Après des années de flou juridique autour du métier d’influenceurs, qui a permis à certains de s’adonner à des dérives alarmantes, le gouvernement a enfin tiré la sonnette d’alarme. De plus en plus répandu, il était temps que le métier de créateur de contenu soit mieux encadré. Ainsi, après moult plaintes et polémiques, le gouvernement a finalement adopté une proposition de loi visant à mieux encadrer leurs activités.
Mais les influenceurs ne sont pas les seuls concernés par un durcissement des réglementations. Les enfants influenceurs sont également au cœur des préoccupations. De nombreux bambins voient régulièrement leur vie exposée aux yeux du monde entier. Exploitation, travail des mineurs, absence de consentement, surmédiatisation, irrespect de la vie privée… La mise en avant des enfants sur les réseaux sociaux soulève de nombreuses problématiques.
Ainsi, depuis 2020, les règles qui encadrent et protègent les mineurs qui font du mannequinat, de la publicité ou du spectacle s’appliquent à ces influenceurs d’un nouveau genre. Mais ce n’est pas encore suffisant.
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Difficile d’encadrer les enfants influenceurs
Si une loi a bel et bien été mise en place pour encadrer le métier des enfants influenceurs, avec de véritables sanctions pécuniaires et même des peines d’emprisonnement, de multiples parents ne se sentent pas vraiment concernés. La plupart des géniteurs y voient un loisir comme un autre. Sans s’inquiéter des conséquences que cela peut avoir sur leur progéniture.
À l’heure actuelle, les conséquences d’une surexposition de la vie privée de ces enfants influenceurs sont déjà là. La parole se libère et ces influenceurs d’un nouveau genre sont désormais suffisamment grands pour s’exprimer. Si Swan et Neo (et leurs six millions d’abonnés sur YouTube) affirment avoir toujours été consentants, d’autres “bébés stars” regrettent cette surmédiatisation et cette instrumentalisation sans avoir eu leur mot à dire. Car oui, filmer et partager la vie quotidienne de sa famille peut être très lucratif.
Outre un véritable problème éthique vis-à-vis des enfants en question, cela est vu comme de la concurrence déloyale pour les agences de mannequins. Ces dernières doivent se plier à une avalanche de réglementations pour collaborer avec des mineurs.
Si les parents ont, évidemment, leur part de responsabilité, les marques ne sont pas toutes blanches pour autant. Effectivement, elles connaissent la loi bien mieux que les géniteurs. Responsable de l’antenne bordelaise de l’agence Apparence Agency, Sam Tirloy a confié à nos confrères du Monde que “les très grosses enseignes sont souvent respectueuses de la loi”. Contrairement aux plus petites structures “qui pensent que la loi ne s’applique pas à elles”.
Ces marques jettent leur dévolu sur des comptes qui ne sont pas trop gros. Ils sont perçus comme plus fiables et plus authentiques par leurs abonnés. Par conséquent, ils jouissent d’une communauté redoutablement engagée. Mais quelle que soit la popularité des comptes, des sanctions peuvent être appliquées. Malheureusement, la loi actuelle est encore incomplète et elles sont encore rarement mises en place. Ce qui ne pousse pas les parents à s’y conformer.
Le gouvernement doit impérativement se pencher encore plus sur le sujet pour mieux protéger ces enfants surexposés et utilisés à des fins de faire-valoir de produits en tout genre. En mars dernier, une loi a été votée à l’Assemblée nationale dans le but de “responsabiliser les parents”.
Le député Bruno Studer fait le parallèle entre les publications sponsorisées sur les réseaux sociaux et le téléachat. En effet, sur les réseaux sociaux, un lien peut renvoyer directement vers un site marchand. Cela s’apparente donc à du téléachat et la loi interdit aux enfants de faire de la publicité dans ces programmes. Il y a, ainsi, encore beaucoup de chemin à parcourir pour protéger efficacement les enfants sur les réseaux sociaux.
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