Après les différentes affaires qui ont miné l’image de Shein en France, la plateforme fait désormais face à une action judiciaire inédite en France. L’ensemble des grandes organisations commerciales tricolores passe à l’action. Faisons le point.
Comme l’indique Le Parisien, douze fédérations professionnelles (mode, puériculture, jouet, grande distribution, textile, bijouterie-horlogerie, 63 entreprises, et plus d’une centaine de marques ont en effet décidé de poursuivre l’enseigne asiatique pour concurrence déloyale.
“Des pratiques manifestement illégales”
Cité par nos confrères, Bernard Cherqui, président de l’Alliance du commerce et directeur général du groupe Mondial Tissus, ne décolère pas :
Depuis cinq ans, nous constatons une progression fulgurante des plateformes extra-européennes telles que Shein, Temu ou AliExpress, et nous avons observé des pratiques manifestement illégales, telles que les publicités trompeuses, des défauts de conformité, des contrefaçons et des manquements graves à la protection des données personnelles.
Mis en cause, Shein a réagi par l’intermédiaire d’un porte-parole. La compagnie estime que « cette accusation est infondée » et regrette que « ces acteurs privilégient la confrontation judiciaire plutôt qu’un dialogue constructif ».
Et ce dernier de conclure : « Cette initiative s’apparente davantage à une tentative de boycott qu’à une démarche juridique sérieuse ». Selon lui, cette action contrevient à « l’esprit du droit français et européen de la concurrence, dont la vocation est de protéger l’innovation et d’assurer le libre choix des consommateurs. »
Dans ce combat, les plaignants bénéficient en tout cas du soutien du gouvernement. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a ainsi estimé dans un communiqué que cette action est une « très bonne nouvelle. Elle prouve que la filière ne se laissera plus faire ».
Le parlement s’intéresse également à cette société. Alors que le service a refusé de se rendre à une mission d’information organisée le mardi 18 novembre à l’Assemblée nationale, il est de nouveau convoqué le 26 novembre devant la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire.
Pour sa défense, Shein expliquait dans un communiqué relayé par Libération : « L’entreprise étant actuellement impliquée dans plusieurs procédures en cours, notamment judiciaires, il ne serait pas approprié de participer aux auditions de la mission parlementaire pour le moment ». La plateforme se dit toutefois « pleinement disposée à reprendre les échanges dès que ces éléments auront été suffisamment clarifiés ».
Ce qu’il faut retenir :
- Les plus grandes organisations de commerçants français ont décidé de poursuivre Shein pour concurrence déloyale
- Le gouvernement s’est félicité de cette démarche et les soutient publiquement
- Les députés ont aussi décidé de convoquer la compagnie en vue de lui poser des questions
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