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Coronavirus : ce que l’on sait du système de traçage de Google et Apple

Les deux géants de la téléphonie mobile œuvrent de concert pour offrir aux gouvernements un outil commun pour la création d’applications de suivi des contacts.

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Google Apple
© Google / Apple

Vendredi dernier, Apple et Google ont annoncé un effort conjoint dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. Les deux entreprises veulent créer une interface de programmation commune pour permettre la création d’applications de suivi des contacts afin de prévenir les personnes ayant été à proximité des malades.

Ces dispositifs sont déjà mis en place dans plusieurs pays d’Asie et à l’étude en Europe et aux États-Unis. Le gouvernement français n’a d’ailleurs pas fermé la porte à une utilisation de l’outil des deux géants de la Tech dans le cadre de son app StopCovid. Pour y voir plus clair dans cette initiative, retour en quelques points sur les questions soulevées par ce nouveau système de traçage.

Qu’est-ce que le suivi des contacts ?

Google et Apple ont choisi de baser leur nouveau système sur la technologie Bluetooth et non pas sur le GPS pour des raisons de  « confidentialité et la sécurité des utilisateurs ».

Pour mieux faire comprendre le fonctionnement du suivi des contacts, les deux entreprises ont d’ailleurs fourni un visuel qui donne un exemple très clair. Deux personnes équipées de l’application ont une conversation pendant dix minutes. Au cours de cet échange, leurs téléphones communiquent via le Bluetooth. Un peu plus tard, une des deux apprend qu’elle a contracté le COVID-19. Elle pourra décider de renseigner cette information sur l’application qui recherchera alors ses contacts au cours des 14 derniers jours. La personne avec qui elle a discuté en fera partie et recevra une notification sur son smartphone, l’invitant à consulter le site des autorités sanitaires pour voir la marche à suivre.

© Google / Apple

Ce système sera-t-il efficace ?

Il faut bien préciser que ces outils fonctionnent sur la base du volontariat. Leur réussite reste donc tributaire des utilisateurs qui installeront l’application et qui accepteront de mentionner le fait qu’ils sont positif au COVID-19. Pour les personnes contacts, rien ne les obligera non plus à suivre les conseils de santé publique. Tout dépendra donc du nombre de citoyens qui accepteront de participer et de leur bonne volonté.

Certains remettent également en cause l’efficacité de cette initiative basée sur le Bluetooth, une technologie jugée imprécise. Pour répondre à cette préoccupation, Apple a expliqué que lorsqu’une application va décider ou non d’envoyer une alerte, celle-ci devrait tenir compte de la durée du contact avec une personne testée positive. De quoi mieux évaluer les risques encourus.

Quand l’API de Google et Apple sera-t-elle disponible ?

Les deux géants de la Tech travaillent depuis quelques jours maintenant sur leur plateforme logicielle. L’idée est de rendre leur outil disponible au cours du mois de mai. Les agences de santé publique pourront alors utiliser l’API pour créer leurs propres applications de suivi des contacts. Elles seront les seules à pouvoir y accéder afin d’éviter les abus. Pour les institutions publiques qui n’auraient pas les moyens ou le temps, Google et Apple vont par ailleurs proposer des applications prêtes à l’emploi.

Une deuxième phase est également prévue mais elle nécessitera cette fois plusieurs mois pour être mise en place. L’utilisateur n’aura cette fois plus besoin de télécharger la moindre app. Cette dernière sera directement intégrée sur le système d’exploitation de son smartphone. Il lui reviendra alors de l’utiliser, s’il le souhaite, en modifiant les paramètres de son appareil.

Cette solution sera-t-elle utilisée par le gouvernement français ?

Pour lutter contre l’épidémie, la France a décidé de se doter de sa propre application baptisée StopCovid. Cette dernière sera également basée sur le Bluetooth et le gouvernement n’exclue pas de se servir de l’API d’Apple et Google. C’est en tout cas ce qu’a affirmé un des membres du cabinet du secrétaire d’État chargé du Numérique Cédric O à nos confrères de BFM Tech : « Il n’y a pas de religion là-dessus. Si une solution privée respecte toutes les règles édictées, notamment en termes de gratuité, de volontariat et de protection des données personnelles, elle sera regardée ».

