Pourquoi personne ne nous a jamais appris ça ? C’est une question que de nombreux entrepreneurs se posent après avoir plongé dans le grand bain de l’entrepreneuriat. Création d’entreprise, gestion de trésorerie, négociation, communication, organisation… Autant de compétences cruciales qu’on découvre souvent sur le tas, à force d’essais et d’erreurs.
Si les bancs de l’école permettent d’acquérir des bases théoriques et de développer un esprit critique, ils laissent pourtant de côté bien des réalités du monde professionnel. En conséquence, beaucoup d’indépendants et de créateurs d’entreprise regrettent de ne pas avoir été mieux préparés à affronter la vie d’entrepreneur.
Alors, qu’auraient-ils aimé apprendre plus tôt ? Quels savoirs, compétences ou réflexes leur auraient fait gagner du temps, de l’argent ou de la sérénité ? Tour d’horizon de ces enseignements manquants, rapportés par le magazine Forbes.
Apprendre à se vendre sans se trahir
« J’aurais aimé que l’école nous apprenne à partager ce qu’on sait en ligne », regrette David Nge, fondateur du site MakingThatWebsite.com. Son blog, lancé après la pandémie de Covid-19 pour documenter ses conseils en création de sites, lui a permis de décrocher un job quatre fois mieux payé.
Son constat : « Votre travail est le meilleur CV que vous puissiez avoir ». Car aujourd’hui, savoir bâtir sa marque personnelle est un levier puissant. Ceux qui maîtrisent cet art décrochent des opportunités grâce à l’étendue de leur talent directement disponible en ligne. Étaler ses connaissances est une clé pour entreprendre, mais que l’on mentionne peu à l’école.

Interpréter les données financières
« J’aurais aimé qu’on m’apprenne à lire et interpréter les données financières avec assurance », confie Joan Adams, directrice financière et consultante indépendante. Longtemps, elle a cru que réussir en affaires, c’était surtout travailler dur. Jusqu’au jour où elle a compris ce que ses chiffres lui disaient. « Tout a changé : j’ai pris de meilleures décisions, j’ai accéléré la croissance… Et j’ai enfin pu me payer à ma juste valeur », étaye-t-elle.
Savoir lire un compte de résultat, comprendre la marge, anticiper la trésorerie… Tout cela est la base de l’entreprenariat. Et pourtant, à l’école, on ne parle jamais en termes de bénéfices. Dommage, les futurs entrepreneurs y gagneraient en liberté.
Apprendre à gérer l’incertitude
« J’aurais aimé que l’école m’apprenne à me sentir en sécurité dans l’incertitude », confie Gabe Marusca, ancien entrepreneur itinérant devenu consultant en stratégie. Car enfant, on lui a vendu le modèle classique : carrière stable, maison et sédentarité. « Mais rien ne m’avait préparé à la réalité de l’entrepreneuriat, ni à une visioconférence coupée en pleine jungle thaïlandaise », explique-t-il.
À force de tout miser sur la sécurité, l’école oublie de nous former à la souplesse. En confrontant les enfants dès le plus jeune âge à l’échec, sous l’œil bienveillant de mentors, les élèves pourraient apprendre à tester et ajuster plutôt qu’à chercher la perfection.

Mieux utiliser la technologie pour créer ses propres opportunités
Et si l’école cessait de nous enfermer dans des fiches métiers d’un autre temps ? Suman R, créatrice de contenu, en est convaincue : « J’aurais aimé qu’on m’explique qu’il existe mille chemins vers la réussite. Une passion peut devenir une source de revenus, à condition de rester en phase avec les technologies ».
Aujourd’hui, des millions d’adultes apprennent l’IA en autodidactes. Pourquoi attendre l’âge adulte pour expérimenter ? Introduire plus tôt la curiosité ou l’initiative, le lien entre outils numériques et projets personnels, c’est donner aux élèves les moyens de créer des opportunités qui n’existent pas encore.
Préparer au choc mental
On apprend à lire et à compter. Mais qu’en est-il de la capacité à tenir debout face aux coups ? Pour Birgit Itse, aujourd’hui consultante indépendante en narration stratégique, c’est l’un des plus grands manques du système scolaire. « On ne m’a jamais appris qu’on ne peut pas raisonner un harceleur. Ni qu’apprendre à s’affirmer, ce n’est pas chercher le conflit ».
Ainsi, trop d’entrepreneurs découvrent sur le tard qu’il faut savoir encaisser, rebondir, rester droit face au rejet ou à l’échec. Une école qui normaliserait les revers, les confrontations et les doutes permettrait de forger un mental plus solide.
Enseigner la vente comme un outil, pas comme une ruse
Longtemps cantonnée aux clichés du bagout commercial ou du forcing agressif, la vente reste un angle mort de l’école. Et pourtant, c’est une compétence décisive. « J’aurais adoré qu’on m’initie à la vente plus tôt », confie Patrina Pellett, entrepreneuse dans le domaine de l’IA appliquée au secteur médical.
« Avec le recul, je suis persuadée que c’est la compétence la plus puissante : elle débloque toutes les opportunités ». Selon elle, vendre, ce n’est pas manipuler. C’est comprendre un besoin, proposer une solution, savoir formuler de la valeur. Des réflexes utiles dans une carrièr, mais aussi dans la vie.

Apprendre à se connaître pour oser plus grand
Réussir n’est pas toujours une question d’ambition. Parfois, c’est aussi la peur qui pousse. Christina Theo, psychologue spécialisée dans le lien corps-esprit, en a pris conscience bien après l’école : « On m’a élevée pour performer, plaire, cocher les cases. Mais personne ne m’a dit que ce besoin de réussite venait de la peur, pas de l’envie ».
Et si on enseignait aux élèves à décoder leurs émotions, pas juste à réciter des théorèmes ? Comprendre ses blocages et ses mécanismes de protection, voilà le socle de ceux qui osent créer ou diriger.
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