Malgré l’impératif de la transition énergétique, une barrière empêche encore de nombreux automobilistes de passer à une voiture électrique. On veut bien sûr parler du prix de ce type de véhicules, qui reste le plus souvent nettement plus cher à l’achat que les équivalents thermiques.
Surtout dans des pays comme les États-Unis, où les subventions pour en faciliter l’achat sont souvent moins intéressantes qu’en Europe. Or, l’achat d’une voiture dépend pour beaucoup du coût de l’argent – ce qui pose problème alors que les taux directeurs des banques centrales remontent autour de 5 % des deux côtés de l’Atlantique.
Les constructeurs n’ont d’autre choix que de baisser les prix
Dans un éditorial, Le Monde rapporte que les constructeurs de voitures électriques, faisant face à une baisse mécanique de la demande, n’ont d’autre choix que d’accélérer la baisse des prix. Quitte à consentir à des sacrifices importants. Le journal cite une étude HSBC qui révèle, entre autres, que BMW consent à des baisses de prix de 20% en Allemagne, sur le modèle i4.
Dans les marques françaises, Peugeot baisse également significativement le prix de la e-208 en France et au Royaume-Uni. On trouve aussi des baisses de prix majeures sur des voitures étrangères. C’est le cas de la Hyundai Ioniq 5 qui voit son prix chuter de 9 400 dollars aux États-Unis ou encore de celui de la Ford Mustang Mach-E qui a vu son prix baisser d’un coup de 11 200 euros en France.
Bien sûr, tout cela ressemble à une ambiance de pré-crise dans laquelle les constructeurs cherchent tant bien que mal à sauver les meubles. Plusieurs économistes tirent depuis quelque temps la sonnette d’alarme autour d’un risque d’éclatement de bulle immobilière et d’une explosion de défauts sur le crédit.
Mais il y a aussi le fait que les divers dispositifs mis en place pour favoriser l’achat de voitures électriques, comme le programme “voiture à 100 euros” en France, ne semblent pas à même de suffire à changer la donne.
Cette aide sera en effet réservée aux 5 premiers déciles du revenu fiscal de référence, dans une tranche de revenus modestes (on parle d’un revenu fiscal de référence inférieur à 14 400 euros pour une personne seule) qui laisse peu de place à ce genre d’achats, même en LOA.
Dès lors, a priori, des baisses de prix devraient continuer à être proposées par les constructeurs, surtout si en 2024, comme le pressentent des économistes depuis plusieurs mois, la crise s’installe.
L’état du marché immobilier, en particulier, qui entre dans une phase de dépression et la remontée des taux directeurs du côté de la Fed américaine et de la BCE en Europe, sont des signes avant-coureurs que nous sommes en train de nous diriger, a minima, vers une impasse ; avec au cœur de celle-ci les crédits octroyés par les banques.
Reste à savoir dans quelle mesure cela impactera la transition vers les voitures électriques, dans un contexte de plus en plus inquiétant pour l’atteinte des objectifs climatiques fixés par les accords de Paris.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.