Le tribunal des activités économiques de Nanterre a consacré, ce 1er octobre, une audience à l’avenir du groupe Brandt. Le géant français de l’électroménager traverse une période critique : ses dirigeants ont confirmé qu’ils recherchaient, « depuis plusieurs mois », un partenaire industriel ou financier pour l’accompagner dans une relance.
Des difficultés financières persistantes
Depuis 2023, Brandt enregistre une baisse inquiétante de son chiffre d’affaires, confirmée en 2024 par un recul de 3,9 %. La crise immobilière, qui a freiné le marché des cuisines et de l’équipement domestique, a accentué ses difficultés. Face à la concurrence asiatique, très agressive en prix et en innovation, l’entreprise peine à maintenir ses parts de marché.
Le redressement judiciaire ouvert concerne également ses filiales « Vedette », « De Dietrich » et « Sauter », trois marques emblématiques du patrimoine électroménager français. Au total, ce sont plus de 750 salariés répartis sur quatre usines en France qui voient leur avenir suspendu aux décisions du tribunal.
Une marque historique

Créé en 1924, Brandt s’est d’abord imposé comme un acteur majeur dans la production de cuisinières et de machines à laver. Dans les années 1950 et 1960, elle devient le symbole de la modernité domestique. Populaire, elle équipe des millions de français.
Elle connaît ensuite un essor important avec le lancement de produits phares comme ses lave-linge et ses fours encastrables, qui marquent plusieurs générations de consommateurs.
L’entreprise a changé de mains à plusieurs reprises : intégrée au groupe Thomson en 1966, puis à Moulinex dans les années 2000, elle a finalement été reprise par le conglomérat algérien Cevital en 2014.
Cette acquisition devait symboliser un nouveau départ, avec l’ambition de développer un électroménager « made in France » compétitif à l’international. Dix ans plus tard, l’équation reste fragile : la mondialisation et l’érosion du pouvoir d’achat des ménages français compliquent la relance.
Entre héritage et modernisation
Aujourd’hui, Brandt réalise environ 260 millions d’euros de chiffre d’affaires dans 36 pays, mais reste très attaché du marché français. Il représente 70% de ses ventes. Pour sortir de cette dépendance, le groupe espère attirer de nouveaux investisseurs et se repositionner sur des segments à forte valeur ajoutée, tels que l’électroménager connecté ou les équipements plus économes en énergie.
Face à ce besoin de modernité, moteur d’un système économique fragile, la marque Brandt compte jouer sur son image et son savoir-faire. Avec plus de 100 ans d’histoire industrielle en France, ce sont aujourd’hui 750 emplois qui construisent les produits de demain.
La décision du tribunal, et surtout l’arrivée éventuelle d’un partenaire solide, sera déterminante pour savoir si Brandt peut écrire une nouvelle page de son histoire.
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