Dans le monde du spatial, les jeunes entreprises du « New Space » ne manquent pas d’ambition. Dans un marché saturé où les liquidations deviennent de plus en plus courantes, toutes les sociétés le savent, elles se livrent une course contre la montre.
Ce 14 octobre c’est l’entreprise espagnole PLD qui a publié un communiqué plein d’espoir. Elle fait le point sur le développement de sa fusée, Miura 5. En deux ans seulement, soit « deux fois plus vite que l’industrie », elle est arrivée au bout de ce travail de titan.
Fondée en 2011 du côté d’Elche, l’entreprise embauche aujourd’hui 400 personnes. En 2015 elle avait déjà fait parler d’elle en produisant son propre moteur de fusée. Une première en Europe à l’époque. Depuis 10 ans, PLD est devenu un acteur incontournable du « New Space ».
Un premier vol orbital en 2026 ?
2026 risque d’être l’année bascule pour l’entreprise. Elle prévoit de faire voler Miura 5, son lanceur orbital pour la première fois. Ce vol test partirait de Guyane, depuis le pas de tir diamant à Kourou. En juin, PLD Space a noué un partenariat avec le CNES pour disposer de sa propre base de lancement.
Avec cet accord historique, l’entreprise espagnole devient la première société privée à disposer de son propre espace en Guyane. Si on fait le point, PLD Space dispose donc d’une fusée réutilisable prête à voler. L’entreprise promet une cadence de production permettant d’atteindre les 30 vols par an d’ici à 2030.
PLD Space : une réussite européenne
Sur le long terme, PLD Space parle d’une fusée construite tous les 15 jours. Avec ses 500 kilogrammes de charge utile, elle serait la solution idéale pour envoyer de petits satellites en orbite. Alors que l’Europe cherche à s’émanciper des États-Unis et de SpaceX, PLD Space offre une porte de sortie royale au vieux continent.
Il faudra maintenant que toutes ces promesses se transforment en actes. Un vol de démonstration est prévu pour 2026. Dans le même temps, l’entreprise serait en train de boucler une levée de fonds de 130 millions d’euros à travers le continent. Elle porterait la capitalisation de l’entreprise à plus de 300 millions d’euros.
Si l’entreprise atteint les objectifs qu’elle s’est fixés, elle pourra devenir une actrice majeure du spatial Européen. Historiquement très en retrait dans ce domaine, l’Espagne pourrait faire son entrée à la table des grandes puissances spatiales de la planète.
De l’autre côté des Pyrénées, en France, d’autres projets similaires voient le jour. Des entreprises comme HyPrSpace ou Sirius tentent de développer leur propre lanceur privé. Le programme le plus ambitieux, mais également le plus solide financièrement reste Maïa, l’initiative d’ArianeGroup pour concevoir un petit lanceur réutilisable. Plus réactif que la lanceuse lourde Ariane 6 produit par l’entreprise.
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