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Ces robots tueurs menacent l’humanité : l’alerte de cette chercheuse de Harvard

Un avertissement à prendre très au sérieux.

Les progrès de l’intelligence artificielle font naitre un nouveau danger dans le champ militaire. Les systèmes d’armes autonomes, aussi appelés robots tueurs, ont en effet déjà été utilisés sur certains champs de bataille. C’est notamment le cas en Lybie ou lors du récent affrontement entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabagh.

Concrètement, il s’agit de systèmes d’armes capables de tirer sans qu’un humain n’intervienne. Bonnie Docherty, professeur de droit à Harvard et spécialiste de ce sujet, a justement pris la parole dans la Gazette de la prestigieuse université.

Une régulation indispensable

Elle estime que ces nouveaux robots posent de vraies questions éthiques. Ainsi, la partialité algorithmique pourrait déboucher sur une discrimination à l’égard de certains profils sur le champ de bataille, selon l’aspect des personnes. La machine va réduire sa décision à un ensemble de chiffres ou de données sans la moindre humanité, et rien n’indique qu’elle ne pourrait pas dépasser les bornes dans certains cas.

Sur le plan juridique, la chercheuse estime que ces systèmes ne peuvent pas faire la différence entre les militaires et les civils, un des principaux fondements du droit de la guerre. Elle ne mettrait ainsi pas suffisamment en balance les risques lorsqu’elle prendra une décision.

Autre question soulevée : qui sera responsable en cas de débordement d’un robot tueur ? Certainement pas l’IA, mais pas non plus l’opérateur qui supervise à distance l’appareil puisqu’il n’aura pas directement donné d’ordre.

Face à ce danger de plus en plus prégnant, l’ONU tente de réagir. En novembre 2023, la première commission sur le désarmement et la sécurité internationale de l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution demandant au secrétaire général de recueillir les opinions des États et des citoyens à ce sujet.

Si une interdiction totale de ces nouvelles armes est envisagée, cela sera très difficile à obtenir. En effet, certains pays comme la Russie sont opposés à cette idée, tout comme les États-Unis et le Royaume-Uni qui proposent des résolutions non contraignantes afin de se laisser la possibilité d’utiliser ces systèmes.

Bonnie Docherty ne se prive d’ailleurs pas de critiquer l’attitude de l’Oncle Sam :

Nous pensons qu’ils ne répondent pas à ce que devrait être une solution. Nous pensons que nous avons besoin de règles juridiquement contraignantes qui soient beaucoup plus strictes que ce que propose le gouvernement américain et qu’elles doivent inclure des interdictions de certains types de systèmes d’armes autonomes, et qu’elles doivent être des obligations et non de simples recommandations.

Seul l’avenir nous dira si le signal d’alarme envoyé par ces experts a été entendu.

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1 commentaire
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  1. Le problème des drones et autres robots, qu’ils soient autonomes ou partiellement dotés d’IA, c’est que les comités d’éthique sont exclusivement composés des personnalités choisies par les gouvernances de leur production. Tant que le peuple ne sera pas associé aux comités d’éthique, les “pouvoirs” feront ce qu’ils voudront, sans aucun contrôle.

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