Passer au contenu

Énergie : le plastique, nouveau carburant toxique né de la pauvreté et de la crise

Démunies de combustible propre pour se chauffer ou cuisiner, des millions de personnes se tournent, sans avoir le choix, vers une ressource gratuite, mais dévastatrice : le plastique.

Il est devenu le combustible de la dernière chance, celui qu’on choisit parfois car il n’y a rien d’autre pour assurer la survie de sa famille. Dans les quartiers urbains défavorisés de 26 pays en développement, l’odeur âcre du plastique brûlé a remplacé celle du bois ou du gaz. La pollution plastique est devenue, en quelques années seulement, une source d’énergie de dernier recours et une pratique aux conséquences sanitaires et environnementales cataclysmiques.

Une problématique sociétale mise en lumière par une vaste enquête menée par l’Université Curtin (Australie), publiée le 8 janvier dans la revue Nature Communications. « C’est un problème qui se déroule largement hors de vue des radars et pour lequel il était jusqu’ici difficile d’obtenir des données précises », explique le Dr Bishal Bharadwaj, son principal auteur. Pour ces populations, sacs, bouteilles, emballage et autres détritus sont les seuls matériaux qu’elles peuvent brûler afin de se nourrir correctement, et maintenir leur lieu de vie au chaud et à l’abri des insectes. Des déchets qui viennent majoritairement des pays développés, que l’on exporte sans vergogne vers les pays du Sud, alimentant un marché de la misère où les rebuts des uns sont l’une des conditions de survie des autres.

La combustion du plastique : une inhalation à sens unique

Ce « carburant » de fortune est bien souvent jeté dans d’archaïques foyers à ciel ouvert, des braseros artisanaux qui servent à la cuisson des aliments ou pour le chauffage. Lorsqu’il est brûlé de cette manière, sa combustion est incomplète, les polymères se consument mal et dégagent dans l’air un cocktail de gaz non brûlés et de particules fines ultra-toxiques. Dans des lieux clos comme des habitations ou des commerces, l’air est donc saturé et extrêmement nocif.

Le coupable le plus redoutable identifié par les chercheurs est le PVC (polychlorure de vinyle), classé comme étant le troisième plastique le plus utilisé en tant que source d’énergie. Composé à 57 % de chlore (Cl), il dégage du chlorure d’hydrogène (HCl), qui est un gaz acide très corrosif pour les voies respiratoires quand ce plastique se consume à trop faible température. Mais ce n’est pas tout : « Lorsque le PVC est brûlé, il libère des dioxines et des furannes hautement toxiques, qui figurent parmi les polluants les plus dangereux connus à ce jour », explique Hari Vuthaluru, également co-auteur de cette étude.

Ces molécules, d’une persistance effroyable, imprègnent durablement tout ce qu’elles touchent : les parois des murs, les vêtements et et surtout l’organisme de celles et ceux qui inhalent cette fumée. Les premières victimes sont, sans surprise, les plus vulnérables : femmes, enfants et personnes âgées, exposés quotidiennement à ces émanations en intérieur.

Une fois à l’intérieur du corps, il ne peut les éliminer et ces toxines s’y accumulent et y restent stockées plusieurs décennies. Au long terme, elles peuvent provoquer l’apparition de divers types de cancers, de troubles sévères de la fertilité et des malformations congénitales chez les nouveau-nés ou des retards de développement physique et cognitif irréversibles chez les jeunes enfants. N’est-ce pas là l’une des étapes ultimes de la déchéance civilisationnelle ? L’éclatement d’une crise sanitaire qui n’impacte que ceux qui n’ont pas les moyens de consommer.

Imaginez alors ce qu’il se passera, quand la consommation de plastique triplera d’ici 2060 ? Car ce sont bien les prévisions de cette étude, nous menant tout droit vers une nouvelle forme d’apartheid, où l’air pur sera le dernier luxe des nantis. Il serait bien naïf d’attendre un sursaut des gouvernements, même face aux injonctions des ONG et agences de santé : la délocalisation de la pollution est un business model bien trop rentable pour être abandonné. Le plastique est le sang vicié de la mondialisation, un ogre dont on ne videra pas les artères de sitôt.

  • Des millions de personnes dans les pays en développement brûlent du plastique comme ultime source de combustible, remplaçant le bois et le gaz.
  • Cette pratique, alimentée par des déchets des pays riches, entraîne des conséquences sanitaires et environnementales catastrophiques, notamment l’émission de toxines dangereuses.
  • La combustion du plastique dans des foyers précaires expose les plus vulnérables à des risques de cancers et de malformations, aggravant la crise socio-économique.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

TousAntiCovid
TousAntiCovid
Par : Gouvernement français
4.4 / 5
k324.5 avis