Quelques jours après le salon Air et Espace du Bourget, le patron du CNES (centre national de l’espace et des sciences), Philippe Baptiste était invité sur le plateau de BFM Business. Une intervention attendue pour le patron de l’agence spatiale française, l’occasion notamment de faire le point sur le développement du spatial en Europe.
Il est désormais bien loin le temps où le vieux continent dominait le marché. Dans les années 90 et 2000, Ariane 5 était le lanceur le plus fiable de la planète, utilisé pour les missions les plus prestigieuses. Dans son sillage l’ESA était en pleine croissance, envoyant de plus en plus d’astronautes dans la toute jeune ISS.
Mais deux décennies plus tard, le monde a évolué, pas l’Europe. C’est le constat clair que dresse Philippe Baptiste. « Ariane 5 aura été une lanceuse formidable, mais nous avons trop tardé à envisager la suite ». Le vieux continent se serait endormi sur ses lauriers ?
Ariane 5 : son point faible, elle est trop forte
En réalité les choses sont plus complexes. Les premiers signes annonciateurs de la chute européenne furent l’échec du programme de navette spatiale Hermès. Par la suite le développement du New Space avec SpaceX en tête a pris tout le monde de court. L’Europe n’a pas échappé à la règle.
Enfin, comme l’explique très bien Philippe Baptiste, le vieux continent s’est retrouvé bloqué avec un lanceur surperformant. Le meilleur exemple des limites d’Ariane 5 est le lancement de la récente mission Euclid. Le télescope européen aurait pu se retrouver sous la coiffe d’une fusée Ariane 5, mais ce lancement trop coûteux n’a pas été envisagé.
Initialement prévu avec une fusée russe Soyouz, qui assurait « un tiers des lancements avant 2021 » le télescope a finalement rejoint l’espace à bord d’une Falcon 9 de SpaceX. Un bel aveu d’échec pour l’ESA qui était il y a 15 ans encore la solution favorite pour se rendre en orbite.
Un coût démesuré
Avec l’avènement des entreprises du New Space, les coûts à l’orbite sont en train de s’effondrer. Dans cette industrie en plein changement, l’Europe fait office de pierre immobile. Avec l’ESA elle propose encore des tarifs d’une ancienne époque, là où la concurrence est deux à trois fois moins chère.
Selon des chiffres (non officiels) communiqués par le spécialiste du spatial Ufotonik, le lancement du télescope Euclid aurait coûté 70 millions de dollars. Un tarif légèrement supérieur à l’offre classique de l’entreprise (65 millions de dollars). Malgré ce prix qui peut sembler démesuré, le coût de ce lancement est trois fois moins important qu’avec une fusée Ariane 5 (250 millions d’euros environ).
Face à une telle différence tarifaire, l’Europe ne pouvait, ne peut et ne pourra pas lutter. Mais loin de corriger le tir, le vieux continent s’enfonce dans ses certitudes avec Ariane 6. Ce nouveau lanceur lourd et coûteux, en décalage complet avec son époque, risque d’avoir toutes les peines du monde à trouver des clients à l’international.
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Juste pour Arian6 les choix technique ont été établie en 2012-2014 alors que le premier lanceur réutilisable de spacex date de 2015.
A ce moment la, le début de la fabrication de la fusée avait commencé.
Quand a Ariane Next qui doit être réutilisable, c’est en cours de développement.