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ChatGPT : l’arrivée des contenus pour adultes dans les discussions est imminente

OpenAI vous évitera ainsi de commencer certains de vos échanges par : « C’est pour un ami… ». Une nouveauté qui ne manquera pas de séduire quelques millions d’utilisateurs.

Cela devait bien arriver un jour et ce n’est une surprise pour personne, notamment pour les journalistes de The Information, qui sont à l’origine de cette nouvelle. Dès le mois de décembre, il sera possible d’accéder à des contenus pour adultes dans ChatGPT après avoir montré patte blanche en faisant vérifier son âge. Cette levée des restrictions était déjà dans les tuyaux, Sam Altman l’avait laissé entendre au mois d’octobre, même si cela n’avait pas bien plu à Microsoft, son investisseur principal.

OpenAI a bien compris que, malgré tous les efforts qu’elle déploie pour modérer les contenus produits par son chatbot, beaucoup d’utilisateurs passent à travers les mailles du filet. Pire, certains vont voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, en se tournant vers d’autres modèles, plus permissifs. L’entreprise semble également avoir admis qu’elle ne pouvait plus s’ériger éternellement en gardienne de la vertu, alors qu’un écosystème entier de chatbots débridés fleurit autour d’elle.

Le NFSW : un marché à conquérir

Cette ouverture répond donc d’abord à une réalité économique assez froide : le contenu adulte représente un marché colossal, que l’entreprise ne peut plus laisser filer vers la concurrence. Aujourd’hui, seuls 35 millions d’utilisateurs paient pour ChatGPT Plus ou Pro, soit 5 % de l’ensemble de la base active.

Pour atteindre les 8,6 % visés en 2030, sur une audience hebdomadaire estimée à 2,6 milliards d’utilisateurs, OpenAI doit impérativement convertir davantage d’adultes, ceux qui délaissent ChatGPT dès qu’une de leur demande est jugée inappropriée par le chatbot. Elle doit donc arrêter de jouer au petit jeu de la vierge effarouchée et accepter que la rétention de beaucoup d’utilisateurs passera par l’acceptation du contenu NFSW (Not Safe For Work, qui comprend, entre autres, le contenu pour adulte).

Comme expliqué précédemment, OpenAI n’a pas spécialement peur du contenu en soi, mais elle craint que ses utilisateurs deviennent des ex-utilisateurs s’ils se sentent infantilisés. Au fond, elle sait pertinemment qu’une conversation à visée sexuelle ne menacera pas sa réputation, ce qui n’est pas le cas d’un chatbot qui joue au moralisateur avec des adultes consentants. Dans un marché très concurrentiel où la moindre alternative se trouve à deux clics de souris, cela peut lui coûter, à long terme, très cher.

Comme il est impossible de traiter un adulte comme un collégien, la séparation des deux publics par un contrôle d’âge permettra de garder les premiers sans compromettre la sécurité des seconds. Une distinction qu’elle a repoussé en imposant une modération automatique comme un filtre unique, mais qui, sans surprise, a fini par se retourner contre elle. C’est le même principe que pour la prohibition que l’on peut appliquer à n’importe quel secteur : la morale imposée d’en haut, à la longue, renforce toujours ceux qui ne s’en embarrassent pas.

Certains y verront sans aucun doute un geste progressiste scandaleux, d’autres un virage libéral assumé, mais en réalité, OpenAI s’aligne avant tout sur les attentes du marché. La « moraline », pour reprendre l’expression de Nietzsche, n’a aucune raison d’exister dans l’économie du numérique : elle peut bien rassurer les investisseurs le temps de quelques mois, mais elle n’est pas gage de rentabilité. Ce ne sont jamais les plateformes les plus vertueuses qui gardent le trône dans ce secteur, seulement celles qui acceptent que la pureté idéologique n’a aucune valeur lorsque les concurrents offrent déjà ce que le public demande.

  • OpenAI va autoriser l’accès aux contenus réservés aux adultes via un contrôle d’âge, après avoir constaté les limites de sa modération actuelle et la fuite d’utilisateurs vers des IA plus permissives.
  • L’entreprise veut capter un segment d’usagers adultes essentiel à sa croissance, puisqu’elle doit augmenter nettement la part d’abonnés payants dans les années à venir.
  • OpenAI corrige le tir pour ne pas se laisser distancer par des acteurs qui répondent déjà à ces usages sans hésiter.

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