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Ariane 6, Starship : deux lancements pour un lundi déjà historique

Avec deux lancements majeurs (Ariane 6 et Starship) à quelques heures d’intervalle ce lundi il faut avoir les yeux tournés vers le ciel.

À Kourou comme à Boca Chica, cette journée du 3 mars va marquer les esprits. En Guyane française, il s’agit du premier vol commercial pour le nouveau lanceur lourd Ariane 6. Quelques milliers de kilomètres plus au nord, à la frontière américano-mexicaine, SpaceX va faire voler pour la 8e fois son Starship.

L’objectif affiché par ces deux missions : rejoindre l’espace et démontrer, une fois pour toutes, que leurs fusées fonctionnent correctement. Des deux côtés, les enjeux sont énormes. Arianespace n’a pas le droit à l’erreur avec son lanceur si elle veut sécuriser un maximum de contrats dans les prochains mois. SpaceX de son côté doit faire oublier le 7e vol complètement manqué du Starship, qui a explosé quelques minutes seulement après le décollage.

Kourou a la priorité

Ariane 6 Fusee Europe
© Arianespace

Déjà reporté une première fois, le lancement d’Ariane 6 devrait être le premier à avoir lieu dans cette journée historique. Prévu pour 17 h 24 (heure de Paris), le décollage doit se passer sans encombre pour la fusée européenne.

Après un vol de qualification réussi à vide en juillet dernier, Ariane 6 doit confirmer l’essai, avec une première mission commerciale. Sous la coiffe du lanceur lourd, un satellite militaire, CSO-3. Il rejoindra ses deux grands frères en orbite pour former une petite constellation de satellites.

L’appareil sera placé en orbite basse (entre 480 et 800 kilomètres de haut), pour offrir des images haute résolution de la situation au sol. Des informations cruciales, surtout en cette période géopolitiquement troublée. Le vol est à suivre en direct depuis la chaîne YouTube du CNES (ci-dessous) à partir de 17 heures.

SpaceX : show must go on

Après une 7e mission complètement ratée, SpaceX doit se reprendre et démontrer la fiabilité de son super-lanceur Starship. La mission d’aujourd’hui (prévue pour 0 h 40 dans la nuit de lundi à mardi) doit dissiper tous les doutes autour de cette fusée.

Le bijou d’Elon Musk doit, dans l’ordre : décoller puis, au bout de deux minutes, se séparer. Le premier étage reviendra alors sur le pas de tir pour une “capture en l’air” toujours aussi spectaculaire. Pendant ce temps, le vaisseau Starship rejoindra l’espace, réalisera quelques manœuvres, dont le déploiement d’une charge utile, avant de replonger.

Starship
Le bouclier thermique (ici en noir) lors d’un vol du Starship avec l’air brûlant transformé en plasma autour de lui © SpaceX

Là, le bouclier thermique entrera en action, fixé sur le « ventre » de la fusée, il doit encaisser la rentrée atmosphérique et des températures infernales.Enfin, quelques secondes avant de revenir sur Terre, Starship va rallumer ses moteurs.

L’objectif est de se stabiliser pour tomber tout en douceur dans l’océan Indien. À terme, l’entreprise d’Elon Musk voudrait récupérer l’étage supérieur de sa fusée sur son pas de tir texan. Ce projet est en développement depuis des mois chez SpaceX, mais une telle manœuvre, extrêmement périlleuse, ne sera pas possible pour ce 8e vol.

Préparer la Lune

Starship Spacex Lune Artemis Nasa
© SpaceX/NASA

SpaceX ne doit néanmoins pas traîner à envoyer son vaisseau en orbite. En effet, c’est une des conditions requises pour que la fusée soit utilisée par la NASA dans son programme Artemis. L’agence spatiale américaine ambitionne de retourner sur la Lune, et elle a prévu d’utiliser le Starship pour effectuer le vol retour.

À condition que le lanceur lourd de SpaceX ait obtenu toutes les certifications de sécurité d’ici là. Hors de question pour la NASA de mettre la vie de ses astronautes en jeu dans une fusée qui n’aurait pas fait ses preuves.

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