Va-t-on bientôt voler en avion chinois dans le ciel européen ? C’est possible. Depuis novembre, deux pilotes d’essai de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) effectuent des vols de vérification sur le C919 au départ de l’aéroport de Pudong, à Shanghai.
L’appareil testé n’est autre que le monocouloir développé par Commercial Aircraft Corporation of China, plus connue sous le nom de Comac. Des pilotes occidentaux travaillant pour des compagnies chinoises ont également été mobilisés pour participer aux démonstrations et aux échanges techniques.
Une étape décisive pour l’avionneur chinois. Le C919 est conçu pour s’attaquer directement au duopole Airbus-Boeing sur le segment des moyen-courriers, dominé par l’A320 et le 737. Entré en service sur le marché domestique en mai 2023, l’appareil transporte aujourd’hui plusieurs millions de passagers sur des lignes intérieures.
Mais sans certification occidentale, impossible pour Comac de sortir de la Chine et de convaincre les compagnies européennes ou américaines. Au 22 décembre 2025, la firme n’avait livré que 13 C919 depuis le début de l’année, exactement comme en 2024. Aucune progression, alors que l’objectif initial affiché atteignait 75 appareils. Mais ces vols d’essai ont de quoi lui donner de l’espoir.

Des vols d’essai sous haute surveillance
Ils constituent la troisième étape du régime d’évaluation en quatre phases de l’EASA, et servent à vérifier le comportement de l’appareil dans des situations extrêmes : manœuvres serrées, décrochages, conditions météo dégradées, etc. L’objectif est d’évaluer en conditions réelles la fiabilité de l’avion, mais aussi l’ergonomie du cockpit et l’interaction entre l’équipage et les systèmes embarqués.
Et selon plusieurs sources citées par le South China Morning Post, les premiers retours sont encourageants. L’agence européenne aurait jugé l’avion « sûr et bon », malgré quelques problèmes logiciels mineurs nécessitant de simples ajustements. Les évaluateurs ont en outre validé une première étape clé : l’examen des procédures de gestion des équipages, un volet essentiel des normes de sécurité occidentales.

Grandes ambitions
Mais le processus est long. En mai dernier, le directeur de l’EASA, Florian Guillermet, a prévenu que la certification ne pourrait pas intervenir avant « trois à six ans », tout en se disant confiant dans la capacité de Comac à aboutir. Si l’issue est effectivement positive, le C919 viendrait bousculer un marché verrouillé depuis des décennies. Certaines compagnies, comme Ryanair, ont déjà laissé entendre qu’elles pourraient s’y intéresser si le prix est suffisamment attractif.
Et l’ambition de Comac ne s’arrête pas là. Le constructeur travaille déjà sur des avions long-courriers et évoque même, à plus long terme, le développement d’un appareil supersonique, héritier moderne du Concorde. Un pari industriel colossal.
- Des pilotes de l’EASA testent depuis novembre le Comac C919 à Shanghai, première étape vers une possible certification européenne.
- L’avion chinois, concurrent direct de l’A320 et du 737, doit encore franchir un long parcours réglementaire malgré des premiers retours jugés encourageants.
- Si le feu vert arrive, Comac pourrait enfin entrer sur un marché dominé depuis des décennies par Airbus et Boeing.
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