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En France, le Dieselgate a causé la mort prématurée de 16 000 personnes (et ce n’est pas fini)

Une étude est parvenue à quantifier les impacts concrets de l’un des plus grands scandales de l’histoire automobile.

Une étude du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), un institut finlandais, dévoile l’ampleur humaine et économique du Dieselgate. Rappelez-vous, ce scandale qui a secoué l’industrie automobile dans les années 2010.

Révélé en 2015, il a principalement impliqué Volkswagen, bien que d’autres marques comme Renault, Fiat Chrysler, BMW ou Mercedes-Benz aient également été pointées du doigt.

Pour rappel, le constructeur allemand a installé des dispositifs de trucage sur certains moteurs diesel. Ces logiciels permettaient aux véhicules, vendus entre 2009 et 2019, de respecter les normes anti-pollution uniquement lors des tests en laboratoire, tout en émettant jusqu’à plusieurs fois les niveaux légaux de polluants lors d’une utilisation réelle sur route. 200 modèles étaient, et sont encore, concernés.

Les ravages du NO2

Et il s’avère que les conséquences du Dieselgate sont encore plus désastreuses qu’on ne le pensait. En France, 16 000 personnes sont décédées prématurément entre 2009 et 2024 à cause de la surémission de dioxyde d’azote (NO2) liée aux moteurs truqués, selon une modélisation croisant les données d’émissions réelles, les cartes de pollution de l’air, les taux d’exposition de la population et les risques sanitaires connus. Car ce composé chimique est un polluant particulièrement nocif pour les poumons et le cœur, favorisant les maladies respiratoires, cardiovasculaires, voire certains cancers.

En élargissant aux pays de l’Union européenne et au Royaume-Uni, les chercheurs estiment que 205 000 décès prématurés sont imputables au Dieselgate. Pire encore, l’étude anticipe 8 000 morts supplémentaires en France d’ici à 2040, date fixée pour la fin du moteur thermique, si rien n’est fait pour retirer les véhicules concernés de la circulation.

volkswagen rappel vehicules
© Unsplash / Julian Hochgesang

Un impact économique colossal

Ce scandale vaut aussi très cher. En France, le coût économique total est évalué à 146 milliards d’euros entre 2009 et 2040. Ce montant inclut notamment les dépenses de santé, les pertes de productivité liées aux congés maladie, et les décès prématurés. La facture grimpe à 1 200 milliards d’euros à l’échelle européenne.

« Il faut que l’État impose aux constructeurs automobiles la remise aux normes de ces véhicules. C’est ce qui a été fait aux Etats-Unis dès que le scandale a éclaté, pour sauver des milliers de vies. On parle de milliers de cas d’asthme, de centaines de milliers de journées non travaillées pour l’économie. Ça vaut le coup, il faut agir », exhorte Anne Lassman-Trappier, en charge de la qualité de l’air pour France Nature Environnement.

Plusieurs cadres du groupe ont depuis été jugés ou font l’objet de poursuites judiciaires. Il y a quelques jours, quatre anciens dirigeants de Volkswagen ont été reconnus coupables de fraude, et deux d’entre eux condamnés à de la prison ferme.

  • Une étude a estimé le nombre de décès résultant du Dieselgate.
  • En France, 16 000 personnes sont décédées prématurément entre 2009 et 2024 à cause de ce scandale.
  • Ce chiffre atteint les 205 000 décès à l’échelle européenne.

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Par : Gouvernement français
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