Le point le plus sensible concerne le système de propulsion du module de service, où une fuite d’hélium a été détectée. Si le débit est resté « acceptable » pour un simple tour de la Lune, il est jugé éliminatoire pour un séjour prolongé en orbite lunaire. Une refonte profonde des valves est déjà sur le bureau des ingénieurs pour garantir l’étanchéité totale du système avant 2028.

Les astronautes d’Artemis 2 ont aussi dû composer avec des dysfonctionnements du système de gestion des déchets, c’est-à-dire les toilettes du vaisseau, ainsi que des alarmes mineures sur le circuit de survie. Des détails qui doivent, évidemment, être réglés.

Enfin, le bouclier thermique d’Orion reste sous haute surveillance. Lors de la cruciale rentrée atmosphérique à 40 000 kilomètres par heure, le comportement de la protection a été scrupuleusement analysé. La NASA prévoit d’utiliser un revêtement légèrement différent, plus perméable, sur les prochains exemplaires afin d’optimiser la dissipation de la chaleur.

Sls Nasa
© NASA

Cap sur 2028

Si Artemis 3 fait office de répétition générale, l’objectif final reste inchangé : poser à nouveau le pied sur la Lune dès 2028 lors de la mission Artemis 4. Cette fois, pour y rester. Dans cette optique, la NASA a jeté son dévolu sur le pôle Sud lunaire, une région stratégique où l’on trouve de la glace d’eau en abondance. Cette ressource est vitale, car une fois extraite et transformée, elle pourra fournir de l’oxygène et, surtout, du carburant pour les vaisseaux.

Dès lors, la Lune devrait se transformer en chantier permanent, avec la construction d’une base estimée entre 20 et 30 milliards de dollars. Un effort qui sera facilité par des atterrisseurs privés et inhabités, chargés d’acheminer des tonnes de matériel sur le satellite avant même l’arrivée des rotations régulières d’équipages.

Reste à voir si l’agence spatiale américaine saura embarquer l’humanité entière dans cette immense aventure, comme ce fut le cas lors d’Artemis 2. Car à terme, c’est bel et bien Mars qui est en ligne de mire.

  • La mission Artemis 3 ne se posera pas sur la Lune mais restera en orbite terrestre pour tester l’amarrage entre la capsule Orion et les futurs alunisseurs de SpaceX et Blue Origin.
  • Malgré le succès d’Artemis 2, la NASA doit impérativement corriger des fuites d’hélium sur le vaisseau Orion et valider les nouveaux scaphandres d’Axiom Space avant toute tentative d’alunissage.
  • Le véritable retour sur le sol lunaire est fixé à 2028 au pôle Sud, avec pour ambition finale la création d’une base permanente habitée d’ici le début de la prochaine décennie.

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