Passer au contenu

New Space : 8 startups tricolores qui visent les étoiles

L’écosystème des startups français regorge d’acteurs très prometteurs dans le New Space.

Ces dernières années, l’industrie spatiale a connu une véritable renaissance, portée par l’émergence d’un écosystème de startups innovantes. Libéré des contraintes budgétaires qui entravent souvent les agences gouvernementales, le secteur privé repousse les frontières de l’exploration spatiale. Bien que l’épicentre de cette révolution se situe outre-Atlantique, de jeunes pousses tricolores ne cachent pas leurs ambitions pour conquérir les étoiles.

The Exploration Company

Et il est impossible de les évoquer sans mentionner The Exploration Company. Fondée en 2021, elle vise à démocratiser l’accès à l’espace grâce à une solution abordable. Modulable, réutilisable et pouvant être ravitaillée en carburant directement en orbite, sa capsule Nyx est pensée pour transporter de la marchandise et, pourquoi pas à terme, des astronautes. Il s’agit de la première capsule spatiale privée d’Europe.

La startup, dont les bureaux sont situés à Bordeaux et à Munich, a déjà vendu six missions, et a établi un partenariat avec l’Agence Spatiale européenne (ESA) pour renforcer les capacités du Vieux Continent en matière d’exploration spatiale et d’activités commerciales. Aussi, The Exploration Company a bon espoir d’être sélectionnée comme engin cargo dans le cadre du programme Artemis de la NASA, qui consiste à faire retourner d’être humain sur la Lune en vue, cette fois, de s’y installer.

Spartan Space

Une autre startup qui pourrait potentiellement participer au programme Artemis. Également fondée en 2021, Spartan Space se spécialise, elle, dans les habitats de l’extrême, qu’ils soient maritimes, polaires ou spatiaux. Elle a notamment conçu un système baptisé Eurohab, pensé pour devenir un refuge pour les astronautes en mission à la surface lunaire. C’est une demande explicite de la NASA, mais la jeune pousse n’est pas encore assurée d’être du voyage vers notre satellite.

Spartan Space a en outre été sélectionnée par le Centre national d’études spatiales (CNES) pour mettre au point les combinaisons des futures missions européennes. La startup va collaborer avec Decathlon et l’institut de médecine spatiale (MEDES) pour mener à bien ce projet.

Interstellar Lab

Basée à Paris et à Los Angeles, Interstellar Lab développe des systèmes de production alimentaire modulaires. Concrètement, la société aspire à faire pousser des fruits et des légumes dans l’espace, une mission quasi obligatoire pour assouvir les ambitions d’exploration de l’humanité, qui impliquent de très longs vols habités.

Ainsi, elle conçoit et fabrique des systèmes de bio-agriculture qui optimisent les conditions environnementales afin d’améliorer le rendement des plantes et la composition des métabolites. Pour cela, elle adopte une approche unique axée sur les données et l’IA. Cette méthode minimise aussi l’impact environnemental de la culture hors-sol, offrant également des applications variées sur Terre.

HyPrSpace

Fondée en 2019, HyPrSpace développe des moteurs-fusées hybrides, c’est-à-dire qui combinent des carburants solides (du polyéthylène) et des comburants liquéfiés (de l’oxygène). Ces systèmes sont moins onéreux tout en réduisant le risque d’explosions, pourtant, ils ne sont que très rarement adoptés par les opérateurs de fusées.

« Le moteur-fusée hybride existe depuis l’aube de l’industrie aérospatiale. Le problème est qu’il n’est pas évolutif. C’est là que nous sommes intervenus : nous avons trouvé un moyen de le rendre évolutif. En fait, nous avons commencé à concevoir un moteur-fusée hybride en partant de zéro et nous avons fini par modifier complètement l’architecture du moteur », écrit la startup sur son site Internet.

Elle a réalisé avec succès la première campagne d’essais à chaud de son démonstrateur à échelle réelle : Terminator. HyPrSpace prévoit de tester son premier microlanceur, OB-1, en 2026.

Latitude

Autre spécialiste des lanceurs, Latitude (ex Venture Orbital) vise à servir le marché des satellites en orbite basse, un secteur très demandé qui devrait connaître une forte croissance dans les prochaines années. Elle développe, dans cette optique, une fusée nommée Zephyr. Haute de 17 mètres, elle est propulsée par Navier, un moteur entièrement imprimé en 3D.

Début 2024, Latitude a levé 30 millions de dollars. Une somme qui lui permet de se préparer au mieux pour le premier vol de Zéphyr, prévu courant 2025. La société espère que son lanceur entrera en service en 2028 avec une capacité de charge de 200 kilogrammes. Son objectif est de produire jusqu’à 50 véhicules par an.

Exotrail

Société fondée en 2015 au sein de Polytechnique et de la SATT Paris-Saclay, Exotrail développe des solutions de mobilité pour les petits satellites, avec un accent sur les systèmes de propulsion électrique et les logiciels de vol. Se décrivant comme un « opérateur de mobilité spatiale de bout en bout », elle vise à optimiser le déploiement de satellites, à augmenter la performance des services et à réduire la pollution dans l’espace.

Elle travaille également sur un système de transport spatial prévu pour fournir des services de dernier kilomètre à de multiples nanosatellites. Au mois de mai, Exotrail a rejoint l’indice French Tech Next40/120, un programme récompensant les 120 entreprises françaises les plus performantes. Elle a également établi un contrat avec le géant du spatial européen Thales Alenia Space, ainsi qu’avec Prométhée Earth Intelligence, jeune opérateur tricolore de nanosatellites pour l’observation de la Terre.

ThrustMe

ThrustMe se spécialise, aussi, dans la conception de systèmes de propulsion pour les satellites. Fondée en 2017, elle est issue de recherches menées à l’École polytechnique et au CNRS. Ses fondateurs, Ane Aanesland et Dmytro Rafalskyi, sont des experts en physique des plasmas et en propulsion électrique. Avant de créer l’entreprise, ils avaient publié 75 articles scientifiques.

La société a déjà franchi des étapes cruciales et saluées par la profession, comme la création d’un système suffisamment petit pour être intégré dans des CubeSats, tout en offrant des capacités de manœuvre orbitale avancées. Elle a établi plusieurs partenariats internationaux, et entend jouer un rôle déterminant dans l’accès responsable à l’espace.

« L’utilisation de l’iode comme agent propulseur permet de livrer aux clients des systèmes de propulsion entièrement pré-remplis et de simplifier et rationaliser considérablement le processus d’intégration des satellites. Par conséquent, l’iode offre la possibilité d’assurer la durabilité économique et environnementale de l’industrie spatiale », écrit-elle sur son site Internet.

Infinite Orbits

Cette startup a également vocation à promouvoir la durabilité du secteur spatial. Fondée en 2017, Infinite Orbits conçoit et exploite des engins spatiaux baptisés Servicer pour fournir des solutions innovantes aux opérateurs de satellites, en particulier ceux en orbite géostationnaire.

Au cœur de sa technologie, se trouve sa solution propriétaire Rendez Vous, un logiciel de navigation autonome avancé basé sur la vision. Il permet aux vaisseaux spatiaux d’effectuer des opérations complexes dans l’espace, telles que l’approche et l’amarrage à d’autres satellites.

Elle a lancé avec succès Orbit Guard, le premier nanosatellite commercial en orbite géostationnaire. Son projet principal, Endurance, aura pour mission de prolonger la durée de vie des actifs géostationnaires.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech