[détox] Wydden Magazine, du blog à la presse papier

Wydden Magazine est la dernière production des créateurs du blog 1001startups. Entretien avec Gaëlle Ottan, directrice de publication de ce nouveau magazine.

1001startups est un blog créé en 2013 qui traitait principalement de l’actualité des startups. Petit à petit, le site s’est diversifié et est devenu un véritable média, prodiguant des conseils aux entrepreneurs, interviewant de nombreux créateurs d’entreprise tout en continuant d’informer sur l’actualité des startups.

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De la slow information dans un univers qui va à 100 à l’heure

Depuis quelques années, le blog est devenu un outil de publication de plus en plus accessible et de nombreux autres sites dédié à l’actualité entrepreneuriale ont vu le jour. Si le statut de 1001 startups, qui est un des blogs dédiés aux startups les plus suivis sur la scène nationale, n’est aucunement remis en cause, nul doute que cette « mode » des blogs, tout comme l’émergence de contenus long format, a pu déclencher chez les membres de l’équipe rédactionnelle une volonté de renouveau.

Via Wydden Magazine, les membres de l’équipe rédactionnelle de 1001 startups ont voulu tenir notre rôle de « média fait par des entrepreneurs ». En proposant un contenu nouveau, plus long et éloigné des articles que l’on trouve sur le web, ils souhaitaient proposer une autre approche de l’information par des entrepreneurs pour les entrepreneurs. Une façon d’imaginer l’information qui comblerait la curiosité débordante des créateurs et d’utiliser le principe de slow information à l’univers des startups.

Traiter des sujets de fonds

Pour en savoir plus sur la conception du magazine, je me suis entretenu avec Gaëlle Ottan, directrice de publication de Wydden Magazine.

Presse-Citron : Peux-tu nous présenter Wydden Magazine en quelques mots ?

Wydden Magazine est un trimestriel papier, dédié aux startups, à l’entrepreneuriat et à l’innovation. Avec Wydden, nous nous positionnons comme un média « Slow Information » dont l’objectif est de traiter de sujets de fonds tous les trimestres, plutôt que de traiter d’actualités et de sujets « chauds » mensuellement.

P-C : Comment vous est venue l’idée de créer un magazine dédié aux startups ?

L’écosystème startup, et a fortiori les médias qui traitent du sujet, est dans une course à la rapidité qui s’explique par l’essence même d’une startup ! Mais de ce fait, il nous apparaissait aussi important de travailler sur des sujets plus fouillés, moins « bankable » et plus atypiques, des articles qui permettent d’apprendre de nouvelles choses et de prendre du recul sur l’ensemble de l’écosystème que nous contribuons tous à créer.

Avec Wydden, on souhaitait vraiment s’inscrire dans la mouvance du Slow Media en réalisant un magazine sans publicité, avec des sujets durables dans le temps et qui nécessitent un peu de temps pour être lus. On avait aussi la volonté de créer un magazine esthétique et de qualité que l’on a envie de garder et de collectionner !

P-C : À l’heure du tout internet, n’est-ce pas un retour en arrière que de se lancer dans le print ?

Je ne considère pas du tout la sortie de Wydden comme un retour en arrière, mais vraiment comme un grand pas pour 1001startups et un nouveau défi de taille !

Je travaille dans le numérique et les startups, et pourtant, je continue d’acheter énormément de livres et de magazine papier. Justement, je crois que les deux expériences web et print se complètent très bien… Certains contenus sont faits pour le web et n’ont que peu d’intérêt sur papier et vice versa. Pour les formats longs et denses, je crois que le papier reste le format idéal, en termes de mise en page et de confort de lecture notamment. Et puis il reste encore quelques endroits où l’on n’a pas d’accès internet : l’avion, le métro et le TGV par exemple !

Pourtant, c’est vrai que la tendance est largement celle des médias papier qui se lancent dans le web et qu’à l’inverse peu de médias web lancent un magazine papier. Le modèle économique du print est plutôt compliqué ces dernières années !

Mais je ne crois pas du tout que les magazines ou les journaux papier sont morts, ils doivent en revanche réinventer leurs modèles pour gagner en agilité et en indépendance.

P-C : Votre expérience dans le blogging a-t-elle été utile pour lancer le magazine ?

Bien sûr, nous produisions déjà du contenu avec 1001startups, et cela nous a beaucoup aidés pour imaginer et lancer le magazine. On souhaitait vraiment garder avec Wydden notre ADN et notre ton.

