L’écosystème européen des start-up ne vit pas sa meilleure période. Sur le premier semestre, les opérations de sorties, combinant les fusions-acquisitions et les introductions en Bourse, ont affiché une baisse significative. Tant en volume qu’en valeur.
En baisse par rapport à 2023
Au total, les sorties ont comptabilisé 363 opérations pour une valeur globale de 3,8 milliards d’euros, selon une étude de la firme d’analyse PitchBook citée par Les Échos. Des montants particulièrement bas par rapport à l’accoutumée. Les financements ne se sont pas démarqués non plus. Les start-up européennes ont, pour leur part, levé 28,9 milliards d’euros sur un ensemble de 4 075 opérations. C’est encore moins bien que sur la même période de l’année précédente, pourtant marquée par une forte baisse de croissance en raison du ralentissement économique.
Ces chiffres ne reflètent pas la situation française, les start-up tricolores ayant levé 912 millions d’euros sur le seul mois de juin. En Europe comme en France, le secteur de l’intelligence artificielle échappe à cette tendance. Des tours de table colossaux ont eu lieu, notamment ceux de Mistral AI et des Allemands DeepL et Aleph Alpha. Les start-up d’IA ne cessent d’attirer les investisseurs, avides de capitaliser sur l’essor exponentiel de la technologie.
De manière globale néanmoins, force est de constater que l’écosystème des start-up européen doit être vitalisé. Contrairement aux États-Unis, par exemple, les grands groupes font rarement l’acquisition de jeunes pousses pour renforcer leur activité.
Un reflet de la situation économique et géopolitique
Du côté des entrées en Bourse, les chiffres ne sont pas fameux non plus. Le marché boursier du Vieux Continent, à l’instar de Wall Street, subit un important coup de frein depuis près de deux ans. Le cours de l’action de l’hébergeur OVHcloud n’a jamais été aussi bas, tandis que des entreprises comme le spécialiste de la musique numérique Believe ont décidé de quitter la Bourse, note Les Échos.
Un constat illustrant le contexte économique et géopolitique instable en Europe, où la croissance a affiché une hausse maussade de 0,3 % au cours du premier trimestre. Outre la guerre en Ukraine, des élections majeures se préparent actuellement au Royaume-Uni et en France, favorisant un climat d’incertitude. D’ailleurs, les start-up françaises se préparent déjà à la fin de l’ère Macron, et ne cachent pas leurs doutes quant à leur avenir.
Cette dynamique risque de perdurer tout au long de l’année. « S’il se maintient au niveau du premier semestre 2024, le montant total des sorties cette année pourrait atteindre un plus bas depuis une décennie », prévient PitchBook.
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