C’est une vraie révolution du monde du septième art. En décembre dernier, nous avons en effet appris que les plateformes de streaming telles qu’Amazon Prime, Disney+ ou encore Netflix, seraient tenues de financer la création française. Pour cette dernière, cela représente une contribution d’environ 150 à 200 millions d’euros par an, selon la ministre de la Culture, Roseline Bachelot.
Cette participation était demandée de longue date par les chaînes de télévision françaises telles que TF1, France Télévisions, M6 et Canal+. Elles financent déjà des films et des séries produits en France et attendaient que les plateformes soient soumises à la même réglementation.
Le débat s’annonce tendu entre les chaînes et les plateformes
Si Netflix veut bien financer l’exception culturelle française, elle entend aussi bénéficier des mêmes droits que les autres acteurs de son marché, et notamment du soutien financier du CNC et du crédit d’impôts audiovisuel. Dans un document cité par Les Échos, le service de streaming s’indigne que « cette discrimination relative au financement des œuvres audiovisuelles indépendantes existe alors que les services étrangers acquittent la taxe sur la diffusion en vidéo physique et en ligne de contenus audiovisuels, qui alimente le fonds de soutien du CNC ».
Le débat s’annonce toutefois extrêmement tendu avec les grandes chaînes tricolores. Comme l’expliquent nos confrères, si davantage de productions sont subventionnées, le montant moyen de l’aide baisserait mécaniquement.
Dans cette lutte, les services de streaming bénéficient déjà du soutien d’organisations de producteurs audiovisuels qui ont adressé un courrier au CNC. Ils craignent en effet que sans aide publique, les plateformes « refusent d’appliquer leurs obligations à l’égard de la production indépendante ».
Le CNC ne semble quant à lui pas opposé à la demande de Netflix. Il refuse toutefois que la contribution de Netflix à la création française, effective à partir de juillet prochain, soit conditionnée à l’attribution des aides. Le quotidien économique évoque par ailleurs le point de vue du Conseil supérieur de l’audiovisuel qui estime que le système du CNC a « vocation à être progressivement étendu ».
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