Nous ne sommes pas des journalistes, mais des entrepreneurs, et je crois que cela s’en ressent au niveau de notre manière d’aborder les sujets, tant avec 1001startups qu’avec Wydden.

P-C : Y a-t-il une grosse différence entre la rédaction pour le web et la rédaction pour le print ?

Le travail est assez différent. Les sujets et reportages que nous réalisons avec Wydden nous demandent plus de temps, de rencontres et de travail de recherche.  C’est un assez long travail d’agrégation et de restitution des données !

P-C : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Les principales difficultés étaient de faire face aux délais avec les contraintes éditoriales et les délais incompressibles de la mise en page, de l’impression et de la logistique !

Quand nous avons décidé de lancer le magazine, nous avons lancé une campagne de Crowdfunding sur Ulule. Notre objectif était double : nous assurer que le projet d’un magazine « Slow Information » plaisait, et qu’une certaine catégorie d’entrepreneurs et membres de l’écosystème était prête à payer 15€ pour ce type de support. Notre campagne a été un franc succès, nous avons donc lancé le premier numéro en décembre.

P-C : Comment choisissez vous ce qui sera traités en format long sur le magazine ou en format court sur le blog ?

On fonctionne beaucoup à l’intuition. Lorsqu’on a des sujets que l’on trouve intéressant de traiter en profondeur, alors on privilégie le format long sur papier. Lorsqu’il s’agit de sujets plus classiques, dont l’apport de recherche et de source est moins important, alors nous le publions sur 1001startups.

Grâce à l’analyse du trafic et les statistiques de visites par article, on sait aujourd’hui ce qu’attendent les visiteurs de 1001startups. Les actualités, les conseils et les retours d’expériences sont largement plébiscités. En revanche, les articles pointus rencontrent moins leur public, notamment car les sujets sont moins recherchés sur les moteurs de recherches et moins cliqués depuis les réseaux sociaux !

Sur le support papier, l’expérience est tout le contraire, car on peut plus facilement surprendre le lecteur avec des sujets qu’il n’aurait pas forcément recherché par lui-même. Si Wydden pose plus de questions qu’il n’apporte de réponse, alors c’est réussi.

P-C : D’un point de vue personnel, que ta apporté cette expérience ?

Énormément de choses ! Lancer un magazine en trois mois, avec une équipe très réduite, c’est assez dingue en termes d’excitation et d’adrénaline et de quantité de travail tout de même ! J’apprécie particulièrement apprendre des tas de nouvelles choses en traitant des nouveaux sujets que l’on ne traitait pas forcément avec 1001startups, à tort ou à raison d’ailleurs.

P-C : Quels sont les premiers retours ? Quand est prévu le prochain numéro ?

Pour l’instant nous sommes satisfaits, nous avons de très bons retours ! Les gens sont assez surpris, à la fois des sujets, de la qualité des recherches et du côté esthétique du magazine. On est la tête dedans donc on voit toujours des points d’améliorations, mais pour un premier numéro c’est très positif. Pour le second numéro, par exemple, les sujets ont été approfondis et le contenu sera plus conséquent. Il est prévu pour début avril !


Si un petit retour au format papier vous tente, vous pouvez vous abonner à Wydden Magazine et découvrir pas mal de sujets intéressants sur les startups à cette adresse : http://wydden.com/boutique/.

D’un point de vue plus général, on observe que le web et le print ne sont pas forcément des « ennemis jurés » mais que le public est différent. Le contenu web est difficilement duplicable sur papier et l’expérience long format est intéressante sur le web si le site a été pensé en ce sens en amont (nous en avons parlé plusieurs fois dans [détox] notamment avec Les Jours ou Le Quatre Heures).

Sinon, un magazine de slow information en format e-pub, c’est du print ou du web ? Allez, à dans 15 jours !


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2 commentaires

  1. jejelapoisse on

    En tout cas très beau boulot! Je suis votre page depuis un moment, ai participé à votre campagne Ulule, et quelle excitation de recevoir votre magasine!
    Sans pub, bien illustré, des contenus hyper intéressant (surtout quand on a en projet de créer une entreprise IoT), et surtout, le petit mot personnalisé très gentil.

    Continuez comme ca et j’achèterai les suivants 😉

  2. Gaëlle 1001 on

    Bonjour! Merci beaucoup Jejelapoisse pour ce commentaire et vos encouragements! Ravie que le magazine vous plaise 😉

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