C’est une tragédie qui devait rester en France : Quentin Deranque, proche du collectif identitaire féministe Nemesis, est mort à Lyon le 14 février. Il a été sauvagement roué de coups par plusieurs individus se proclamant « antifascistes » deux jours plus tôt, alors qu’il accompagnait un happening du collectif visant à perturber une intervention de Rima Hassan, élue au Parlement européen pour La France Insoumise, qui avait lieu dans les murs de l’Institut d’études politiques de Lyon.
L’administration Trump a mis, quelques jours plus tard, son nez dans l’affaire en dénonçant « la violence politique d’extrême gauche », selon nos confrères de Lyon Capitale. L’ambassade des États-Unis à Paris, utilisant son compte officiel sur X (anciennement Twitter), a publié une série de messages dans le même genre. Charles Kushner, est allé plus loin, en qualifiant la mort de « moment Charlie Kirk » de la France. Trois mots de trop.

Le diplomate qui se la joue polémiste
Il faut d’abord rappeler qui était Charlie Kirk pour comprendre la déclaration de Kushner. Figure de proue de l’alt right et de la jeunesse conservatrice américaine et fondateur de Turning Point USA, il s’était fait connaître par son activisme de terrain. Régulièrement, il se rendait dans les universités américaines, pour affronter, sur le terrain de la rhétorique, des étudiants qui n’étaient pas en accord avec lui.
Le 10 septembre 2025, il s’est fait tirer dessus au calibre .30 par un opposant lors d’une conférence-débat au sein de l’université d’Utah Valley (Orem). Quelques heures plus tard, il succomba à ses blessures, provoquant un séisme politique, tant du côté des républicains (Donald Trump, J. D . Vance) que des démocrates (Joe Biden, Kamala Harris)
Une affaire américaine qui a fait grand bruit, que Kushner tente de calquer chez nous, suggérant que la France est le nouveau théâtre d’une guerre d’extermination idéologique. Une provocation indigne et une tentative d’imposer un narratif étranger dans un contexte qui n’a rien à voir : le Quai d’Orsay a donc immédiatement réagi.
La crise aurait pu être désamorcée par une explication franche entre quatre yeux, mais Kushner a préféré fuir. Convoqué ce lundi au ministère des Affaires étrangères pour s’expliquer sur ses paroles, l’ambassadeur ne s’est tout simplement pas présenté. « Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur ayant l’honneur de représenter son pays, le ministre (Jean-Noël Barrot) a demandé qu’il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français », a expliqué le ministère.
Un bannissement qui lui vaudra de se voir retirer le privilège de traiter d’égal à égal avec les décideurs politiques français. S’il veut porter un message de Washington, il ne pourra plus solliciter d’audiences privées avec les membres du Gouvernement, mais devra se contenter de rendez-vous avec des diplomates de carrière au Quai d’Orsay, les uniques interlocuteurs qui lui restent.
Un ambassadeur de seconde zone, puisqu’il garde ses fonctions protocolaires, mais on lui a retiré toute son influence politique ; il ne pourra plus franchir les portes des ministères sans y être expressément convoqué pour une remontrance. : une espèce de mise sous tutelle. « Il reste bien sûr possible que l’ambassadeur Charles Kushner exerce sa mission et se présente au Quai d’Orsay afin que nous puissions avoir les échanges diplomatiques permettant d’aplanir les irritants qui, inévitablement, peuvent survenir dans une relation d’amitié vieille de 250 ans » a précisé le ministère, toujours selon Lyon Capitale. Le summum du passif-agressif à la sauce française !
- Le gouvernement français a banni l’ambassadeur américain Charles Kushner après ses commentaires jugés provocateurs sur l’affaire Quentin Deranque.
- Kushner a été convoqué au ministère des Affaires étrangères mais a refusé de s’y rendre, entraînant des sanctions diplomatiques.
- L’ambassadeur ne pourra plus rencontrer directement les membres du gouvernement français, limitant ainsi son influence politique.
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