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Cancer : une biotech française réalise une extraordinaire levée de fonds

ImCheck Therapeutics, basée à Marseille, lève 96 millions d’euros.

Daniel Olive, docteur en médecine et dirigeant de l’équipe immunité et cancer au centre de recherche de cancérologie de Marseille, peut se féliciter de sa biotech. ImCheck Therapeutics, qu’il lançait en 2015, est une startup en forte croissance, poussée par un produit en voie d’être testé prochainement sur l’Homme et par des investisseurs en capital-risque très friands.

ImCheck Therapeutics s’envole

Ce lundi, ImCheck Therapeutics a annoncé une levée de fonds de 96 millions d’euros, sa troisième en cinq ans. L’écosystème des biotech françaises n’est pas habitué à recevoir autant de capitaux et rares sont les startups en dehors des États-Unis à pouvoir communiquer de tels chiffres. D’autant plus en 2022, alors que le marché est morose.

“Cela montre que l’Europe fait des progrès dans le financement des biotech. Le secteur a trop longtemps souffert d’un manque de capitaux. Or, vous ne pouvez pas mener des essais cliniques et développer des produits de façon robuste avec des bouts de ficelle”, commentait l’un des investisseurs (Andera Partners). À Marseille, l’un des plus gros centres européens en cancérologie est né et ImCheck Therapeutics fait partie de ces jeunes pousses à être devenues des locomotives.

Dans la liste des nouveaux actionnaires de la startup, on retrouve donc la société d’investissement parisienne Andera Partners mais également Bpifrance, Earlybird et Pfizer Ventures. Tous sont motivés par la même chose : d’ici peu, ImCheck Therapeutics lancera un essai clinique sur l’Homme (phase intermédiaire).

Anticorps monoclonaux, c’est quoi ?

À l’étude, des anticorps “monoclonaux” (anticorps fabriqués en laboratoires) agissant sur les mécanismes de l’immunité du corps humain pour le traitement de certaines pathologies, dont les cancers et les maladies auto-immunes. Spécifiquement, ImCheck Therapeutics travaille sur le domaine des lymphocytes T Gamma-delta. Peu d’acteurs concurrents ont poussé leurs recherches dessus, ce qui explique l’intérêt en capital-risque.

“Les lymphocytes T Gamma-delta font partie de l’immunité innée et acquise, elles vont à la fois repérer et tuer les cellules cancéreuses, et en plus recruter les autres cellules du système immunitaire”, tentait d’expliquer simplement le président de la biotech, Pierre d’Epenoux, à l’AFP. Mais les fonds levés permettront aussi d’aider à démarrer les essais cliniques d’autres anticorps, pour d’autres pathologies tel qu’en immuno-oncologie et dans les maladies infectieuses.

Les biotech françaises

Début mars 2022, une autre biotech, cette fois-ci dans le berceau lyonnais, tirait son épingle du jeu. Il s’agissait de Netri, une startup déjà réputée comme “la plus avancée mondialement dans le domaine du cerveau” sur la création “d’organes sur puce”. La jeune pousse levait 8 millions d’euros, aidée notamment par la société cotée en Bourse Néovacs à hauteur de 2 millions d’euros.

“Face à l’augmentation des troubles neurologiques, telles que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, etc. qui touchent déjà plus de 7 millions de personnes en Europe, nous avons besoin d’approches de ruptures comme celle développée par Netri” déclarait ce matin le PDG de Néovacs dans un communiqué.

Mais dans l’actualité récente des biotech françaises, on note aussi le tour de table de Diabeloop, à hauteur de 70 millions d’euros, pour son système de traitement du diabète. Née à Grenoble, la pépite développe une technologie de gestion du diabète à l’intelligence artificielle. Son logiciel est compatible avec plusieurs glucomètres et pompes à insuline, pour libérer les personnes vivants avec un diabète en leur permettant de gérer automatiquement leur plage d’insuline en fonction de leurs repas, de leur activité physique et de leur sommeil.

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