Wall Street a vécu un véritable jeudi noir. Le Nasdaq, indice phare des valeurs technologiques américaines, a dévissé de 5,6 %, ce qui représente désormais un repli de 10 % depuis son sommet d’octobre. Même son de cloche pour le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises cotées aux États-Unis : il a plongé de 4,4 %, effaçant près de 3 000 milliards de dollars de valeur en une seule séance. Sa pire journée depuis le printemps 2025.
Sans grande surprises, c’est l’industrie de l’intelligence artificielle (IA) qui a essuyé les pertes les plus lourdes. Ainsi, l’indice des semi-conducteurs a dégringolé de plus de 12 %, entraîné par la chute de NVIDIA (-9,2 %), de Qualcomm (-9,5 %) et d’Arm Holdings (-13 %). Constat identique du côté des opérateurs d’infrastructures et de serveurs comme CoreWeave ou Dell, qui ont plongé de 10 % environ.
L’empire d’Elon Musk, qui a dépensé plus de 400 millions de dollars dans la campagne en vain, a lui aussi accusé le coup. Tesla s’est effondré de 9,5 % tandis que SpaceX a reculé de 6,7 %. Une tendance qui illustre la nervosité des investisseurs après le revers des candidats soutenus par l’homme le plus riche du monde.
Un « non » à l’IA
Ce décrochage s’explique évidemment par le changement de décor politique radical lors des élections de mi-mandat ce 3 novembre, largement remportées par le parti démocrate. Car depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a pratiquement donné carte blanche aux mastodontes de la Silicon Valley pour développer une IA sans aucun contrôle, et cela passe par la construction tous azimuts des infrastructures qui la font fonctionner, les data centers.
Mais le vote des Américains est clair : ils exigent davantage d’encadrement, alors que les centres de données créent des perturbations dans le réseau électrique et consomment énormément d’eau. Lors du scrutin, une cinquantaine de consultations locales dans 13 États ciblait directement ces projets. Et les électeurs ont approuvé près de 40 moratoires régionaux et gels de permis, particulièrement dans des marchés vitaux comme le Texas, l’Ohio et la Géorgie.
À l’échelle nationale, les analystes estiment désormais que 60 % des nouveaux projets de data centers prévus d’ici 2028 se retrouvent freinés ou menacés de blocage.

Le spectre de la bulle
De quoi raviver, une fois de plus, les craintes sur les investissements colossaux injectés dans l’IA. Car il existe encore de nombreux doutes sur la rentabilité réelle de ces technologies tant les dépenses pour la faire tourner et l’entraîner sont astronomiques.
Ainsi, les géants de la tech vont devoir prouver la valeur concrète de leurs services, tout en composant avec une réglementation plus ferme. C’est, peut-être, une nouvelle ère qui commence.
- Wall Street a vécu un jeudi noir avec la chute de 5,5 % du Nasdaq et la perte de près de 3 000 milliards de dollars pour le S&P 500.
- La bascule du Congrès aux mains des démocrates met fin à la dérégulation de l’ère Trump.
- Menacée par des dizaines de moratoires locaux et un encadrement strict de ses besoins en énergie, l’industrie de l’IA fait face à de nouvelles contraintes.
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