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Ce bouton dans les avions pose problème : les passagers ne le comprennent pas et forcent dessus au point que les compagnies doivent régulièrement le remplacer

Un ingénieur aéronautique spécialisé dans la maintenance des appareils a expliqué comment un bouton présent dans les cabines du Boeing 787 était devenu une plaie et nécessitait de nombreuses réparations à cause de la confusion créée pour les clients. On vous explique.

Le Boeing 787 est un avion long-courrier présent dans le ciel et le tarmac des aéroports depuis 2011, avant que des versions plus modernes n’arrivent en 2014 et en 2018 (787-9, 787-10). En Europe, les voyageurs le connaissent plutôt bien puisque le concurrent de l’Airbus A350 évolue chez de nombreuses compagnies dont Air France (10 appareils).

À bord, un élément permet de reconnaître tout de suite la cabine d’un Boeing 787 : en dessous du hublot, un bouton circulaire intégrant deux poussoirs est marqué d’une partie gris foncé et d’une autre gris clair, avec des petits voyants lumineux graduels sur le côté gauche. Ce dernier est disponible pour chaque fenêtre, et remplace le fameux cache-hublot, celui que les hôtesses de l’air et les stewards demandent de remonter pour le roulage, le décollage et l’atterrissage.

Plutôt que de couvrir le hublot, le système présent à bord du Boeing 787 opacifie la vision par un vitrage électrochrome. Par une charge électrique, un gel réagit et voit sa structure atomique changer, au point de filtrer presque intégralement la lumière, même en plein jour. Une fois la vitre opacifiée, on arrive encore à distinguer quelques détails de la vue mais l’illusion est totale : le paysage semble être plongé dans l’obscurité. Récemment, le Youtubeur GMK s’est fait avoir par le système.

Un bouton qui coûte cher et qui doit fréquemment être réparé

Pour contrôler le niveau d’opacité, le bouton situé sous le hublot permet de régler la tension électrique sous cinq positions, du plus transparent au plus sombre. Malheureusement, selon l’ingénieur en aéronautique chargé de la maintenance des appareils Fahad Naim, ces boutons de commande doivent être régulièrement changés. La faute à un usage abusif, qui fatigue le système plus rapidement que prévu. Plusieurs explications à cela.

Sur X, l’ingénieur écrivait : « nous remplaçons souvent ces boutons-poussoirs électriques à graduation pour fenêtres sur le B787. Ils contrôlent les fenêtres électrochromiques… vous appuyez pour assombrir la teinte du verre, mais le changement est lent. Beaucoup de passagers continuent d’appuyer parce qu’ils pensent que ça ne fonctionne pas. Cela use le bouton rapidement. Les pièces de rechange ne sont pas bon marché ».

En réaction à ce post, le fondateur et patron de la société Boom Supersonic, Blake Scholl, a qualifié ce bouton d’un « problème évident depuis deux décennies ». Il a ajouté que « la gamme de produits de Boeing  est figée, et les progrès y sont extrêmement lents ». Lui et son entreprise ambitionnent de lancer le « remplaçant du Concorde » pour rétablir les vols supersoniques chez les compagnies aériennes.

Selon l’homme, le principal problème est donc la réactivité du changement d’opacité. Mais dans les commentaires, un internaute soulignait à juste titre que l’usage abusif des voyageurs s’expliquait aussi par le verrouillage complet du système par le chef de cabine, sur des moments clés : en altitude de croisière, quand l’équipage veut simuler la nuit pour que les voyageurs puissent se mettre sur le bon fuseau horaire, ou à l’atterrissage, pour que les vitres restent totalement transparentes et que la visibilité sur l’extérieur soit totale.

Une technologie très utile inaugurée sur Boeing 787

En effet, contrairement à des cache-hublots traditionnels, le vitrage électrochrome dans le Boeing 787 a l’intérêt de pouvoir être contrôlé à distance. Mais comme les voyageurs ne sont pas habitués et qu’ils souhaiteraient pouvoir continuer à l’utiliser pendant toute la durée du vol en fonction de leurs envies, l’utilisation des boutons de commandes devient disproportionnée. Au décollage et à l’atterrissage, il est obligatoire de ne pas gêner la visibilité par les hublots pour une question de sécurité : dans le monde de l’aviation, on part du principe que les passagers peuvent alerter rapidement en cas d’incident sur les moteurs ou sur les ailes.

À ce jour, seul le Boeing 787 possède cette technologie pour les hublots. Cela explique aussi l’usure prématurée des boutons : la plupart des voyageurs qui montent à bord pour la première fois dans l’avion découvrent le système et veulent le tester.

Pour éviter les appuis trop forts et prolongés des voyageurs, il sera intéressant de voir si les équipes de Boeing finissent par remplacer le bouton actuel par une commande plus robuste ou un système plus réactif. Comme pour le reste des équipements à bord de la cabine, il en revient aux compagnies aériennes qui ont acheté ou loué ces avions de réaliser leur maintenance et couvrir leurs frais de réparation.

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