En 2024, on aurait pu penser que les internautes sont bien plus avisés des risques qu’avant. C’est en partie le cas, mais un long chemin reste encore à parcourir dans ce domaine. Si l’on en croit une étude menée aux États-Unis par la société de cybersécurité Malwarebytes, les Américains sont très naïfs en ce qui concerne la protection de leurs données.
Des internautes pas assez protégés ?
Pour y voir plus clair, les experts ont réalisé un sondage et les chiffres laissent songeur. Ainsi, 79 % des répondants se disent préoccupés par le respect de leur vie privée en ligne. C’est une bonne chose, mais seulement 35 % d’entre eux utilisent une solution antivirus.
Un chiffre incroyablement bas, alors qu’il s’agit d’un des maillons essentiels de la ligne de cyberdéfense. Vous pouvez d’ailleurs retrouver notre guide qui répertorie les meilleures offres sur le marché ici.
En revanche, 27 % des sondés disent utiliser un VPN, ce qui semble pour le coup assez élevé. Alors que l’authentification multifacteurs est un gage de sécurité supplémentaire, seulement 24 % y ont recours. Ils sont 20 % à utiliser des bloqueurs de publicité, et 15 % à être client de services de gestion de mots de passe.
Notons également que 13 % utilisent des navigateurs qu’ils jugent protecteurs de leurs données personnelles et 12% emploient un moteur de recherche respectueux de la vie privée. Sans vouloir juger les internautes en question (on ne peut pas s’abonner à tous les services de cybersécurité), on peut voir qu’une certaine forme de négligence perdure. D’autant que les mots de passe préférés des utilisateurs sont bien souvent ridicules et trop facilement déchiffrables.
Des arnaques toujours plus sophistiquées
Malheureusement, ce manque de vigilance peut avoir des conséquences néfastes. Pour ne citer qu’un seul exemple de la vie quotidienne, les arnaques au phishing se multiplient. Nous vous parlions récemment de ces personnes accusées d’escroquerie, âgées d’à peine 19 ans, qui envoyaient des SMS à leurs cibles en expliquant qu’ils n’avaient payé leur contravention à temps et qu’ils risquaient une majoration.
Une fois sur le site imitant l’Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions ( l’ANTAI), les victimes étaient invitées à renseigner leurs informations de paiement, notamment numéros de carte bancaire avec date d’expiration et cryptogramme visuel. Vous pouvez d’ailleurs toujours relire notre article qui revient plus en détail sur cette affaire ici.
Ce qu’il faut retenir :
- De nombreux internautes n’utilisent toujours pas d’antivirus
- Peu d’utilisateurs prennent le soin d’installer l’authentification multifacteurs
- Pendant ce temps, les arnaques sont de plus en plus élaborées
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Le monde numérique est moins compliqué qu’à ses débuts mais bien plus complexe.
Complexité des dangers, simplicité des protections, certaines gratuites, certaines indiscrètes (façon tracking (pistage) “pour mieux vous servir”).
Et puis et surtout, dans ce capharnaüm, l’utilisateur,
– qui tente ou non d’apprendre dangers et solutions pour mieux se défendre,
– ou qui se repose sur l’assurance des solutions de sécurité-confidentialité, à savoir qui recherche et accepte une assistance clés en main.
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Quoi qu’il en soit, il s’agit d’être cohérent, ce qui ne saurait être le cas quand “(…) 79 % des répondants [au sondage] se disent préoccupés par le respect de leur vie privée en ligne (…) mais seulement 35 % d’entre eux utilisent une solution antivirus.”, à moins de considérer que 44% (79%-35%) savent élaborer et font confiance à des “ajustements” (“tweaks”) faits maison et parfois cousus de fil blanc de l’OS de leur appareil … c’est possible, mais pas chez 44% des sondés, m’est avis.
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Au final nous n’en sommes peut-être pas tous conscients mais nous sommes tous, dans l’environnement digital, entre le marteau et l’enclume, le marteau des dangers, l’enclume des solutions lorsque celles-ci, gratuites comme payantes, légitiment l’intrusion dans nos données aux fins de mieux nous protéger.
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Aussi, me semble-t-il, la voie optimale pour surfer en paix sans être poursuivi (ou “assisté” !) par un sous-marin ami indiscret, c’est bien de se renseigner, de fonder puis d’approfondir en temps réel nos connaissances informatiques. Sinon, va de soi, à choisir, toujours privilégier la sécurité à la confidentialité des données, encore que les deux soient liées, mais peut-être préférerons-nous savoir notre vie privée aux mains des commerciaux et/ou agents de l’État (étranger ou non) qu’entre celles de l’internationale des hackers de tous poils.