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Elle fait une fausse-couche, elle reçoit des publicités pour des poussettes

La déchirante lettre ouverte de la mère d’un enfant mort-né aux géants d’Internet et de la publicité.

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Nous sommes tous régulièrement confrontés au manque de pertinence de certains algorithmes gérant les données publicitaires sur internet. L’exemple le plus flagrant étant celui où vous achetez un produit sur un site de e-commerce, et où, pendant les jours, voire les semaines suivant cet achat, une publicité pour le même produit s’affiche de façon insistante sur toutes les pages que vous visitez.

C’est la magie du retargeting, qui permet de vous « re-cibler » via les cookies après une recherche ou un achat afin de tenter de vous vendre un produit. Problème : les algorithmes, que l’on croit pointus et intelligents, sont souvent tout l’inverse, obstinément idiots, même chez les géants de la tech. En effet, quoi de plus stupide que de s’obstiner pendant des jours à essayer de vous vendre un produit que vous venez d’acheter, sur la simple foi de votre historique de navigation ?

Malheureusement, si ce genre de comportement peut s’avérer seulement agaçant (mais peut être réglé en supprimant les cookies et en vidant le cache de son navigateur), il peut aussi avoir des conséquences dramatiques, comme le montre l’histoire de Gillian Brockell, une journaliste du Washington Post.

De la publicité pour des poussettes après une fausse-couche

Après avoir mis au monde un enfant mort-né, la jeune femme explique dans une déchirante lettre ouverte aux géants de la tech publiée sur Twitter, comment elle continue à être bombardée de publicités pour des soutien-gorges d’allaitement, des poussettes, ou encore des conseils pour aider son enfant à bien dormir la nuit. Et même un email d’Experian, une société spécialisée dans la gestion de données, pour « terminer l’enregistrement de son enfant ». Comme si tout allait bien dans le meilleure des mondes. Comme si son nouveau-né était encore de celui-ci.

« S’il vous plait, les compagnies Tech, je vous implore : si vous êtes assez intelligentes pour comprendre que je suis enceinte, que j’ai donné naissance, alors vous êtes sûrement assez intelligentes pour comprendre que mon bébé est mort, et pour m’adresser de la publicité adaptée, ou peut-être, juste peut-être, rien du tout. »

Alors bien sûr, Gillian explique également qu’elle a participé elle-même tout à fait consciemment à cette mise en scène quelque peu macabre, en communiquant régulièrement sur sa grossesse et son futur accouchement, en cliquant sur des publicités ciblées et sur des hashtags comme #30weekspregnant ou #babybump, indiquant également la date prévue de l’accouchement sur la section « liste de naissance » d’Amazon, fournissant aux algorithmes de ciblage toutes les données leur permettant de faire leur travail. Mais elle leur reproche précisément de manquer de discernement. Selon elle, quand les choses ont commencé à mal tourner, quand elle a posté des termes comme « Braxton Hicks (fausses contractions) » ou « le bébé ne bouge plus », et qu’elle n’a plus rien publié pendant trois jours alors qu’elle poste très souvent en temps normal, les algorithmes auraient comprendre que quelque-chose ne tournait pas rond et cesser leur matraquage publicitaire mettant en avant des produits pour la petite enfance. A fortiori après qu’elle ait publié des statuts contenant des mots comme « effondrée », « problème » ou « mort-né ».

A l’heure de l’intelligence artificielle, faut-il s’attendre à ce que les algorithmes fassent preuve d’un peu plus… d’intelligence ? Voire d’un soupçon d’humanité ?

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6 Commentaires

6 Commentaires

  1. Alain Ternaute

    13 décembre 2018 at 10 h 42 min

    Les politiques marketing ne souhaitent pas accorder de contrôle à l’utilisateur. Le contrôle signifie le pouvoir de raisonner ses achats, de se donner le temps et le recul face aux techniques d’influence, etc. En bref, le contrôle à l’utilisateur lui permet de résister aux manipulations marketing. C’est fondamentalement contre-productif, et il est illusoire de s’imaginer des options permettant d’agir sur son profiling.
    Le seul espoir que j’entrevois dans ces conditions, c’est le développement du spoofing.

  2. Zebulon

    13 décembre 2018 at 14 h 26 min

    Accoucher d’un enfant mort-né, ce n’est pas faire une fausse couche. Vous devriez rectifier au plus vite.

  3. cricri

    13 décembre 2018 at 14 h 52 min

    J’ai quitté tous les réseaux sociaux avant de me faire piégier. Peut-être parce que je suis réfractaire à toute influence depuis toujours, mon cerveau émettant des alertes ! Tout le monde n’a pas la chance d’analyser à vitesse grand V !
    Et c’est tellement artificiel cette soit-disant sociabilisation. On y trouve surtout de mauvaises personnes et ce sont celles-là qui attirent les gens qui n’ont pas appris à réfléchir. Comme la merde attire les mouches. Les mouches étant programmées comme une grande partie de l’humanité. Nous n’avons pas vécu au rythme des changements extrêmement rapides de ces dernières 100 années.
    Je me demande si en étant hors réflexion, on n’est pas dans une sorte de sélection naturelle d’élimination ou l’inverse, ceux qui pensent vont disparaitre au profit des millions de gens hors humanité.

  4. Loukoulouk

    13 décembre 2018 at 15 h 40 min

    Le jour où le marketing sera capable de déduire tous les événements de notre vie à partir de simples recherches et d’en tirer des conclusions, c’est ce jour-là qu’il faudra s’inquiéter.

    Les algorithmes manquent de discernement ? Tant mieux ! Ça veut dire que nous ne vivons pas encore dans le monde d’Orwell.

  5. Yvon

    13 décembre 2018 at 16 h 32 min

    Elle n’a pas fait une fausse couche, elle a accouché d’un bébé mort-né. Encore une fois, nous sommes confrontés à « un manque de pertinence » journalistique.

  6. Fifi

    14 décembre 2018 at 7 h 46 min

    Fausse couche..n’importe quoi..

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