Il y a 2,5 millions d’autoentrepreneurs en France. C’est le constat de la caisse nationale des Ursaff qui cite des chiffres datant de juin 2022. Il s’agit d’un nouveau record. Mais derrière ce total, se cache des réalités sociales bien différentes selon l’organisme public.
Des revenus inégaux pour les autoentrepreneurs
Ainsi, seulement 1,3 million de microentrepreneurs ont déclaré un chiffre d’affaires au cours du second trimestre 2022, soit 6,289 milliards d’euros au total. Les autres étant probablement en attente, et en n’ont en tout cas généré aucun résultat au cours de ces trois mois.
Sur un an, de juillet 2021 à juin 2022, 24 milliards d’euros de chiffre d’affaires ont été reportés à l’Ursaff. La moyenne trimestrielle se situe donc à 4907 euros, rapportent nos confrères des Échos. Mais une fois encore, il faut lire entre les lignes, car cela représente moins que le smic mensuel français.
Selon le domaine d’activité, les disparités sont très importantes. Les secteurs les moins rémunérateurs sont les activités de poste et de courrier : 1282 euros au second trimestre 2022. C’est à peine mieux pour les services à la personne, coiffure et soins du corps : 3271 euros en moyenne. Enfin, les activités sportives sont également assez mal loties : 3327 euros.
À l’inverse, d’autres métiers tirent beaucoup mieux leur épingle du jeu. Il en va ainsi des professions intellectuelles : activités financière et d’assurance : 9029 euros au second trimestre. Même chose pour les activités immobilières qui ont gagné 8615 euros en moyenne au cours de ces trois mois.
Concernant les autoentrepreneurs, l’Institut national de la Statistique (Insee) a récemment fourni des chiffres intéressants dans une étude publiée le 20 janvier dernier. Alors que l’organisation constatait un record historique d’immatriculation d’entreprises en France en 2022 : 1,072 million. On constatait que les micro-entreprises représentaient 61 de ce total.
Concrètement, 656 000 autoentreprises ont vu le jour l’an dernier en France, ce qui représente une hausse de 2,8 % sur un an. C’est largement plus que 300 000 sociétés lancées sur la même période (+4,8%). Et c’est bien plus que les 122 000 entreprises individuelles créées en 2022 (baisse de 7,4%).
Une année 2023 difficile ?
À noter également que tout n’est pas rose du côté des entreprises françaises. D’ailleurs, l’année 2022 a ainsi enregistré la plus haute augmentation de défaillances d’entreprise de l’histoire, soit une augmentation de 50 % sur un an.
Alors que l’inflation et la hausse du coûte de l’énergie menace l’économie française, les autoentrepreneurs ont de quoi s’inquiéter. D’ailleurs, un rapport d’Altares estime que 53 000 entreprises pourraient déposer le bilan en 2023. Pour contrecarrer ce pronostic pessimiste, le gouvernement a récemment annoncé un plan d’aide pour soutenir les TPE. Reste à savoir si ce dernier sera suffisant.
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