Cette idée est d’autant plus envisageable que Cédric O a déjà déclaré qu’il étudiait la possibilité d’une solution fournie par des tiers, à condition qu’elle respecte le cahier des charges du gouvernement.

Comment Google et Apple vont-ils garantir la confidentialité des données récoltées ?

Cette problématique soulève bien des inquiétudes, surtout dans les régimes démocratiques. Comment s’assurer que ces dispositifs ne constituent pas une violation de la vie privée ? Tout d’abord et comme nous vous l’indiquions plus haut, l’outil repose sur la base du volontariat et n’est donc pas contraignant. Les données seront également cryptées et anonymisées et ne seront pas centralisées. L’outil prendra également soin de changer de code éphémère toutes les quinze minutes afin de garantir la sécurité des données, tout en maintenant le suivi.

Enfin, pour rassurer les personnes qui craignent de voir cet outil de tracking perdurer dans le temps, Google et Apple précisent que leur plateforme sera supprimée dès la fin de l’épidémie

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Par : Google LLC
4.4 / 5
86,8 M avis
7 Commentaires

7 Commentaires

  1. Jerome

    14 avril 2020 at 17 h 03 min

    Je ne comprends pas bien. En quoi l’utilisation du GPS serait attentatoire à la vie privée. Le GPS en soi ne fait que donner une position… C’est si on envoie une info nominative avec cette position qu’elle peut éventuellement devenir un souci (et encore car on peu masquer le nom de l’utilisateur).
    Par ailleurs, je ne comprends pas bien la base du volontariat. On sait très bien que si c’est optionnel, ça ne marchera pas. Or comme il n’y a pas de stockage centralisé, on peut garantir le respect de nos libertés publiques. Et si vraiment Apple et Google laissait fuiter la moindre data, des armées d’informaticiens scruteraient les ports pour savoir ce qui est délivré hors de cette application et ces 2 sociétés risqueraient TRES gros. Ou est le problème?

    • Eric

      14 avril 2020 at 17 h 55 min

      On est bien d’accord, mais allez expliquer ça au grand public et aux associations de protection de la vie privée qui leur rince la tête du matin au soir sur le sujet…

      • Jerome

        14 avril 2020 at 20 h 28 min

        OK, Eric… On est donc sur la même ligne… Et ça me désespère… Sur ce sujet, le grand public se retrouve vraiment désinformé…

    • Eric

      14 avril 2020 at 17 h 55 min

      On est bien d’accord, mais allez expliquer ça au grand public et aux associations de protection de la vie privée qui leur rincent la tête du matin au soir sur le sujet…

    • phiga

      14 avril 2020 at 20 h 29 min

      Bienvenue dans le monde des Bisounours…

  2. Damien

    16 avril 2020 at 14 h 06 min

    Le problème du GPS, c’est qu’il indique une position absolue, et qu’il faut la faire matcher avec la position de l’ensemble des personnes. Alors qu’avec le Bluetooth, tu te retrouves sans position, mais tu sais quand même si tu as été proche d’un porteur ou pas. La différence est loin d’être négligeable. Et sans compter la consommation du GPS par rapport au Bluetooth. Bref, je ne suis pas certain que vous sachiez vraiment de quoi vous parlez

  3. max242

    16 avril 2020 at 14 h 31 min

    Le GPS implique qu’on connait l’endroit précis où l’on se trouve ; ce n’est pas le cas avec le bluetooth. L’avantage du bluetooth, c’est que ça peut fonctionner aussi dans des endroits où la réception GPS est mauvaise (immeubles, murs trop épais…).
    Quand à ceux qui se plaignent de la précision des 10 mètres du bluetooth, je ne vois pas où ça pose problème : le GPS n’est pas précis au mètre près (entre 3 et 10 m, voir plus suivant la qualité du signal)
    Niveau consommation, le GPS pompe aussi pas mal la batterie, donc c’est là aussi un faux débat.

    Le système a le mérite d’exister, n’allons pas trop nous plaindre.

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