Face à la pandémie, Apple et Google ont annoncé, il y a un mois, la création d’une API de contact tracing qui permettra aux organismes de santé des gouvernements de créer des applications qui pourront prévenir (grâce au signal Bluetooth) une personne si celle-ci a été exposée à une autre personne testée positive au COVID-19. Et comme nous l’évoquions dans un précédent article, une première beta de cette API a été lancée par les deux géants du smartphone.
Aujourd’hui, nous avons également un aperçu de l’interface que pourront avoir les applications de contact tracing qui utiliseront cette API. En effet, Apple et Google ont récemment publié des documents techniques pour aider les pays à développer leurs applications. Si ces documents ont vocation à faciliter le travail des développeurs, ceux-ci contiennent également des maquettes qui nous donnent une idée de l’interface que les futures apps pourraient avoir.
- Par exemple, voici un exemple d’interface que l’utilisateur pourrait voir lors de la première ouverture de l’app. Celle-ci présente le fonctionnement et permet de recueillir un consentement.


- Si l’utilisateur est testé positif, voici un exemple d’interface graphique pour partager ce test avec l’app (ce qui permettra ensuite de prévenir les personnes exposées, sans révéler l’identité de l’utilisateur). On peut voir sur cette maquette qu’un identifiant unique du test est demandé, ainsi que la date du test.


- Une autre maquette montre à quoi les notifications envoyées aux personnes exposées pourraient ressembler.


Pour rappel, les applications de contact tracing pourront estimer le niveau d’exposition en fonction de deux paramètres : la proximité physique ainsi que la durée du contact.
Une solution qui ne sera pas adoptée par la France
On notera que contrairement à l’Allemagne, la France ne devrait pas opter pour cette API proposée par Apple et Google, mais utilisera un autre protocole. La raison ? « Le gouvernement français ne refuse pas l’API proposée en l’état par ces deux entreprises parce que ce sont des entreprises américaines ou parce qu’il cherche à réinventer le Minitel (qui fut, au demeurant, une belle réussite). Il s’y refuse car, dans son format actuel, elle contraint le choix technique : seule une solution « décentralisée » peut fonctionner parfaitement sur les téléphones équipés d’iOS », explique Cédric O, Secrétaire d’Etat chargé du Numérique, dans un billet de blog sur Medium.
https://twitter.com/cedric_o/status/1256930493372792839
D’après celui-ci, la solution qui sera utilisée par la France, qui est plus centralisée, proposerait une meilleure protection des données et de la vie privée. Cédric O estime également que la solution proposée par Apple et Google entraîne une « une perte de maitrise en termes de santé publique ».
« Par exemple, il parait impossible, dans le cas d’une solution décentralisée, de limiter le nombre total de notifications par jour compte tenu du caractère décentralisé de la décision de notification ou encore d’avoir une approche par apprentissage pour l’autorité sanitaire en charge de la gestion de la crise… à moins de ne le demander à Apple et Google ! », écrit le Secrétaire d’Etat.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
