Dès juin 2026, la transparence salariale deviendra une obligation légale. Chaque salarié en France pourra demander à connaître le salaire moyen des personnes occupant le même poste. Un outil redoutablement efficace pour ceux qui envisagent de négocier une augmentation… Et un vrai tournant culturel dans le monde du travail.
Une loi européenne pour rééquilibrer les salaires
Cette mesure découle d’une directive européenne votée en 2023 et que la France doit appliquer à partir de l’an prochain. L’objectif, entre autres, est de faire respecter le principe d’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Car selon l’Insee, l’écart de rémunération dans le privé demeure de 15 % en faveur des hommes.
Concrètement, la loi obligera les entreprises à divulguer le salaire moyen pour chaque poste comparable, hommes et femmes séparément. Et cette transparence devra commencer dès l’embauche : les candidats devront être informés du salaire ou de la fourchette de rémunération avant même l’entretien. En parallèle, il sera interdit de demander le salaire précédent d’un candidat, pour éviter de reproduire les inégalités existantes.
Comme le précise la directive, « les travailleurs devraient avoir le droit d’obtenir, à leur demande, des informations sur leur niveau de rémunération individuel et sur les niveaux moyens de rémunération, ventilées par sexe, pour la catégorie de travailleurs accomplissant le même travail ou un travail de même valeur ».

Transparence totale : entre malaise et équité
Une législation qui ne fait pas que des heureux. Certains redoutent un climat de jalousie ou de gêne au sein des équipes. « Je peux comprendre les gens qui n’ont pas envie de donner leur salaire, parce que c’est vrai que si l’on a un salaire un peu faible, cela peut être un peu honteux. Et si l’on a un salaire un peu trop élevé, on peut se sentir mal aussi par rapport aux gens qui ont un salaire plus faible », a expliqué une passante interrogée par France Info.
Mais certaines entreprises ont déjà sauté le pas, et s’en félicitent. C’est le cas de Lucca, société française de logiciels RH, où les 800 salaires sont visibles par tous. « Cette transparence permet d’éviter qu’il y ait des injustices entre collègues au même niveau de poste », explique un employé. Selon son PDG, les salaires y augmentent plus vite, surtout pour les employés les moins bien payés.
En théorie, la directive doit aussi permettre aux femmes de repérer et contester plus facilement les inégalités de rémunération, sans devoir passer par des démarches complexes.
- Dès juin 2026, chaque salarié pourra demander à connaître le salaire moyen de ses collègues exerçant le même poste.
- Cette transparence, imposée par une directive européenne, vise à réduire les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.
- Si certains redoutent des tensions internes, d’autres y voient une étape décisive vers plus d’équité et de confiance au travail.
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