Entre scepticisme et espoir, l’événement « We, Robot » pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire de l’automobile. Après des années d’attente, Tesla s’aventure sur le terrain glissant des véhicules autonomes avec ses fameux Robotaxis et son PDG, Musk, annonce, comme à son habitude, une révolution : un véhicule sans volant ni pédales. Mais dans un contexte où les promesses passées de l’entreprise en matière de conduite autonome (notamment son système FSD) peinent à se concrétiser, l’annonce suscite autant d’intérêt que de méfiance.
Wall Street garde la tête froide
Les analystes de Wall Street affichent une prudence marquée à l’approche de l’événement. Toni Sacconaghi de Bernstein pointe du doigt le retard apparent de Tesla face à ses concurrents, Cruise et Waymo (Alphabet, maison mère de Google) « qui exploitent déjà des robotaxis aux États-Unis ».
Ronald Jewsikow de Guggenheim Securities (société de services financiers américaine de premier plan) estime peu probable que Tesla soit sur la bonne voie. « En fin de compte, il y a beaucoup de cases à cocher, et nous pensons qu’il est très peu probable qu’un véritable plan crédible pour la commercialisation des robotaxis voie le jour dans les 12 à 24 prochains mois à l’issue de cet événement » affirme-t-il. Cette réserve des experts financiers traduit un scepticisme général quant à la capacité de Tesla à tenir réellement ses promesses à court terme.
Jed Dorsheimer, analyste chez William Blair (banque d’investissement), anticipe même une réaction négative des marchés financiers à la nouvelle. Ce qui, pour l’entreprise, serait une véritable catastrophe, elle qui a déjà violemment chuté en bourse ces derniers mois. « Cela ne me surprendrait absolument pas, et je m’attends pleinement à ce que l’action recule après l’événement. La tendance avec la plupart des grandes annonces de Tesla, c’est que le cours grimpe à mesure que les attentes montent… puis déçoit » explique-t-il.
Le grand saut de Tesla dans l’inconnu
Malgré ces réticences, l’enjeu technologique reste colossal pour la marque en termes d’image. Adam Jonas de Morgan Stanley évoque une possible « double approche » de Tesla : un service de Robotaxis entièrement autonome et un service de covoiturage « supervisé » établi sur la technologie FSD actuelle.
Une autre question reste en suspens, celle des équipements. Tesla utilisera-t-il le même matériel que celui de ses véhicules grand public pour ses véhicules autonomes ? Cette décision aura des répercussions considérables sur sa capacité à déployer rapidement et à grande échelle la conduite autonome dans sa flotte existante. Si Tesla utilisait les mêmes composants, elle pourrait accélérer le développement des Robotaxis en s’appuyant sur une chaîne d’approvisionnement existante et des économies d’échelle.
Cependant, si des composants spécifiques sont nécessaires pour assurer le bon fonctionnement des véhicules, cela pourrait entraîner des coûts supplémentaires et des retards. Sur ce dernier point, chez Tesla, c’est plus une tradition qu’une exception.
Entre les attentes élevées suscitées par les déclarations d’Elon Musk et l’incrédulité ambiante, la firme devra convaincre de son habileté à révolutionner le transport autonome. Le robotaxi sera-t-il le début d’une nouvelle ère ou s’ajoutera-t-il à la liste des promesses non tenues du constructeur ? Réponse ce vendredi 11 octobre, ou Tesla diffusera l’événement en direct en France à 5 h du matin.
- Tesla s’apprête à dévoiler son Robotaxi demain lors de son événement « We, Robot ».
- Les analystes de Wall Street restent prudents, doutant de la capacité de Tesla à tenir ses promesses à court terme.
- Le succès dépendra des technologies utilisées et de la disposition de Tesla à surmonter les défis liés aux coûts et à la logistique.
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