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Blue Origin veut régler son problème avec la NASA devant les tribunaux

La NASA va encore devoir faire face à Blue Origin. Le projet Blue Moon n’a pas été retenu par la NASA, et ça, Jeff Bezos ne l’accepte pas.

L’entreprise spatiale de Jeff Bezos, Blue Origin vient de déposer une plainte contre l’agence spatiale américaine, une suite logique des évènements, alors que Blue Moon, le projet d’atterrisseur lunaire de l’entreprise a été rejeté par la NASA il y a déjà quelques semaines.

La genèse de cette histoire commence il y a quelques années, alors que le programme Artemis n’est qu’à son commencement. Face au calendrier très serré que lui impose la Maison-Blanche, avec un retour sur la Lune prévu pour 2024, la NASA décide, afin de limiter les coûts, de rentrer en contact étroit avec des entreprises privées, et l’agence américaine leur confie ainsi une partie du travail.

Un atterrisseur lunaire privé

Dans les tâches que décide de déléguer l’agence américaine, la NASA fait l’impasse sur le développement de l’atterrisseur lunaire, le module qui doit permettre de se poser à la surface de notre satellite et d’en repartir quelques jours plus tard. Ce point essentiel de la mission sera l’œuvre des entreprises spatiales privées américaines. À l’annonce de cette opportunité en or, de nombreuses firmes se ruent sur l’occasion et présentent leur projet à la NASA, finalement 3 idées se distinguent rapidement de la masse, et la NASA annonce qu’elle en sélectionnera deux pour un financement plus approfondi. De quoi permettre à ces entreprises de développer leur projet sans pertes.

Parmi les trois projets retenus, l’on retrouve deux grands noms du spatial privé ; SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk déjà connue pour ses fusées réutilisables et qui travaille déjà avec la NASA pour de nombreuses autres missions, puis il y a Blue Origin, elle aussi propriété d’un multimilliardaire, qui, bien que cette dernière semble légèrement en retard technologiquement par rapport à SpaceX, est sur la pente ascendante. Ces deux projets sont pressentis pour être ceux sélectionnés par la NASA lors du rendu de son verdict en mai dernier. Dynetics, la troisième entreprise en compétition, n’a que peu d’espoir de recevoir des financements de la NASA.

Un seul élu

Mais à quelques jours de la fin de l’appel d’offres, la NASA change ses plans. Ce ne sera plus 2, mais un seul projet qui sera financé ; la raison ? L’agence américaine n’a pas le budget pour financer un second projet. Ce premier coup de tonnerre va mettre une pression énorme sur Elon Musk et Jeff Bezos, les deux hommes ayant impliqué beaucoup de ressources de leur entreprise dans cette aventure.

Finalement, c’est SpaceX, et son projet Starship, qui remporte la compétition. Un soulagement pour Musk, un coup de poignard dans le dos pour Bezos qui conteste immédiatement la décision de la NASA. Mais le mal est fait, l’agence américaine a fait son choix et difficile de la faire revenir en arrière. Alors Bezos va décider de faire jouer ses relations politiques, il arrive à faire suspendre la décision de la NASA, cette dernière doit être validée par le GAO, l’office en charge de la gestion des financements publics aux États-Unis. Là encore, des semaines passent, et début août le verdict tombe. SpaceX sera bel et bien l’entreprise à l’origine de l’atterrisseur du programme Artemis, la décision est confirmée.

Nouveau coup dur pour Bezos, qui vient donc de répliquer, en attaquant tout simplement en justice la NASA. Selon Blue Origin cette plainte sert à « remédier aux défauts du processus d’acquisition » de la NASA et elle doit permettre de « créer une concurrence et garantir un retour en toute sécurité sur la lune pour l’Amérique. »

Bezos grand perdant du HLS

Pour le moment Jeff Bezos a perdu des millions de dollars dans le développement de son HLS (Human Landing Service)  et la NASA refuse simplement de travailler avec lui. Il a beau proposer des ponts d’or pour faire changer cette décision rien n’y fait, l’agence américaine ne veut pas de Blue Origin, et se concentre sur sa mission avec SpaceX. Pour certains, cet acharnement de Jeff Bezos démontre la fragilité du projet Blue Origin, et son besoin absolu des financements de la NASA. Dans un tweet, Elon Musk a rappelé au monde que si le projet Blue Moon n’avait pas été sélectionné, c’était avant tout pour des questions techniques, partageant au passage une photo d’un prototype de Blue Moon cassé.

Pour d’autres, comme Jeff Bezos, cette histoire est un scandale d’état. Si le mot corruption n’a jamais été employé par le patron d’Amazon, le favoritisme dont faire preuve la NASA n’est en aucun cas légal, et l’agence américaine doit stopper cela au plus vite.

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