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La fin du duopole Airbus-Boeing ? La Chine franchit une étape historique avec son C919

La Chine franchit un nouveau cap vers son indépendance aéronautique avec le premier vol commercial international de son C919. Un symbole fort face au duopole Airbus-Boeing, même si le chemin reste encore semé d’embûches.

Il s’agit très probablement de l’un des projets industriels les plus ambitieux de Pékin. Le Comac C919, développé par l’avionneur public chinois, est un monocouloir capable de transporter entre 140 et 174 passagers. Et son objectif est clair : il entend rivaliser frontalement avec les deux géants qui règnent en maître sur le secteur aéronautique mondial : Airbus et Boeing.

Le C919 doit venir jouer dans la même cour que les best-sellers de ces derniers, l’A320 et le 737 MAX. L’enjeu va clairement au-delà du commercial, puisqu’il est aussi question de pour la Chine d’asseoir sa souveraineté technologique et mettre en avant sa sécurité nationale. Car disposer de son propre appareil réduirait de facto sa dépendance aux puissances occidentales. Et son projet progresse, doucement mais sûrement.

Un premier vol international très symbolique

Après plus d’un an d’exploitation sur les lignes intérieurs chinoises, un C919 de la compagnie Air China a décollé depuis Pékin ce 12 août, en direction d’Oulan-Bator, capitale de la Mongolie. Accueilli sur le tarmac par un traditionnel salut de canons à eau, ce trajet de deux heures était le tout premier vol commercial régulier de l’avion en dehors des frontières de l’Empire du Milieu.

Désormais quotidienne, cette liaison constitue évidemment une vitrine précieuse pour le constructeur. Mais il s’agit, malgré tout, d’une route relativement courte vers un pays voisin, permettant surtout d’accumuler de l’expérience opérationnelle hors du réseau national. Un signal fort donc, qui témoigne des ambitions d’exportation du C919.

Des freins majeurs subsistent

Mais le chemin reste encore long car dans les faits, il dépend encore largement de l’Occident. Ses composants clés, à commencer par des moteurs fournis par le groupe franco-américain CFM International (Safran / GE Aerospace), sont importés. De quoi fragiliser son autonomie face aux tensions géopolitiques.

Par ailleurs, l’avion n’a toujours pas reçu le feu vert des régulateurs européens et américains, indispensables pour s’imposer les grands grands marchés internationaux. Et ce n’est pas tout, puisque sa montée en puissance industrielle s’avère complexe. Avec seulement quelques dizaines d’appareils livrés à ce jour, Comac accumule un retard important sur ses objectifs de production.

L’avionneur doit absolument stabiliser sa chaîne d’approvisionnement et accélérer la cadence pour espérer un jour transformer l’essai à l’échelle mondiale.

  • Le C919 de l’avionneur chinois Comac a effectué son premier vol commercial international entre Pékin et la Mongolie.
  • Ce monocouloir moyen-courrier est conçu pour briser le duopole mondial d’Airbus (A320neo) et de Boeing (737 MAX).
  • L’appareil reste très dépendant de moteurs occidentaux, souffre d’une production lente et manque encore de certifications internationales.

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