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Une découverte spectaculaire : Hubble détecte la plus grande « usine à planètes » jamais observée

Record battu ! Notre bon vieux Hubble vient de braquer son regard sur une structure orbitale si immense qu’elle pourrait abriter des dizaines de géantes gazeuses. Un monstre cosmique tapi dans notre voisinage galactique qui n’est rien d’autre qu’une nurserie planétaire

Si vous souffrez déjà du vertige cosmique et que vous vous sentez ridicule face à la taille de notre Univers, nous avons une excellente nouvelle pour vous. Une étude publiée le 23 décembre 2025 dans la revue The Astrophysical Journal vient de confirmer qu’un nouveau record de gigantisme venait de tomber. Sous les hublots du télescope Hubble, un colosse baptisé IRAS 23077+6707 est passé : il s’agit d’un disque protoplanétaire, un gigantesque amas de gaz et de poussière en rotation autour d’une étoile naissante.

C’est dans ce genre de structures spatiales que la matière s’agglomère, s’entrechoque et finit, après quelques millions d’années, par former des planètes, des lunes, des astéroïdes et autres objets célestes. C’est le berceau d’un futur système solaire, mais sa taille dépasse l’entendement ; IRAS 23077+6707 est si étendu qu’il ridiculise tous les autres disques protoplanétaires que nous avons déjà détectés auparavant.

Un géant 51 millions de fois plus grand que la Terre

Ce mastodonte s’étend sur près de 650 milliards de kilomètres : pour vous donner un ordre d’idée, il faudrait aligner 100 fois la distance entre la Terre et Pluton pour en traverser le diamètre. Surnommé affectueusement le « Dracula’s Chivito » par les chercheurs qui l’ont découvert (en hommage à un sandwich uruguayen), ce disque présente une morphologie très particulière. Vu par la tranche (voir vidéo ci-dessus), il ressemble un peu à un sandwich, puisque deux poches de gaz lumineuses, emprisonnent une garniture de poussière sombre, comme deux tranches de pains.

Dans cette immense nurserie, c’est le chaos qui règne en maître ; contrairement à la majorité des disques protoplanétaires, il est complètement asymétrique. Strié de longs filaments s’étirant bien au-delà de son plan orbital, on dirait presque qu’il se déchire en lambeaux. On y voit des traînées de poussière vaporeuses s’arracher du centre pour se perdre dans le vide, un spectacle d’une violence inouïe que les astronomes n’avaient jamais capturé avec une telle netteté.

Pour Kristina Monsch, astrophysicienne au Center for Astrophysics et co-autrice de l’étude, Dracula’s Chivito est une grosse gifle visuelle et scientifique : « Le niveau de détail [NDLR : Hubble a réussi à percer la structure interne du disque en lumière visible, une prouesse technologique pour un objet aussi sombre] est d’une rareté absolue. Ces nouveaux clichés de Hubble prouvent que les nurseries de planètes sont bien plus instables et chaotiques que tout ce que nous avions imaginé ».

Ce berceau à planètes (si on peut encore l’appeler ainsi, car un berceau est censé être douillet) est une véritable mine d’or pour les astronomes : en l’observant, il est possible d’y disséquer un grand nombre de phénomènes astrophysiques qui nous sont normalement innaccessibles, car ils sont habituellement masqués par l’éclat des étoiles. Comme Dracula’s Chivito est vu par la tranche, son étoile centrale est occultée, laissant apparaître de nombreux détails de son organisation interne.

Migration des grains de poussière qui s’agglomèrent en futurs noyaux planétaires, formation des massives turbulences qui agitent le disque, les vents stellaires qui déchirent les couches de gaz externes, zones où les futures planètes géantes se formeront… Un spectacle en 4K, puisque c’est ici, dans ce maelström de particules, que se décide la future architecture du système solaire qui naîtra : qui deviendra une Jupiter ou qui restera une petite ceinture d’astéroïdes, par exemple.

Une opportunité immanquable, pour Joshua Bennett Lovell, également co-auteur de l’étude : « Hubble nous offre un siège au premier rang pour observer les processus chaotiques qui façonnent les disques lors de la création de nouvelles planètes — des processus que nous ne comprenons pas encore totalement ».

En théorie, au vu du gabarit de Dracula’s Chivito, il est plus que probable que nous soyons face à la genèse d’un empire céleste abritant des centaines de planètes, comprenant potentiellement des dizaines de géantes gazeuses. De quoi faire passer notre Système solaire pour une minuscule banlieue spatiale. Après avoir utilisé Hubble pour cartographier les contours de ce titan, espérons que l’on puisse un jour braquer l’œil infrarouge de James Webb vers le cœur du sandwich afin d’y détecter, en haute résolution, les protoplanètes qui s’y cachent déjà.

  • Le télescope Hubble a découvert un disque protoplanétaire immense, IRAS 23077+6707, qui pourrait abriter des dizaines de géantes gazeuses.
  • Cette structure chaotique, surnommée Dracula’s Chivito, s’étend sur 650 milliards de kilomètres et révèle des détails inédits sur la formation des planètes.
  • L’observer de plus près permettra d’étudier des phénomènes astrophysiques inaccessibles, offrant un aperçu des processus de création de nouveaux systèmes solaires.

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