Passer au contenu

Copie privée : nouveau pactole en 2022 pour cette taxe d’un autre temps

En 2022, la taxe copie privée a battu un record de revenus. Pourtant, cette redevance d’un autre temps est vivement critiquée.

  • En 2022, la taxe copie privée a généré 285 millions d’euros pour le monde culturel, se positionnant comme la troisième année la plus lucrative
  • Malgré la crise sanitaire et économique, cette taxe d’un autre temps continue de jouer un rôle clé dans le financement
  • Cette taxe instaurée en 1985 est sérieusement remise en doute à l’heure du streaming

Vestige d’une époque révolue, la taxe copie privée a continué en 2022 de fournir une manne financière substantielle pour le monde culturel. L’Informé a pu constater que cette redevance, prélevée notamment sur les smartphones et les tablettes, a permis de recueillir une somme considérable pour les ayants droit.

Chaque année, les responsables de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM), de la société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes (Adami), et de la société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) attendent le montant qui sera recueilli par Copie France, l’organisme responsable de la collecte de cette taxe. En 2022, ce montant a atteint 285 millions d’euros, une somme importante qui représente le troisième total le plus élevé jamais enregistré.

Malgré la crise sanitaire et les défis économiques des dernières années, cette taxe d’un autre temps continue d’être une source de financement clé pour la culture en France. Elle a offert un soutien financier vital à de nombreux artistes et créateurs, à une époque où les revenus traditionnels provenant des ventes de disques, des concerts et des représentations théâtrales ont subi de lourds impacts.

Une taxe vivement critiquée

Instaurée en France en 1985, la taxe copie privée est une redevance appliquée sur la vente de certains supports d’enregistrement numériques, tels que les smartphones, les tablettes, les disques durs ou encore les clés USB. Elle a pour objectif de compenser les pertes financières des ayants droit (auteurs, artistes interprètes, producteurs de musique, de cinéma, etc.) dues à la copie privée de leurs œuvres.

En d’autres termes, elle est perçue comme une indemnisation pour le manque à gagner théorique causé par les copies de films ou de musiques que les consommateurs pourraient réaliser sur leurs appareils électroniques. La collecte de cette taxe est assurée par la société Copie France, qui la redistribue ensuite aux différentes sociétés de gestion collective (comme la SACEM, l’Adami, la SACD, etc.) pour qu’elles la reversent à leurs membres.

Mais à l’heure du streaming, cette taxe suscite de nombreuses controverses. Les consommateurs et les associations de défense des droits numériques la critiquent fréquemment, la qualifiant de “taxe sur le numérique” injuste qui pénalise les utilisateurs légitimes de contenus numériques.

Qui achète encore des CD pour les copier sur le disque dur de son ordinateur ? Probablement personne ou alors une infinitésimale partie de la population, l’écoute de musique se faisant en majorité en streaming. Dès lors, à quoi sert la taxe copie privée ?

Par ailleurs, certains estiment que la répartition de cette taxe entre les différents ayants droit manque de transparence et ne reflète pas toujours les évolutions du paysage culturel et numérique.

En résumé, les consommateurs paient une redevance qui ne se justifie plus et la juste répartition de cette taxe est sérieusement mise en doute. Pas de quoi bousculer les autorités. L’Assemblée nationale a en effet voté l’extension de cette taxe copie privée sur les appareils reconditionnés qui sont pourtant des appareils de seconde main ayant déjà essuyé une première fois cette taxe. Conséquence directe : le prix des appareils reconditionnés pourraient augmenter prochainement. On dit merci qui ?

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech

2 commentaires
2 commentaires
  1. Alors ça concerne aussi la photographie…et mes photos sont copiés sur tout ces supports (juste en visitant des sites déjà), alors oui je veux bien être payé pour cette utilisation. Quand vous louez une voiture c’est gratuit ? non., un créateur c’est pareil. Et 300 millions ça parait gros mais répartis entre les ayants droits, ça ne fait pas tant que ça.

    1. Et mes photos de famille qui ne concernent personne sont aussi sur des support assujettis à cette taxe ! Des fois que je me vole mes droits d’auteur probablement 😀
      En même temps, j’imprime déjà sur du papier lui aussi taxé sous prétexte de lutter contre le “photocopillage)…

      Par ailleurs, selon quels critères et entre quels “ayant droits” sont répartis les(presque misérables) 300M€ ?

Les commentaires sont fermés.