Lorsqu’une entreprise sort un nouveau modèle d’IA, celle-ci publie généralement des résultats de tests, sur les benchmarks, afin de comparer les performances de ce nouveau modèle avec d’autres produits. Et, parfois, il arrive qu’un laboratoire d’IA essaie de tricher sur ces tests, afin que son modèle paraisse plus intelligent qu’il ne l’est en réalité. L’année dernière, par exemple, après la sortie de Llama 4, le groupe Meta a été accusé d’avoir triché. À l’époque, Ahmad Al-Dahle, vice-président chargé de l’IA générative chez Meta, avait réfuté ces accusations.
“Nous avons également entendu dire que nous aurions entraîné le modèle sur des ensembles de tests, ce qui est tout simplement faux et nous ne le ferions jamais. D’après nous, la qualité variable observée est due à la nécessité de stabiliser les implémentations”, avait écrit ce responsable, dans une publication sur X. Mais, dans une interview avec le Financial Times, le chercheur français Yann LeCun, considéré comme l’un des parrains de l’IA, a un avis différent.
Pour rappel, Yann LeCun a occupé le poste scientifique en chef de l’IA chez Meta pendant plusieurs années. En 2025, il a annoncé son départ, et prépare actuellement le lancement de sa propre startup. Dans l’interview avec le FT, LeCun admet que les résultats de Llama 4 “ont été un peu trafiqués” et que pour avoir de bons résultats, l’équipe a utilisé des modèles différents en fonction du benchmark.
Un déclic pour Meta ?
En tout cas, selon LeCun, après la sortie de ce modèle, Mark Zuckerberg aurait perdu toute confiance en “toutes les personnes impliquées” et aurait mis pratiquement toute l’équipe travaillant sur l’IA générative sur la touche. Par la suite Meta a investi 15 milliards de dollars dans la startup Scale AI et recruté son CEO et cofondateur, Alexandr Wang, au poste de patron de l’IA. Meta a aussi recruté à tour de bras des experts en IA chez des entreprises concurrentes, pour former une nouvelle équipe chargée de créer une “superintelligence”.
Pour expliquer son départ, Yann LeCun a indiqué au Financial Times que rester chez Meta devenait politiquement difficile. Mais, ce n’est pas tout. Alors que la nouvelle équipe de superintelligence de Meta mise tout sur les LLM ou les grands modèles de langage, le Français s’intéresse à un autre type d’intelligence artificielle appelé “world model”. “Je suis sûr que beaucoup de gens chez Meta […] aimeraient que je ne dise pas au monde entier que les LLM sont fondamentalement une impasse en matière de superintelligence”, a-t-il confié au Financial Times.
La nouvelle startup de LeCun développera des “systèmes qui comprennent le monde physique, possèdent une mémoire persistante, peuvent raisonner et planifier des séquences d’actions complexes.” Celle-ci collaborera avec Meta, mais ses technologies devraient aussi intéresser d’autres entreprises dans d’autres secteurs. La startup du chercheur français, au sein duquel il occupera le poste de président exécutif, devrait sortir ses premiers résultats (une “version bébé” de son IA) dans les 12 prochains mois.
- Après la sortie de Llama 4, Meta a été accusé de trafiquer les benchmarks pour que son IA ait l’air plus performant
- Un responsable avait, à l’époque, nié les accusations, mais, aujourd’hui, Yann LeCun a un avis différent
- Celui-ci affirme, dans une interview avec le Financial Times, que les résultats ont été un peu trafiqués
- Depuis, Meta a recruté un nouveau patron de l’IA et recruté de nombreux experts en IA chez des entreprises concurrentes
- Yann LeCun a annoncé son départ de Meta, en 2025, pour créer sa propre startup (qui collaborera avec Meta)
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