C’est une situation qu’on ne voit pas tous les jours : British Airways a tenté d’imposer à ses employés de bord des consignes pour le moins cocasses, allant jusqu’à restreindre leur droit de boire un simple café en public. Face à la colère des syndicats de pilotes et de personnel navigant, la compagnie a finalement fait machine arrière.
Protéger l’image de la compagnie, selon la direction
Depuis la pandémie, de nombreuses compagnies aériennes cherchent à rétablir une image stricte et professionnelle, mise à mal par l’afflux de nouveaux recrutements et les conditions de travail bouleversées.
C’est pourquoi début septembre, la compagnie britannique a publié de nouvelles règles de conduite et d’apparence, censées « renforcer ses standards ». Dans ce cadre, il était demandé aux équipages de ne plus consommer ni café, ni thé, ni sodas, ni encas en public, sauf à l’abri des regards, dans des salles réservées ou des cafétérias du personnel. Seule l’eau restait autorisée, mais « discrètement », précisait la note interne. Une exigence qui a immédiatement fait bondir les syndicats, jugeant la mesure « irréaliste » pour des équipages travaillant parfois plus de 12 heures d’affilée.
« Nous sommes censés donner une image professionnelle, pas nous cacher pour boire une gorgée d’eau après dix heures de service », résume un pilote. Ceci est d’autant plus contraignant que dans les aéroports, il est fréquent que les équipages n’aient pas accès aux salles de repos une fois les contrôles passés. Boire un café au terminal ou grignoter en salle d’embarquement s’imposent donc comme des gestes habituels.
Autre point de crispation : la question de l’uniforme. La direction voulait interdire aux employés de le porter lorsqu’ils se déplacent pour rejoindre leur base ou quand ils voyagent comme passagers pour rejoindre un vol à assurer. Le tout afin de protéger l’image de marque. « Nous n’avons pas toujours de vestiaires à disposition. Se changer entre deux vols, parfois en dix minutes, c’est tout simplement impossible », a protesté une hôtesse.

Pression syndicale
British Airways a finalement reculé, alors que le scandale a enflé dans la presse britannique. Dans un mémo adressé à ses employés, la compagnie a précisé que la consommation de nourriture et de boissons n’était « pas interdite », reconnaissant que la communication initiale avait donné « l’impression d’un bannissement ».
Désormais, les équipages peuvent s’installer dans un café ou en salle d’embarquement durant leurs pauses, même si manger ou boire « en marchant dans les terminaux » reste déconseillé. Concernant l’uniforme, l’interdiction est suspendue en attendant un compromis avec les syndicats.
Cette affaire illustre un dilemme récurrent pour les compagnies aériennes, qui doivent maintenir une image irréprochable tout en tenant compte des réalités du métier.
- British Airways a voulu interdire à ses équipages de boire un café ou de porter l’uniforme en dehors des vols.
- Les syndicats ont dénoncé des règles irréalistes pour des salariés travaillant parfois plus de 12 heures.
- Face au tollé, la compagnie a fait marche arrière.
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