Vous ne connaissez peut-être pas ShockedIO, un site internet communautaire qui traque les erreurs de prix des magasins, mais ses utilisateurs ne pourraient plus s’en passer tant les bonnes affaires sont légion.
Fortune liste ainsi, par exemple, une PlayStation 5 proposée à 50 dollars (autour de 40 euros), ou des ordinateurs à 50 dollars ou gratuits. Pour ce faire, le fondateur du portail, âgé de 24 ans et surnommé JS, lance une armée de bots qui scrutent à longueur de journée, des milliers de sites d’e-commerce à la recherche de la perle rare.
Une alerte est dès lors envoyée aux internautes en fonction de leurs paramètres. Ces clients sont d’ailleurs parfois des scalpers, ces individus qui achètent à petit prix et revendent ensuite pour dégager une grosse plus value.
Cité par nos confrères, JS a expliqué qu’il faisait partie d’un groupe de revendeurs de chaussures. Avec un associé développeur, ils se sont dit qu’ils pouvaient créer leur propre réseau :
Nous avions le sentiment de pouvoir le faire nous-mêmes. Au départ, il s’agissait simplement d’un serveur gratuit. Mais à mesure que nous nous développions, nous avons adopté un modèle par abonnement, débutant aux alentours de 25 dollars par mois.
Est-ce légal en France ?
Il faut désormais compter près de 100 dollars par mois pour bénéficier, avant tout le monde, de ces prix défiant toute concurrence. De quoi générer 4,5 millions de dollars de revenus à la société et à son créateur anonyme en l’espace de six ans. Au fil des ans, la compagnie a recruté des développeurs pour lui permettre d’affiner ses outils de surveillance du web.
Reste que ce business flirte avec les limites légales et réglementaires, d’où la discrétion de son patron. Par exemple, les conditions d’utilisation de Walmart, le géant de la grande distribution américain, précisent que « les utilisateurs ne peuvent pas recourir à des applications pour « scraper » (extraire) ou « miner » des données du site afin d’entraîner une intelligence artificielle, mais elles ne mentionnent pas la surveillance du site à des fins d’achat. »
Restant confiant, l’entrepreneur affirme que cette activité est totalement légale, notamment du fait que la législation de plusieurs États américains autorise les consommateurs à revendre des produits de détail.
Concernant la France, le scraping de prix n’est pas illégal en soi, mais viole souvent les conditions d’utilisation des sites marchands, et expose ceux qui s’y prêtent à des poursuites civiles. Côté consommateur, une erreur de prix manifeste permet au vendeur d’annuler la vente. Quant à la revente, elle reste légale hors billetterie de spectacles.
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