Facebook s’est imposé comme un immense employeur dans la région de San Francisco. Ses locaux de Menlo Park, par exemple, en périphérie de la ville, sont un complexe de 30 bâtiments dispersés sur plus de 100 hectares. Or le prix de l’immobilier dans la zone est extrêmement élevé, et beaucoup d’employés doivent donc prendre les transports en commun depuis Oakland, depuis Central Valley, voire encore plus loin.
Avec le réseau de transports actuel, le trajet peut prendre jusqu’à plusieurs heures – et c’est donc dans ce contexte que Facebook a tenté d’agir pour remédier à la situation. Le réseau social a eu l’idée d’ouvrir une ligne de chemin de fer. Un projet lancé trois ans avant la pandémie de 2020, et qui a un temps semblé avancer, y compris du côté des élus locaux. Facebook a investi plus de 20 millions de dollars dans le projet – avant d’y renoncer trois ans plus tard.
Facebook est conscient de son impact dans la région de San Francisco – et souhaitait une solution
Un responsable de la firme impliqué dans le projet explique : “nous sentions que nous avions une obligation non seulement d’être les organisateurs de la communauté que nous gérons en ligne mais nous avions aussi la responsabilité d’organiser efficacement la communauté où nous avions une présence physique”, explique Elliot Schrage, ex-vice-président Facebook en charge de la communication et des politiques publiques.
La firme s’est ainsi rapprochée de responsables locaux en 2017 – et proposait de réhabiliter une ligne abandonnée (Dumbarton Rail Bridge) pour construire son axe de transports en commun. Le problème, c’est que la pandémie a complètement changé la donne. Un temps Facebook a souhaité le retour de ses employés au travail en présentiel. Mais petit à petit la firme s’est convertie au télétravail.
Et même avec la fin du gros des mesures de confinement, Facebook continue de permettre à tous les employés qui le peuvent de travailler depuis chez eux. Du coup, 20 millions de dollars investis et 3 ans plus tard, Meta a décidé de débrancher la prise. Avant de se séparer de 13% de ses effectifs au sortir de la pandémie, mettant un dernier clou dans ce type d’initiatives. Mais en faisant cela Meta laisse aussi les collectivités locales sans alternatives, alors que le prix de l’immobilier continue d’éloigner les salariés de la Silicon Valley sans que l’infrastructure de transports ne soit ajustée.
Le maire de la ville de Union City, qui était susceptible de se trouver sur le tracé du projet, ne cache pas sa déception : “c’était très prometteur”, se souvient Carol Dutra-Vernaci, et d’ajouter “j’étais si excité en me rendant compte que ça allait se faire”. Reste que devenir un acteur local plus actif ne s’improvise visiblement pas, même pour une entreprise comme Meta…
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