Les tentatives de Donald Trump et de son homologue sud-coréen Lee Jae-myung pour renouer le dialogue avec la Corée du Nord ne semblent pas émouvoir le régime. Mardi 22 septembre, les médias d’État ont diffusé les images du tir, effectué deux jours plus tôt, d’une « nouvelle arme », présentée comme étant « d’une grande importance ». Les quelques clichés diffusés (voir vidéo ci-dessous) montrent un écran sur lequel apparaît un missile balistique de courte portée modernisé, coiffé d’un planeur hypersonique. Un engin qui, une fois largué à très haute vitesse, « rebondit » ou glisse sur les couches hautes de l’atmosphère, au lieu de suivre la courbe parabolique, et donc prévisible, d’un missile conventionnel.
Sur la trajectoire affichée à l’écran, on l’aperçoit accomplir ce qu’on appelle en jargon militaire une « ressource » : une plongée suivi d’un redressement au ras du sol, une manœuvre conçue pour passer sous le rideau défensif ennemi. Venu assister au tir aux côtés de sa fille adolescente Kim Ju Ae, Kim Jong-un a décrit le missile comme une « une force imparable » destinée à provoquer chez ses adversaires un « mal de tête incurable ». Des déclarations qui pourraient bien relancer les hostilités dans la péninsule, alors qu’il y a un mois à peine, le climat entre Pyongyang et l’axe Washington-Séoul semblait s’être légèrement détendu.
Corée du Nord : un régime aujourd’hui imperméable aux pressions
Pyongyang avait déjà revendiqué un premier essai de planeur hypersonique en septembre 2021, avec le Hwasong-8, et en a testé plusieurs autres depuis. Mais seules la Chine (DF-17) et la Russie (planeur Avangard) disposent de tels systèmes d’armement déployés dans leurs forces armées, selon Peter Ward, chercheur à l’Institut Sejong de Séoul, même si l’armée américaine a entamé fin 2025 la mise en service de son propre planeur, le Dark Eagle. D’où son analyse, pour qui cet essai constitue « une avancée de taille ». Selon lui, dans le cas où le missile nord-coréen devenait pleinement opérationnel, il « fragiliserait la défense antimissile sud-coréenne si Kim Jong-un décidait de frapper des cibles civiles ou militaires au Sud ».
Une démonstration de force qui tombe d’autant plus mal pour la Corée du Sud, puisque son président se trouve actuellement à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies pour détailler son plan de détente avec son voisin nord-coréen. Il avait déjà, plus tôt dans l’année, renoncé à faire de la dénucléarisation du Nord un préalable aux pourparlers, en proposant comme première étape un simple gel du développement nucléaire et balistique, en échange d’un allègement des sanctions
Donald Trump, de son côté, continue de jouer la carte de l’apaisement : la Maison Blanche a réitéré sa volonté de dialoguer « sans condition préalable », sans doute consciente que Pyongyang ne lâcherait pas le morceau. Après l’échec des trois rencontres de son premier mandat, prendre acte de l’intransigeance nord-coréenne sur son arsenal nucléaire apparaît aujourd’hui comme le seul moyen de maintenir la discussion ouverte.
Un responsable sud-coréen, s’exprimant sous couvert d’anonymat, assure qu’aucun dialogue actif n’existe avec Washington ou Séoul, « du moins pas par les canaux officiels », avant d’ajouter que la Corée du Nord n’a désormais plus besoin de rien de la part des États-Unis, pas même d’un allègement des sanctions.
Entre son arsenal renforcé et ses liens militaires et économiques resserrés avec Moscou, le Kim de 2026 n’a plus grand-chose à voir avec celui qui posait en photo aux côtés de Trump à Singapour en 2018. Selon Ward, la situation géopolitique entre les trois pays est désormais largement favorable à Pyongyang. « Les Nord-Coréens se montrent extrêmement durs à la négociation », explique-t-il, et ne semblent guère pressés de s’asseoir à la table pour réengager un véritable dialogue. Appuyé par Moscou et de moins en moins tributaire d’un allègement des sanctions occidentales, le pays est aujourd’hui en position de force et a tiré un trait sur la doctrine de réunification, héritée de Kim Il-sung, qui avait notamment proposé en 1980 une confédération entre les deux Corées, au point de désigner désormais le Sud comme un État étranger hostile. Peter Ward refuse pourtant d’enterrer toute perspective de rapprochement, estimant qu’il ne faut « jamais dire jamais » et que Lee fait tout ce qui est en son pouvoir pour y parvenir.
- La Corée du Nord a testé un missile hypersonique capable de contourner les défenses américaines et sud-coréennes.
- Kim Jong-un présente cette arme comme une force imparable, intensifiant les tensions dans la péninsule.
- Les efforts diplomatiques de Séoul et Washington semblent inefficaces face à l’intransigeance nord-coréenne.
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