En voyant Elon Musk se rapprocher de Donald Trump pendant la campagne présidentielle, certaines personnes ont pu penser que cela allait avoir de bonnes répercussions pour la NASA. Après tout, l’homme d’affaires sud-africain crie son amour de la science et de l’espace à chaque fois qu’on lui tend un micro. Comment pourrait-il planter un couteau dans le dos de l’institution qui le finance (en très grande partie) ?
Aujourd’hui, son entreprise SpaceX repose sur des contrats passés avec la NASA. L’agence spatiale américaine est son plus gros client et les échanges d’informations entre les deux entités sont quotidiens. Oui, mais voilà, Elon Musk a rejoint les rangs de Donald Trump dans un but précis : réduire le déficit public américain.
Pour cela, il avait annoncé dès le départ qu’il ferait des coupes franches partout, et la NASA n’a pas échappé à la règle. L’agence vient d’ailleurs de se faire amputer de 420 millions de dollars. Dans une déclaration faite à la presse, la porte-parole de la NASA, Bethany Stevens, explique cette décision.
« Cet effort de rationalisation garantit que l’argent des contribuables est dirigé vers les projets ayant le plus grand impact tout en maintenant les fonctions essentielles de la NASA au plus haut niveau d’exécution. »
Précision, qui peut avoir son importance, Bethany Stevens vient de rejoindre les rangs de la NASA il y a quelques semaines à peine. Son CV est rempli d’autres lignes, toutes aussi prestigieuses. Elle a notamment été la porte-parole du sénateur du Texas, le républicain et l’ultraconservateur Ted Cruz.
Des coupes ciblées
Néanmoins, une réduction du budget de la NASA n’est pas une idée nouvelle. Elle est même dans les petits papiers de la Maison-Blanche depuis des années.
Depuis 2016, le budget de l’agence est passé de 19 à 25 milliards de dollars. Une hausse à mettre en perspective, puisqu’il représente toujours 0,5 % du PIB américain, cette évolution n’a donc que très peu d’impact sur le pouvoir d’achat du contribuable.
Autre point important à prendre en considération, 420 millions de dollars, c’est 1,68 % du budget de la NASA. Cela revient à retirer un seau d’eau d’une piscine, en espérant voir le niveau descendre drastiquement. Ces économies, purement symboliques, ont néanmoins des répercussions.
Car elles ne s’appliquent qu’à des secteurs précis, où les budgets sont déjà restreints. Fin janvier, l’agence spatiale a ainsi fermé ses bureaux liés à la diversité, à l’équité, à l’inclusion et à l’accessibilité. Elle a également annulé tous les contrats externes dans ce domaine. En tout, 23 personnes ont perdu leur emploi, dont la scientifique Katherine Calvin. Cette ancienne vice-présidente du GIEC est une référence mondiale sur les sujets climatiques.
La NASA n’est pas la seule victime

Si la populaire NASA fait parler d’elle, d’autres instances gouvernementales subissent la même chose, dans le silence médiatique. Elon Musk, le patron du DOGE a déjà frappé dans d’autres secteurs.
Ainsi la Food and Drug Administration (FDA), la National Oceanic and Atmospheric Administration ou NOAA (l’équivalent de Météo-France) et le National Park Service (un équivalent à l’ONF en France, bien que le rôle des deux entités soit différent) ont été touchés par des coupes budgétaires.
Des économies qui ne plaisent pas
Des employés fédéraux ont perdu leur travail. C’est le cas de plusieurs météorologues de la NOAA. Ils servaient pourtant à cartographier, étudier et prévenir les risques d’ouragans aux États-Unis. Dans un pays qui a connu des drames comme Katrina en 2004, une telle mesure budgétaire est plus que contestable.
Ces décisions font néanmoins l’objet de contestations massives. Sur la toile, des millions de personnes préparent des évènements d’ampleur. De grandes journées de protestation pacifique se préparent partout dans le pays, comme nous le révélions dans cette enquête.
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